p.5foto1

Sr Claudette (BPS)

«L'Assomption doit nous permettre

de partager la gloire de Marie»

Le 15 août est une date importante dans le calendrier catholique : c'est la fête de Marie, mère de Jésus. Pourquoi cette fête est-elle signifiante pour nous ? Quelques éléments de réponse avec Sr Claudette, de la congrégation du Bon-et-Perpétuel-Secours (BPS).

Que s'est-il passé le jour de l'Assomption et quelle en est la signification ?

Après la mention de sa présence au Cénacle et au pied de la croix, Marie disparaît définitivement des récits du Nouveau Testament. Elle n'en demeure pas moins attentive au combat de ses enfants : elle est entrée dans le grand silence du désert et continue sa prière de supplication commencée au Cénacle et qui durera jusqu'au retour de son Fils en gloire. Comment s'achève l'histoire de Marie ? Bien des récits se sont échafaudés autour de cet événement. Etait-ce une mort ou non ? Question sans importance, la glorification de Marie étant une métamorphose plus redoutable que la mort. Pour utiliser le langage traditionnel de l'Eglise, Marie fut alors «emportée au ciel». Ainsi a-t-elle rejoint son Fils. Le pape Pie XII affirmait la foi en l'Assomption de la Vierge Marie en ces mots : «Nous affirmons, nous déclarons et nous définissons comme un dogme divinement révélé que l'Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours Vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été enlevée en corps et en âme à la gloire céleste.» Dans notre diocèse, la fête de l'Assomption est toujours célébrée le 15 août.

Que nous apporte la participation à la fête de l'Assomption ?

Animés par la foi d'être convaincus que Marie est présente auprès de son Fils et de son Père, cela nous comble d'une joie intérieure et nous avons au ciel une Mère très puissante qui intercède pour ses enfants. Dans notre prière, et surtout dans la prière du chapelet à la 4e dizaine du Mystère Glorieux, nous affirmons : «Marie est élevée au ciel.» Nous demandons à Marie qu'elle nous obtienne de son Fils la grâce d'une bonne mort et que nous soyons un jour avec elle, partageant sa gloire et celle de son Fils. En contemplant Marie dans la gloire de son Fils, nous comprenons à quelle richesse de gloire nous sommes aussi appelés si nous voulons bien recourir à la puissance de son intercession.

Comment expliquer que la Bienheureuse Vierge Marie
est honorée par les fidèles de diverses communautés ?

Sous l'épiscopat de Mgr James Leen, le diocèse fit ériger le monument de Marie, Reine-de-La-Paix, et nombreux furent les fidèles qui sont venus prier pour que la guerre cesse ; notre prière a été exaucée et le pays a été épargné de tout danger. Une messe d'action de grâce a été célébrée au monument devant une foule nombreuse venue dire sa reconnaissance et son amour à Marie. Notre confiance en Marie s'est intensifiée à la grande célébration à Marie-Reine-de-La-Paix à l'occasion de la proclamation de l'Assomption de Marie comme dogme de foi en 1950 par le pape Pie XII.

Quand le pape Pie XII a décrété l'année mariale, ce fut dans le diocèse une grande mobilisation. Toutes les paroisses furent représentées - procession de chars depuis le Sud, tableaux vivants... Ce fut une cérémonie grandiose, avec pour résultat un renouveau à la dévotion mariale, qui donna naissance à plusieurs mouvements à spiritualité mariale. Nous nous souvenons encore de grand événement quand la statue de la Vierge Notre-Dame-du-Grand-Pouvoir est arrivée par bateau de Vieux-Grand-Port, suivie d'une grande foule jusqu'au monument de Marie-Reine-de-La-Paix pour une célébration. Les paroisses se sont organisées pour accueillir Marie et la prier.

Nous réalisons aujourd'hui que nombreuses sont les églises de notre diocèse qui sont sous le vocable de Notre-Dame et aussi des congrégations religieuses qui ont une spiritualité mariale. Nombreuses aussi sont les familles qui érigent des grottes chez elles pour prier le chapelet en invitant les familles voisines. La ferveur populaire se manifeste aussi chez les fidèles par les pèlerinages - notamment à Notre-Dame-de-la-Délivrande, ainsi que par le défilé incessant à Notre-Dame-du-Grand-Pouvoir, Notre-Dame-de-la-Salette, Notre-Dame-de-Lourdes, Notre-Dame-de-Bon-Secours...- nous montre que des personnes en difficulté se refugient sans cesse sous la protection de la Marie. Et que dire des «gâteaux Marie» qui font partie de notre culture ? Il me semble que toutes ces occasions de prière suscitent le désir chez d'autres communautés de prier Marie. Certains croient que Marie est une Mère qui intercède pour eux et n'hésitent pas à l'appeler «Maman Marie».

Comment l'Assomption peut-elle aider la communauté chrétienne dans sa lutte pour faire avancer la solidarité, la justice sociale et combattre les fléaux qui rongent la société ?

La fête de l'Assomption devrait susciter en nous le désir de partager la gloire de Marie aux côtés de son Fils, puisque nous avons été créés pour être heureux et partager la gloire de Dieu. Mais que faut-il faire pour atteindre cette sainteté ? Ne faut-il pas que nous soyons fideles à la Parole, comme Marie qui a «médité toutes ces paroles en son cœur» (Lc 2,51) et être fideles aussi à tout un programme de vie, que nous a donné Jésus dans les Béatitudes.

«Heureux les pauvres en esprit...» (Mt 5,3).

«Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice...» (Mt 5,10).

«Heureux ceux qui font œuvre de paix...» (Mt 5,9).

En les vivant fidèlement, nous serons forts pour la lutte pour la solidarité avec les pauvres, la justice et combattre les fléaux qui rongent notre société malade. La fête de l'Assomption ne nous appelle-t-elle pas à être des communautés de prière ? A l'exemple de la première communauté chrétienne, qui priait avec Marie au Cénacle dans l'attente de l'Esprit-Saint.

retour