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Associations 3e âge


«La vie lontan ti byen meyer»

Le constat des membres de différentes associations du 3e âge est malheureusement le même : «La vie lontan ti byen meyer e bann zenn ti konn respekte gran dimounn.»

Force est de constater que d'une association à une autre, les objectifs sont les mêmes : regrouper les personnes âgées pour les aider à ne pas sombrer dans l'oisiveté et trouver de quoi s'occuper pour finir ses jours en bonne santé, si ce n'est de bien vivre ses derniers jours. Ainsi, outre les réunions mensuelles des différentes associations que La Vie Catholique a rencontrées (Telfair Senior Citizen Association, Camp-Samy Senior Citizen Association et Helvetia Senior Citizen Association), différentes activités sont organisées : sorties à la mer, dans des hôtels, au musée... Des visites dans les institutions charitables font aussi partie de leur calendrier d'activités.

Un de leur péché mignon : passer un week-end au Recreational Centre for Elderly à Pointe-aux-Sables. Tous s'accordent à dire que l'ambiance est excellente et que les activités proposées sont intéressantes - jeux, sessions de danse et baignade dans la piscine. Ces week-ends regroupant différentes organisations du troisième âge venant de différentes régions, les échanges sont enrichissants.

Cohésion parfaite

Si autrefois les jeux de société faisaient la joie de nos aînés lors des rencontres mensuelles, aujourd'hui ils préfèrent se parler entre eux et partager leurs soucis. La spiritualité est aussi présente et chacun s'y retrouve. Les différentes associations regroupent aussi bien des catholiques que des non catholiques et la cohésion est parfaite.

Lors de leurs rencontres mensuelles, les membres des différents clubs ont la possibilité se s'instruire et d'apprendre un peu plus sur la sécurité et comment se protéger des accidents de la route et des agressions, sur la nutrition et comment éviter les complications dues au diabète et à l'hypertension.

Se remémorant le passé, nos différents interlocuteurs - Reynald Pragassa, Daisy Marcel, Michel Sirope, Jean Meunier, Maryvonne Pragassa et Marceline Leste - évoquent la vie simple qui était menée et la place du dialogue dans la famille et qui ont permis le partage des valeurs. Et chacun y va de sa petite anecdote : la marche pour aller à l'école, les 5 sous qui étaient partagés entre les trois enfants qui allaient à l'école, les commissions pour un

mois qu'on pouvait s'acheter avec Rs 8, le repas qu'on préparait sur un feu de bois sans être incommodés par la fumée, la lessive à la rivière... On peut sentir leur incompréhension, leur révolte et leur impuissance face à une évolution, peut-être trop rapide, de la société.

Vie d'antan

Jetant un regard sur la société, les membres des différentes associations rencontrées sont unanimes à dire que la société a beaucoup évolué, que la vie d'antan était plus agréable et que les jeunes n'ont pas un aussi grand respect de leurs parents et de leurs aînés - comme c'était le cas de leur temps. Reynald Pragassa soutient que les enfants d'autrefois étaient bien obéissants. Et il était possible de leur faire entendre raison, ajoute Michel Sirope. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, selon eux.

Selon Maryvonne Pragassa, alors que la jeune génération a plus de facilités en terme d'appareils électroménagers, de transport et autres, «ils jouissent souvent d'une mauvaise santé et sont plus fatigués que les jeunes de notre temps». Elle note aussi qu'ils ont de moins en moins de temps à consacrer aux autres.

Absence de dialogue

Avec l'arrivée de nouvelles technologies - télévision, portable, téléphone -, le dialogue n'est plus aussi présent dans les familles comme c'était le cas auparavant. Aujourd'hui, disent-ils, chacun préfère vaquer à ses propres occupations ou passer des heures à regarder son programme favori à la télévision et les jeunes préfèrent avoir leurs activités de leur côté et peu nombreux sont ceux qui souhaitent se mêler aux aînés pour des activités communes.

Daisy Marcel soutient que les parents engagés dans l'Eglise ou d'autres instances sociales ont plus de chances de voir leurs enfants suivre leurs traces que ceux qui ne gravitent pas autour de l'Eglise et qui ne sont pas engagés. Nos interlocuteurs déplorent aussi le manque de respect des jeunes dans les lieux de culte ­ de par leur tenue vestimentaire débridée et l'utilisation de leur portable, «même en pleine cérémonie religieuse».

On dit que la vérité sort toujours de la bouche de l'enfance, mais le constat de nos aînés sur la société et les jeunes donne matières à réflexion.

Jean-Marie St-Cyr

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