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Les principaux conciles qui ont défini la foi de l'Église (V)


Vatican II : l'Eglise et son mystère

Depuis la fin prématurée du concile Vatican I, en 1870, les théologiens avaient beaucoup étudié le mystère de l'Église. En 1943, le pape Pie XII avait publié son encyclique Mystici Corporis (Le Corps mystique du Christ). La réflexion avait donc mûri. La Constitution dogmatique Lumen Gentium du concile Vatican II fut promulguée le 21 novembre 1964. A plus de quarante ans de distance, reprenons contact avec ce texte superbe. L'Église y apparaît dans toute sa grandeur.

L'Église et le Royaume de Dieu

Pour aborder le mystère de l'Église, le concile se réfère au Royaume de Dieu, qui se manifeste dans la personne même du Christ. C'est donc le mystère de Dieu qui est à l'origine de l'Église. Elle «reçoit mission d'annoncer le Royaume du Christ et de Dieu et de l'instaurer dans toutes les nations». Il en ressort que l'Église ne s'identifie pas au Royaume du Christ : elle est au service du Royaume, et non pas le Royaume lui-même. Elle est, «dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c'est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l'union intime avec Dieu et de l'unité de tout le genre humain».

L'Église dans la Sainte Écriture

Le concile évoque ensuite les images, nombreuses et variées, que l'Écriture sainte utilise pour parler de l'Église. Elles indiquent toutes que sa nature est profondément spirituelle, toute centrée sur le Christ. Elle est : le troupeau dont le Christ est le Pasteur, conduisant et nourrissant ses brebis, donnant sa vie pour elles (Jn 10, 11-15) ; le champ de Dieu, planté par le «Vigneron céleste», le Christ lui-même étant la Vigne qui nous donne vie et fécondité (Jn 15, 1-5); la construction de Dieu (1 Co 3, 9), dont nous sommes les «pierres vivantes» ; la demeure de Dieu au milieu des hommes (Apoc 21, 3) ; la Jérusalem d'en haut, notre mère (Gal 4, 26 ; Apoc 12, 17) ; «l'Épouse immaculée de l'Agneau immaculé, que le Christ a aimée, pour laquelle il s'est livré afin de la sanctifier» (Éph 5, 26). -- cette évocation se termine par un passage magnifique, portant le regard loin vers le futur : «Tant qu'elle chemine sur cette terre, loin du Seigneur (cf. Éph 3, 19), l'Église se considère comme exilée, en sorte qu'elle est en quête des choses d'en haut dont elle garde le goût, tournée là où le Christ se trouve, assis à la droite de Dieu, là où la vie de l'Église est cachée en Dieu, attendant l'heure où, avec son Époux, elle apparaîtra dans la gloire (cf. Col 3, 1-4).»

L'Église, Corps du Christ

Pour nous racheter, le Fils de Dieu s'est incarné. Par sa mort et sa résurrection, il a fait de l'homme une «créature nouvelle». Puis, «en communiquant son Esprit à ses frères,... il a fait d'eux, mystiquement, comme son Corps». Dans ce Corps, sa vie nous est donnée par les sacrements, qui nous «unissent au Christ souffrant et glorifié». Les membres de ce Corps travaillent tous à l'édifier, dans la diversité de leurs fonctions et des dons de l'Esprit. Le Christ est la Tête de ce Corps. Or l'univers subsiste en lui et il exerce en tout la primauté. De sorte que «par sa perfection et son action souveraine, il comble de sa gloire le Corps tout entier».

L'Église visible

L'Église est visible sur la terre, «société organisée hiérarchiquement d'une part et corps mystique d'autre

part». Faite d'un double élément humain et divin, elle peut, par analogie, se comparer au mystère du Verbe incarné. L'unique Église du Christ, «c'est dans l'Église catholique qu'elle se trouve, gouvernée par le successeur de Pierre et les évêques qui sont en communion avec lui».

L'Église, peuple de Dieu

Considérée dans sa réalité humaine et visible, l'Église est le peuple de Dieu. Mais ce peuple ne se réduit pas à une entité sociologique, puisqu'il «tire son unité de l'unité du Père et du Fils et de l'Esprit Saint» et qu'il est «le règne du Christ déjà mystérieusement présent». «Peuple messianique», il a pour chef le Christ.

Peuple de la Nouvelle Alliance

Comme peuple de Dieu, l'Église se rattache à Israël, le peuple de la première Alliance. Elle est elle-même constituée peuple de Dieu par la Nouvelle Alliance que le Christ a scellée de son sang pour appeler «la foule des hommes» à devenir «le nouveau peuple né de l'eau et de l'Esprit» (cf. Jn 3, 5-6). Entre les mains du Christ, ce peuple est «le germe le plus sûr d'unité, d'espérance et de salut, (...) l'instrument de la rédemption de tous les hommes».

Peuple de prêtres

Le peuple de Dieu est tout entier sacerdotal. Les baptisés sont «consacrés pour être une demeure spirituelle et un sacerdoce saint». C'est le sacerdoce commun à tous les baptisés. Tout en marquant la différence essentielle entre le sacerdoce des prêtres ordonnés et celui des fidèles, le concile précise que «l'un et l'autre, chacun selon son mode propre, participent à l'unique sacerdoce du Christ».

Le sacerdoce commun des baptisés

Les fidèles exercent leur sacerdoce commun dans les sacrements. Le baptême leur a conféré le «caractère» qui les délègue au culte chrétien. Par la confirmation, ils sont plus intimement liés à l'Église et doivent répandre et défendre la foi «en vrais témoins du Christ». Par leur participation au sacrifice eucharistique, «ils offrent à Dieu la victime divine et s'offrent eux-mêmes» avec le Christ. Par le sacrement du mariage, les époux participent au mystère de l'unité entre le Christ et l'Église et s'aident mutuellement à se sanctifier par la vie conjugale.

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