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Atelier de travail contre la violence des enfants


23 adolescents au centre des débats
en vue d'élaborer un plan d'action

«Non à la violence physique, verbale et émotionnelle.» «Zéro violence.» «On est contre la violence à 100%.» «Eduquer au lieu de punir et réprimander.» «Nous ne sommes pas les maillons faibles de la société.» «Non à l'abus sur l'innocence des plus petits.» Telles sont les phrases fortes émises par quelques adolescents durant un atelier de travail contre la violence des enfants organisé par le bureau de l'Ombudsperson pour les enfants les 23 et 24 juillet dernier à l'université de Maurice. Ces derniers étaient au centre des discussions en vue d'élaborer un plan d'action qui sera soumis très bientôt au Parlement.

La violence contre les enfants est injustifiable, intolérable et condamnable. Afin de réduire la violence chez les enfants, Shirin Aumeeruddy-Cziffra, Ombusperson pour les enfants, a convié 23 adolescents et une centaine de professionnels pour un atelier de travail pour soumettre des propositions en vue d'élaborer un plan d'action global contre la violence à l'encontre des enfants. Shirin Aumeeruddy-Cziffra veut amener les enfants à être partie prenante de leurs droits tout en faisant bouger les choses pour une culture de non-violence. Ainsi, les 23 jeunes présents ­ venant des scouts et guides, d'Abaim, du Cedem, de Terre de Paix et d'Anfen, entre autres - ont eu l'occasion de s'exprimer librement sur la violence à l'égard des enfants. Sous quelles formes existe-elle ? Où ? Par qui ? Quels sont les sentiments que vivent les enfants par rapport à la violence ? Où ont-ils recours après ? Que prévoit les lois pour eux ? Combien sont au courant de ces lois ? Leurs solutions ?

Participation de professionnels

Autour d'eux : une centaine de participants, dont des magistrats, avocats, policiers, journalistes, enseignants, travailleurs sociaux, représentants de diverses ONG, hauts cadres de divers ministères (Education et Ressources humaines, Santé et Qualité de la Vie, Sécurité sociale, Femme et Protection des enfants, Justice et Droits de l'Homme, Jeunesse et Sports, Finances, Travail), dirigeants de corps para-étatiques, Probation Officers, représentants des Nations unies et de l'Observatoire des droits de l'enfant de la région océan Indien ainsi que du National Children's Council. Bref, tous ceux portant à cœur le souci du bien-être de l'enfant.

A la fin de l'atelier, treize résolutions ont été proposées par les enfants. Une fois ratifiées, elles s'ajouteront à celles dégagées dans les quatre ateliers des adultes. Un dossier sera ensuite produit et soumis au Premier ministre et au ministre du Développement de l'Enfant en vue de la préparation d'un plan d'action contre la violence des enfants.

La situation est alarmante. La maison, lieu de protection, d'amour et de paix pour les enfants, s'est transformée en un lieu de violence de nos jours. 80 à 90% des enfants à travers le monde sont victimes d'une certaine forme de violence à la maison, a fait ressortir Shirin Aumeeruddy Cziffra. «Nous ne sommes pas très loin à Maurice. En lisant les journaux quotidiens, on a l'impression qu'on est impuissant devant cette situation...Or, ce n'est pas vrai», précise-t-elle. «Aujourd'hui, on vient dire non à cela.»

Cercle vicieux

Ce «Non», les adolescents sont tous unanimes à le dire ensemble. Mélina Jivangi, élève en Lower VI au collège Queen Elizabeth, passe en revue trois formes de violence que peut subir un jeune durant une journée. La discrimination «de sexe ou de couleur de peau» qui existe dans certaines familles tue le jeune petit à petit. A l'école, il peut subir d'autres violences avec un enseignant qui ne sait pas gérer sa classe. Or, dit-elle, un enseignant digne de ce nom doit pouvoir maîtriser ses élèves sans aucune forme de violence ­ physique ou morale. «Sa pédagogie est le seul plus qu'il possède. Pourquoi ne pas s'en servir à bon escient ?»

Cette jeune fille déplore aussi que la fréquence des commentaires désagréables à l'égard d'une adolesante soit parfois insupportable lorsque cette dernière est en pleine rue. «Le pire, c'est que cette jeune perçoit cette forme de violence comme étant normale.» La solution réside dans une intense campagne de sensibilisation pour que les jeunes prennent connaissance de leurs droits. «Et pourquoi pas la musique, un excellent moyen de faire passer les messages ?»

Pour Anaëlle Balgobin, élève en Lower VI au collège Lorette de Quatre-Bornes, la violence est un cercle vicieux. Le seul moyen de la guérir est par cycle non-violent en éduquant les enfants dans les choses les plus ordinaires de la vie. «Les adultes adoptent un comportement non-violent envers leurs enfants. Ces mêmes enfants agiront ainsi envers leurs futurs enfants.»

A noter que les petits de Rodrigues n'ont pas été oubliés. Un atelier similaire a été organisé à Rodrigues les 2 et 3 août dernier.

Sandra Potié

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