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Ordination du 161e prêtre mauricien


Le souhait de Laurent Rivet :
«Donner goût à l'évangile»

C'est en plein air, loin du bruit des véhicules, sur un terrain situé à Morcellement-Carlos, Tamarin, que Laurent Rivet a choisi de prononcer son «Oui» au Seigneur. Ce site magnifique, s'ouvrant majestueusement sur un flanc de la montagne Tourelle du Tamarin et jouxtant Les Salines de Rivière-Noire, respire une sérénité et une simplicité hors commun. Qualités qu'on reconnaît en ce nouveau prêtre visiblement intelligent de cœur et d'esprit. Malgré son jeune âge, à l'allure sérieuse et déterminée, avec son contact facile, son humilité et son aisance, Laurent a su gagner le cœur de beaucoup de fidèles. Ils étaient nombreux, jeunes et moins jeunes, à faire le déplacement, certains de très loin, pour venir assister à la célébration de son ordination et ce malgré le ciel gris et couvert et la pluie qui a gagné en intensité au cours de la célébration.

A la première rangée, les parents de Laurent, ses frères Jean-Marc et Luc, sa sœur Emilie ; ses belles-sœurs, beau-frère, neveux et nièces ; ses deux grand-mères ; son parrain, Pierre Dinan ; sa tante Monique ; sa marraine, Christiane Tadebois, entre autres, sont venus partager son bonheur. Nombreux également étaient les membres de la communauté du Chemin-Neuf et les habitants de Rivière-Noire à venir prier pour lui. Sans compter la présence remarquable des enfants de la région. Une délégation d'une vingtaine de personnes de la paroisse Saint-Pierre-de-l'Océan, à Saint-Nazaire, était également présente. Parmi : le curé de la paroisse, Gilles Dalibert ; le vicaire, Bruno Delaunay ; quatre à cinq jeunes prêtres de divers diocèses de France et amis de Laurent.

Au début de la cérémonie, Laurent Rivet a été présenté à l'évêque comme étant un jeune comparable à une guitare à plusieurs cordes et dont les trois principales sont la foi,

l'amour et l'aspect missionnaire. Il est apprécié pour sa simplicité, son écoute, son attention portée à chacun selon les diverses réalités de vie. «Il sait valoriser ce qui est bon en chacun.» Son esprit fraternel est frappant et il fait preuve d'une grande ouverture d'esprit, tout en connaissant ses limites. Laurent est aussi connu à la fois comme chanteur, interprète, compositeur, musicien et sportif. Par la suite, il a exprimé devant la foule présente sa ferme intention de se mettre au service du Seigneur. Après le renouvellement de sa promesse de vivre en communion avec son évêque et ses successeurs, ce fut la liturgie de l'ordination (Voir photos).

Rappelons que la chorale était composée d'une centaine de membres de diverses chorales de la région Ouest. La liturgie, en créole et en français, était le choix de Laurent afin que tout le monde s'y retrouve. La cérémonie, transmise en direct sur MBC3, l'a été aussi par satellite sur Radio Fidélité, la radio chrétienne de Nantes. Et c'est avec beaucoup de foi et une voix remplie d'émotion qu'à la fin de la célébration, Laurent a fredonné un chant d'action de grâce qu'il a lui-même composé : Kouma enn zanfan.

Face à une société et une Eglise mauriciennes qui connaissent de nombreuses crises, Laurent se dit rassuré que malgré toutes ces difficultés, le Christ demeure toujours fidèle. «C'est lui qui nous donne l'espérance pour avancer.» Et c'est au service de cette espérance que Laurent se place afin d'aider les chrétiens à avancer avec tous les défis qu'ils doivent faire face dans ce monde.

Ses débuts vont être aux côtés du curé Gérard Mongelard, de la paroisse Saint-Sacrement, Cassis. Laurent sera plus particulièrement attaché à Saint-Vincent-de-Paul, Pailles.

Sandra Potié

Homélie de Mgr Piat :


Aimer l'Eglise,
la servir avec cœur,
malgré les faiblesses

«Y a-t-il un sens à célébrer l'ordination de Laurent dans ce cadre évocateur d'une île Maurice en pleine transformation?», s'est demandé Mgr Maurice E. Piat dans son homélie. L'absence de murs et de toit d'église pour abriter l'assemblée est bien plus qu'une simple image. Elle nous rappelle, précise-t-il, que l'Eglise est faite de pierres vivantes ­ un peuple, une famille vivant à cause d'un amour qui l'a fait naître et la nourrit chaque jour.

«La raison d'être de l'Eglise n'est pas d'occuper le terrain comme un bâtiment occupe le terrain pour se faire voir, mais plutôt de se fondre dans la vie de ceux qui campent sur le terrain, comme le sel se fond dans les aliments et donne du goût.» Le Christ, poursuit l'évêque, confie à son Eglise la mission d'être sel de la terre ­ à faire en sorte que l'Evangile vécu donne aux hommes un goût de vivre, une direction et un élan à la vie humaine.

Etre sel de la terre aujourd'hui, c'est démontrer à travers des expériences concrètes là où beaucoup de familles se sentent fragilisées ; là où il y a une grave crise de transmission de valeurs ; là où l'économie mauricienne se restructure entraînant ainsi des relations tendues au niveau de la société, souligne Mgr Piat. Pour être prêtre, l'évêque rappelle qu'il faut d'abord aimer l'Eglise, la servir avec cœur et veiller à ce que le sel ne perde pas de sa saveur. Il a ainsi invité Laurent Rivet à servir cette Eglise avec lui et ses confrères prêtres, même si les faiblesses, les limites et les péchés de l'Eglise font beaucoup de peine. «C'est cette Eglise que le Christ a aimée et aime encore», a-t-il conclu.

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