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Bel-Air


Le calme au quotidien

Village de l'Est situé non loin de la côte, Bel-Air/Rivière-Sèche a connu, ces dernières années, un rapide développement, suite aux différents projets touristiques qui ont vu le jour dans la région. Point de convergence de plusieurs axes routiers, le village semble avoir gardé son âme et son calme légendaire. Découverte d'un haut lieu du village : l'église du St-Esprit...

Le village a connu, ces dernières années, un rapide développement, avec l'implantation de supermarchés, banques, bureaux et agences d'assurance. Et la cohabitation avec les petits commerces traditionnels sur la route principale du village semble harmonieuse. Une multitude de marchands de fruits, pâtisseries, gâteaux, pistaches et halims côtoient petits snacks et restaurants.

Pour de nombreux chrétiens de toute l'île, Bel-Air/Rivière-Sèche, c'est avant tout l'église St-Esprit. Lieu de passage obligé durant les XL- Heures, lors de pèlerinage des 7 ou 14 églises et de la fête du Saint-Esprit, l'église reçoit, chaque jour, la visite de nombreux Mauriciens et touristes de passage. L'église est également un point de rencontre incontournable des différentes communautés du village.

Différents quartiers

L'église dessert les différents quartiers et hameaux autour du village : Pont-Lardier, La Lucie, La Laura, Caroline, St-Michel... Et, selon le curé, André Sunnasee, la paroisse est une des plus étendues du diocèse.

«Comme c'est souvent le cas en région rurale, la paroisse offre des lieux et des occasions pour que les habitants du village se réunissent. La cohabitation apporte une autre dimension au vivre-ensemble du village. Ici, nous avons toujours appris à vivre dans le respect des autres», explique un paroissien. Cependant, note-t-il, «les choses changent graduellement. Il y a moins de dialogue et moins de partage. On ne se dit plus bonjour».

Notre interlocuteur est né et a grandi à côté de l'église. Il se remémore les nombreuses rencontres, l'après-midi, des habitants du village dans la cour de l'église, à l'ombre de ses multipliants centenaires. «Ils parlaient de leur quotidien et s'échangeaient leurs différentes expériences. C'est une tradition qui se perd.»

Une riche histoire

Construit en 1849, le lieu de culte possède une riche histoire (Voir encadré). «Deux événements majeurs ont longtemps marqué la vie de la paroisse : la fête de la Pentecôte et le fancy-fair paroissial», explique Julianna «Dame» Lecerf, paroissienne âgée de 91 ans. «La Pentecôte voit des fidèles venir de toute l'île. Plusieurs bus bondés viennent de plusieurs paroisses. Et les fidèles passent la journée dans la cour de l'église.»

«Dame» Lecerf sert cette paroisse depuis sa tendre enfance. Elle a été longtemps engagée dans plusieurs mouvements et services de la paroisse. Et elle se souvient des nombreux prêtres qui ont servi la paroisse. «Certains ont marqué la paroisse, même s'ils ne sont pas demeurés longtemps à Bel-Air/Rivière-Sèche.» Elle cite les pères Léonce Trublet-Raoul et Amedée Nagapen, dans les années soixante-dix. «Il y a quelques années, nous avons eu le père Philippe Tam-Im. Son passage a vu nombre de jeunes s'engager dans la paroisse. Il a apporté un dynamisme au niveau des différents mouvements de la paroisse. Nous retrouvons

ce même dynamisme chez le père Piotr, vicaire de la paroisse.» «Dame» Lecerf se souvient que la messe de 11h30 le lundi est une initiative du père Tam-Im. Cette messe qui perdure attire nombre de Mauriciens de toutes les communautés.

«Si les multipliants de la cour de l'église pouvaient parler, avance Mme Lecerf, ils raconteraient les nombreux samedis et dimanches qui ont vu les enfants du village s'accrocher à leurs «lianes» et jouer aux Tarzans...» Elle affirme que ces multipliants ont plus de cent ans.

Depuis fin 2005, c'est le père André Sunassee qui est curé de la paroisse. Et il nous livre une de ses priorités : «Il me paraît très important que chacun dans la paroisse puisse apporter sa contribution dans la construction de la famille paroissiale. Car, qu'ils soient jeunes, adultes ou âgés, tous sont dévoués pour la paroisse. Je suis l'heureux curé d'une paroisse riche en partage et en confrontation d'idées - et cela depuis sa création.» Propos qui font écho à ceux de Chantal Mélice, secrétaire de la paroisse depuis plus de 13 ans. Elle souligne également la forte participation et l'engagement des paroissiens dans les mouvements d'action catholique, groupes de service et d'animation et les tissus associatif et social.

La paroisse «couvre» également différents lieux de culte «décentralisés» :
Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus, à Olivia ; Christ-Roi, à Clémencia ; Notre-Dame-du-Bon-Secours, à Trou-d'Eau-Douce ; Notre-Dame-de-Banneaux, à Beau-Champ ; et, Marie-Etoile-de-la-Mer, à Quatre-Sœurs.

Et ces différents lieux de culte des quartiers sont vivants ! A l'exemple de la chapelle du Christ-Roi, de Clémencia. «Chaque année, à l'occasion de la fête patronale, nous accueillons de nombreux pèlerins, C'est un grand moment pour la communauté de Clémencia. Pendant toute une journée, le St-Sacrement est exposé dans la chapelle», explique Noëlla Bruelcoeur, animatrice de l'Action familiale et responsable du quartier.

La place des jeunes

La place des jeunes au sein de la paroisse est visible. Sous l'impulsion et l'initiative du père Piotr, plus d'une cinquantaine de jeunes de la paroisse de Bel-Air se rencontrent au sein d'Espace jeunes chaque quinzaine pour se former, parler, partager et approfondir leur foi et participer à des activités de la paroisse. «L'idée est de regrouper les jeunes afin d'aider chacun à mieux se connaître et à connaître les autres», explique Jennifer Nagapen, animatrice principale d'Espace jeunes. Avec le soutien d'un noyau d'animateurs, ces jeunes de l'Est se rencontrent pour prier, célébrer et fêter. Certains sont déjà dans d'autres mouvements paroissiaux alors que pour d'autres, c'est leur première rencontre avec un groupe.

«Nous, les animateurs, nous sommes comme le levain dans la pâte : nous essayons, avec les moyens que nous avons, d'encadrer et d'aider les jeunes que nous avons la chance de rencontrer», affirme le couple Nancy et Franco Sunders, qui a épaulé le noyau des responsables lors du concert spirituel de la Pentecôte cette année. Les activités durant la semaine de la Pentecôte ont grandement aidé à faire découvrir des talents parmi les jeunes.

Sylvio Sundanum

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