Messe de la St-Louis


Réouverture de la cathédrale

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Ce samedi 25 août à 10h00 en la cathédrale St-Louis aura lieu la messe solennelle à l'occasion de la fête de la St-Louis, patron du diocèse et de la cité de Port-Louis. La cérémonie sera présidée par Mgr Maurice E. Piat, évêque de Port-Louis, et retransmise en direct sur MBC/Tv 3 et Radio Maurice.

Gabriel Igou : l'apôtre

Gabriel Igou est né à Rouen en 1679 et a été le premier curé de Saint-Louis, à Port-Louis. C'est à 19 ans qu'il fait son entrée chez les lazaristes, à Paris. Arrivé à Maurice en 1722, il eut des débuts bien pénibles. En 1725, il partit pour l'île Bourbon pour deux ans. A son retour à Maurice, les conditions de vie s'étaient vraiment améliorées. Son zèle, sa douceur, sa charité et sa discrétion ne passèrent pas inaperçus.

En décembre 1733, il se vit assigner les doubles fonctions de vice-préfet apostolique et de curé de Saint-Louis. Cette paroisse, l'unique avec Notre-Dame-des-Anges, embrassait plus de la moitié de l'île et abritait près de quinze cents personnes, huit cents environ à Port-Louis même, le reste disséminé sur les «habitations» ainsi que des centaines d'étrangers.

Jusqu'à la fin de 1737, Gabriel Igou n'eut aucun assistant; il lui fallait recourir aux bons offices des aumôniers de navires. Il déployait d'ailleurs une activité et un dévouement que gouverneurs, supérieurs, visiteurs et subordonnés se plaisent à reconnaître et à louer. Il accordait une attention particulière à l'évangélisation des esclaves : tous les ans, il en baptisa une moyenne de trente adultes, après une préparation extrêmement soignée. À partir de 1738, il reçut un, puis deux, puis trois vicaires attitrés, même après la fondation de la paroisse Saint-François-d'Assise aux Pamplemousses (1743). M. Igou se maintint toujours à la hauteur de la situation que lui créèrent les circonstances.

D'esprit fin et délié, de manières affables, habituellement tolérant et indulgent - quelque fois un peu faible peut-être et trop confiant - mais ferme et tenace dans les occasions importantes, comme vice-préfet s'il sut se faire aimer, respecter et obéir du peuple, il sut aussi se faire écouter des chefs.

M. Igou obtint en outre de la Compagnie, si parcimonieuse pourtant, la construction d'une imposante église paroissiale, au coût de 116 000 livres (une somme considérable). Il la bénit et posa la première pierre dans le courant de 1752. Mais elle ne devait jamais servir; déjà presque terminée, on dut, vers le milieu de 1756, l'aménager en magasin, à cause de la guerre et l'ouragan de 1773 la détruisit complètement alors que s'achevait sa restauration. En septembre 1758, M. Igou, déjà à l'autel, s'apprêtait à commencer la messe quand il fut subitement frappé de cécité presque complète, à ne point pouvoir lire les prières du missel; quelques jours plus tard il ne reconnaissait plus les personnes qu'au son de la voix et y voyait tout juste pour se diriger. Il n'en continua pas moins dans ses fonctions pendant encore deux ans.

La fin de sa carrière est ainsi décrite par un de ses confrères : «On vit alors se renouveler à l'île de France le spectacle qui eut lieu à Ephèse, à l'égard de l'apôtre bien-aimé. À la nouvelle de l'infirmité de leur pasteur, les fidèles du Port-Louis furent dans la consternation; néanmoins, ils trouvaient un tempérament à leur affliction dans la satisfaction qui leur était donnée de voir tous les dimanches à l'église celui qu'ils se plaisaient à appeler leur apôtre, mais lorsque, ses infirmités augmentant, il ne fut plus possible à M. Igou de se rendre aux offices, la désolation des paroissiens devint extrême, et il fallut cependant, cédant à leurs instances, transporter sur une chaise le vénérable vieillard au milieu de son troupeau chéri. Avant de quitter le lieu saint, les fidèles se pressaient autour de lui, venaient recueillir avec avidité les quelques paroles que pouvait encore proférer sa faible voix mourante.

«Il s'éteignit le 2 avril 1764, dans sa quatre-vingt-sixième année et la colonie lui fit des funérailles solennelles. Il fut inhumé dans le cimetière paroissial d'alors, situé sur la rive droite du ruisseau de la Butte-à-Thonier, entre les rues actuelles du Vieux-Conseil et Félicien-Mallefille. Quand s'ouvrit celui de Cassis, en janvier 1771, on y transporta ses restes comme ceux des autres morts enterrés dans l'ancien. Toute trace de sa tombe est perdue.»

(Extraits de la notice de Mgr Joseph Mamet, empruntés au «Dictionnaire de biographie mauricienne».)


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