Témoignages


«Nous avons beaucoup reçu»

Après Paris en 1997, Rome en 2000, Toronto en 2002 et Cologne en 2005, Maurice sera représentée à la XXIIIe édition des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) qui se tiennent à Sydney l'an prochain. Les inscriptions sont ouvertes depuis quelques semaines déjà. (Voir plus loin). «La Vie Catholique» a voulu faire un bilan de la participation mauricienne à ces JMJ et a recueilli le témoignage de quelques participants qui, loin de se considérer comme des héros, se sont engagés simplement là où ils sont et selon leurs possibilités.

Dominique Alexandre (JMJ 1997, Paris) : «Les JMJ m'ont interpellé»

«Les JMJ m'ont interpellé. Le temps de préparation que nous avons eu m'a permis de faire la connaissance de nombreux autres jeunes et j'ai pris conscience que beaucoup ont le potentiel pour avancer, mais qu'ils ne mettent pas leurs talents assez en valeur. Lors des préparatifs, j'ai vu la capacité d'organisation et de débrouillardise de nombreux participants.

Dans les familles d'accueil à Nantes, j'ai appris à mieux connaître les réalités et les espoirs de jeunes français. Je retiens beaucoup de cette rencontre avec les participants de différents pays unis autour de la Croix, avec comme seul objectif: rencontrer le Christ et être à l'écoute de son message. Engagé dans différentes instances, j'ai continué dans la même voie, mais j'ai essayé de m'occuper davantage des jeunes dans le Groupe 40 et de partager mon expérience avec eux.»

Michaëla Lolotte (JMJ 2000, Rome) : «Les JMJ m'ont beaucoup apporté»

«Les JMJ m'ont beaucoup apporté. Ayant vécu dans des conditions rudimentaires à Rome, le confort a perdu de son importance pour moi. J'ai aimé le programme d'animation et de prière proposé par la communauté du Chemin-Neuf. La prière a pris une place importante dans ma vie et, spirituellement, je suis différente ; et socialement, cette expérience m'a appris à mieux cohabiter avec les autres dans la simplicité.

La veillée avec le pape Jean-Paul II a été un moment fort et extraordinaire, après une longue marche. Je revois l'ambiance qui a régné et le charisme du pape et sa proximité avec les jeunes.

Le thème des JMJ 2000, Le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous, m'a beaucoup marquée. Grâce à cela, je me suis rapprochée du Christ et je sens davantage sa présence dans ma vie. Je suis engagée particulièrement dans le groupe 40 et avec les jeunes que j'essaie d'aider en les écoutant et en étant proche d'eux.»

Jean-Bernard Raymond (JMJ 2000, Rome) : «J'essaie d'être acteur et non spectateur»

«Le temps de préparation à Maurice était déjà un pèlerinage et cela a été une bonne expérience, avec de bons moments de prière et de partage avec les membres de la délégation. J'ai connu différents moments forts lors des JMJ.

Mais ce qui m'a le plus marqué : la prière autour d'une grande croix et où on devait prier pour chaque pays participant. J'ai été touché qu'on demande à ceux présents de prier pour la paix et l'unité à Maurice suite aux émeutes de 1999.

A mon retour, j'ai voulu faire quelque chose en lien avec l'unité et la paix et cela est venu quelques années après ma participation aux JMJ. J'ai suivi la formation de gestion des conflits et, depuis, je fais partie de l'équipe d'animation. Pour moi, c'est ma façon d'apporter une contribution dans l'avancement de la paix et l'unité dans la société.

Le pape nous a demandé de mettre le feu de l'amour au monde, c'est ce que j'essaie de faire en étant acteur au sein de l'Eglise et de la société et non pas spectateur.»

Harvey Migale (JMJ 2002, Toronto) : «Une belle expérience»

«Cela a été une belle expérience avant même de partir, avec la préparation spirituelle qu'on a eue à Maurice. Nous étions un groupe bien solidaire, d'autant plus que nous n'étions pas nombreux. Nous avons eu la chance d'être accueillis dans des familles mauriciennes établies au Canada et la rencontre avec les participants de différents pays a été tout aussi enrichissante. Ce que nous avons réalisé : bien que vivant dans différents pays, nous partagions les mêmes réalités.

Le chemin de croix a été un bon moment fort de recueillement et le charisme du pape Jean-Paul II m'a bien marqué. Le thème m'a aussi interpellé : Vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde. Aujourd'hui, c'est ce que j'essaie d'être partout où je suis, que ce soit dans ma famille, dans mon travail ou ailleurs. Par mon témoignage, je souhaite que

ceux que je côtoie soient aussi sel de la terre et lumière du monde pour les autres. C'est l'engagement que j'ai pris.»

Pierrot Martial (JMJ 1997, Paris, et 2005, Cologne) : «Je suis revenu différent»

«Après avoir participé aux JMJ 1997, j'ai voulu refaire l'expérience, car cet événement m'a beaucoup touché et aidé dans ma foi. J'ai appris comment vivent les chrétiens d'autres pays et réalisé que le Christ appelle et que chacun vit sa vie différemment autour de Lui. Le message du pape m'a aussi beaucoup apporté et invité à la mission. Je retiens que l'Eglise a beaucoup d'avenir, même si parfois on peut se sentir démuni par le peu de jeunes qui s'engagent. Mais à voir le rassemblement de plus d'un million de jeunes pour les JMJ, cela m'encourage à continuer ma mission

Je suis revenu différent. Cela m'a donné un boost up dans ce que je faisais déjà. J'aide davantage ma paroisse et actuellement, je suis un cours de coopérateur pastoral pour être membre de l'Equipe d'animation pastorale pour justement donner plus de moi-même dans la paroisse, mais aussi dans le Mouvement eucharistique des jeunes (MEJ). C'est aussi inviter d'autres jeunes à découvrir le Christ et écouter sa parole.»

Nadia Levapeur (JMJ 2005, Cologne) : «Je comprends mieux ce qui fait ma foi»

«C'est pour aller à la rencontre d'autres jeunes que j'ai participé aux JMJ. Je voulais aussi partager ma foi et apprendre comment les jeunes d'autres pays vivent leur foi. Mon but était de me forger et faire grandir ma foi.

Cela a été une expérience forte de voir autant de jeunes se rassembler pour le Christ. J'ai reçu une force spirituelle supplémentaire. Cela m'a aidé à trouver le courage de travailler avec les jeunes, ce qui n'est pas toujours évident. J'essaie d'aller les rejoindre dans leurs réalités de vie pour mieux les écouter et les comprendre.

Ce que je retiens, c'est que même si on est Blanc ou Noir, on a beaucoup de valeur pour Dieu. Dans l'effort de la rencontre avec l'autre, qu'on accepte tel qu'il est, c'est le Christ lui-même qu'on rencontre.

Aujourd'hui je comprends mieux ce qui fait ma foi. J'espère dans le Seigneur et me laisse guider. Je me mets au service des autres et j'essaie d'être disponible, malgré mon emploi du temps chargé.»

Christina Merne (JMJ 2002, Toronto, et 2005, Cologne)

«Après ma première expérience aux JMJ à Toronto, j'ai voulu aussi partager ce que j'ai vécu avec la délégation qui partait pour Cologne en 2005. Cela m'a permis de grandir davantage. J'ai bien aimé la préparation qu'on a eue à Maurice, cela m'a beaucoup aidée. Les temps de silence qui a régné en pleine nature quand on était en vénération devant la croix et la soirée de réconciliation devant le saint sacrement m'ont bien marquée.

Il y a une phrase de Jean-Paul II qui est restée gravée dans ma mémoire : «Chers jeunes, offrez au Seigneur votre vie en répondant fidèlement à son appel.» Tout ce que j'ai vécu est une grâce et c'est le Christ qui me permet d'avancer.

A mon retour à Maurice, nous avons commencé à prier en famille chaque matin. Suite à mon témoignage, certains se sont mis au service de la paroisse. Je me suis jointe à l'équipe de l'assemblée dominicale en l'absence de prêtre (ADAP), je rends visite aux malades et donne la communion à domicile.»

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