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Cedrefi


Le Morne est morne. Que faire ?

locale.»

Niveau d'érosion

C'est suite à une étude socio-économique des pêcheurs, avec l'Apostolat de la mer, deux ans plus tôt, que Pynee Chellapermal, en visite au Morne, a commencé à réellement s'intéresser à cette région. Frappé à l'époque par le niveau d'érosion, il espère aujourd'hui réussir à apporter un changement de mentalité et, subséquemment, à un changement d'attitude qui conduira vers plus de respect de l'environnement et à la sauvegarde de la nature.

Ainsi, en prenant les choses à la base, le Cedrefi donne de l'information et fait de la formation. «C'est une démarche participative. Un transfert de compétence, de connaissance et de capacité. Une compréhension de l'écosystème marin, des changements climatiques et de l'impact des activités humaines sur le monde marin, entre autres.»

Travait terrain

Dans le concret, cela se traduit par des rencontres avec les habitants du Morne, une présence sur le terrain et un travail auprès des enfants. D'autres organisations sociales et caritatives, à l'exemple du service d'écoute de Caritas, aident aussi. D'ailleurs, chaque vendredi durant les dernières vacances scolaires, une quinzaine d'enfants du Morne ont participé à des activités organisées par le Cedrefi: découverte de la plage avec ses aspects positifs et négatifs, visite du lagon... «Pour les motiver, il s'agit de leur offrir quelque chose qui soit différent de l'école», précise Pynee Chellapermal.

«Nous prendrons le temps qu'il faudra pour nous assurer que les gens du Morne arrivent à se prendre en main», affirme le représentant du Cedrefi, tout en se demandant si le projet d'inscrire Le Morne au patrimoine mondial de l'humanité de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) viendra améliorer la condition de vie des habitants de cette localité. «Y aura-t-il alors un bureau de poste ? Un poste de police ? Les personnes seuront-elles gérer ce changement ? Ou sommes-nous en train de nous intéresser à des choses qui ne changeront en rien le quotidien de ces personnes ?»

A noter que ce projet bénéficie du soutien financier de l'Unesco, à travers le projet Small Island Voice, qui s'inscrit dans le programme Sand Watch.

Martine Théodore

Le Morne est un village oublié qui se détruit petit à petit. Voilà le constat du Centre de documentation, de recherches et de formation indianocéanique (Cedrefi). Six mois de présence sur le terrain. Un constat guère réjouissant. L'ONG invite aujourd'hui à une prise de conscience et de responsabilité individuelle tout en étant consciente que les choses sont loin d'être «aussi simples».

Erosion, collecte de concombres de mer à outrance, alcoolisme, laxisme, individualisme, absence d'infrastructures, chômage, exploitation : le constat que dresse le Cedrefi après six mois de travail au Morne est accablant. Si certains de ces négativismes sont les résultats d'un comportement adopté par les habitants de cette localité, reste que l'absence d'infrastructures, par exemple, semble être due à un oubli des autorités.

«Là bas, il n'y a pas de poste de police, pas de bureau de poste, ni même d'agence postale. Pas de dispensaire. Les malades devant être admis doivent aller à Candos ou à Quatre-Bornes... Et encore si Macondé est praticable. Le Morne est presque coupé de l'île», s'insurge Pynee Chellapermal, directeur du Cedrefi.

Mobiliser la population

Face à tant d'injustice, l'organisation a décidé d'initier un travail dans la localité. Dans un premier temps, il s'agira de mobiliser la population. Une tâche ardue d'autant plus que, raconte-t-il, il y a un certain individualisme qui existe. «Les gens ont tendance à se replier sur eux-mêmes, avec surtout ceux qui se connaissent et sont imperméables aux autres.» Comme partout ailleurs, le désintéressement est aussi présent chez bon nombre d'habitants. Ainsi fait-il référence à un travail à Grande-Rivière-Sud-Est, il y a deux ans. Là-bas aussi, il n'a pas été facile de faire sortir les gens de chez eux, mais à force de persévérance, les choses se sont décantées. Aujourd'hui, poursuit-il, plusieurs habitants sont plus épanouis, plus consciencieux par rapport à la vie dans le village et au respect de la mer.

Or, fort de ses 25 ans de présence sur le plan social, le président du Cedrefi est convaincu que la mobilisation d'une population ne peut se faire que si les organisateurs arrivent à comprendre les réalités de la localité. D'autant plus que la mobilisation est l'étape primaire de tout changement. «Beaucoup de gens viennent avec plein de projets, mais ces derniers passent à côté faute d'avoir été à l'écoute de la population

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