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Pourquoi je suis scout ?

Je suis Anaelle Balgobin, 16 ans, élève de Lower VI au collège Lorette de Curepipe. Je suis scout dans l'âme depuis que je suis de ce monde, car mon papa est un boy scout. Encore toute petite, je le suivais à toutes ses activités - d'ailleurs, ma première ascension de montagne a été à l'âge de 3 ans et c'était le Piton de la Petite-Riviere-Noire. Je fais officiellement partie d'une troupe de scouts depuis 7 ans - formation que ma maman a créée pour ma sœur et moi, car à l'époque, il n'y avait pas beaucoup de troupes de scouts pour les filles. Je suis maintenant dans la section Aventurière, présidente du District Scout Youth Council, présidente du National Scout Youth Council et je représente l'Association scouts de Maurice au Comité citoyen des jeunes de l'océan Indien, qui assure la défense des droits de l'enfant dans la région. Je suis la présidente du Comité citoyen des jeunes de Maurice.

A mon âge, avoir autant de responsabilités dans le scoutisme n'est pas évident. Mon secret, c'est mon idéal... C'est cela qui m'aide à tenir la route. Dans le scoutisme, j'apprends le sens de la responsabilité, le respect de soi, la loyauté et beaucoup d'autres principes qui expliquent pourquoi le scoutisme est un mouvement mondial de jeunes regroupant environ 25 millions de membres. Le scoutisme m'aide à m'épanouir, assurant ainsi mon avenir. J'ai de la chance d'être là cette année pour fêter le centenaire du scoutisme, qui est l'expérience d'une vie pour tous. Tout ce que l'on reçoit du scoutisme contribue au développement de l'enfant ­ et ce à plusieurs niveaux. Je suis dans la section Aventurière de ma troupe de scouts et participe à des projets communautaires tels que la lutte contre le sida et la lutte contre la violence.

En tant qu'ambassadrice des droits de l'enfant à Maurice, je remplis aussi ma part de responsabilité à ce niveau en étant scout. Mon objectif : la promotion d'une société saine et ma vision est d'atteindre la tolérance zéro au niveau de la violence à Maurice. Et je participe à la défense des droits de 10 millions d'enfants dans l'océan Indien.

Anaelle Balgobin


Jos Nanette


«L'idéal est que le scout se démarque des autres jeunes»

Commissaire général de la Mauritius Scout Association (MSA) et président sortant du Comité régional africain du mouvement, Jos Nanette jette un regard lucide sur le scoutisme. Il reconnaît que le mouvement a connu des hauts et des bas, mais estime que cette organisation centenaire a toujours sa place dans la société. Selon lui, le scoutisme peut apporter une contribution importante dans la constrution d'un monde plus solidaire.

Si vous deviez raconter le scoutisme à un enfant, qu'est-ce que vous lui diriez ?

Je commencerais au temps où j'étais louveteau, vers l'âge de 8-9 ans. J'étais assez timide et j'étais impressionné par cette ouverture vers le monde qu'on m'offrait. Le mouvement est un lieu qui permet de sortir du cocon familial et où on apprend le sens de la débrouillardise. Ce que je retiens également, c'est que notre cheftaine nous incitait à faire notre BA (Bonne action) chaque jour, que cela ne devait pas être que théorie, mais qu'elle devait se concrétiser tous les jours de notre vie. Le mouvement apprend à un jeune à faire de son mieux, à être utile dans sa famille, dans la société et sa communauté.

Que peut apporter le scoutisme
dans la vie d'un jeune ?

Le but même du scoutisme est que le jeune devienne un citoyen constructif, un bon parent, un bon travailleur qui peut contribuer au développement du secteur là où il est engagé. Le mouvement aide aussi les jeunes à ne pas attendre ce que le pays peut faire pour eux, mais de voir ce qu'ils peuvent faire pour le pays (dixit John Kennedy). C'est aussi vivre des valeurs du scoutisme : l'honnêteté, la bravoure, l'amitié, la fraternité, à être économe... ­ valeurs qui doivent être visibles dans la vie de tous les jours et non pas seulement quand l'on est en uniforme. L'idéal est que le scout se démarque des autres jeunes de par son comportement et son attitude dans la société. D'ailleurs, la société reconnaît la valeur du mouvement - ce qui fait que nombreux sont ceux qui souhaitent qu'il y ait plus de jeunes à faire partie du mouvement.

Quelle est la pertinence du scoutisme,

qui fête ses 100 ans cette année ?

Le mouvement a toute son utilité dans ce monde du XXIe siècle, qui devient de plus en plus matérialiste et où c'est chacun pour soi et Dieu pour tous. Le scoutisme aide à faire l'équilibre et vient rappeler aux jeunes les énergies qui peuvent renforcer les valeurs humaines et créer une société plus solidaire. Le scoutisme veut encourager ces valeurs afin que chaque scout soit soucieux de son prochain. Le scoutisme est une des rares organisations à prôner ces valeurs. Même après 100 ans, le mouvement peut apporter une contribution immense pour une société meilleure, que ce soit à Maurice ou ailleurs. D'ailleurs, aujourd'hui, on ne parle plus des 100 ans du scoutisme, mais comment on peut aborder le deuxième centenaire et répondre aux besoins de la société. Aujourd'hui, on parle des scouts comme d'agents de développement et d'acteurs qui participent au bien-être de la société.

100 ans après, le mouvement répond-il toujours aux aspirations de la jeunesse ou de la société ?

Plus que jamais, l'association répond aux aspirations de la jeunesse et de la société, car le mouvement n'est pas rigide. Le programme évolue avec la société et les tendances des jeunes. Si les nœuds et le sémaphore étaient populaires au début, même si on ne les utilise pas comme avant, cela ne veut pas dire qu'ils sont dépassés et qu'apprendre cela n'est pas important. Aujourd'hui, alors qu'on est passé à l'ère de l'informatique, c'est les derniers cris en matière de technologie que les scouts utilisent pour leur propre éducation.

Le mouvement se remet toujours en question. Il ne reste pas bloqué, cela afin de pouvoir répondre aux aspirations de la jeunesse. Un des piliers du scoutisme, c'est le devoir envers Dieu. Tout non pratiquant a aussi sa place dans le mouvement dans sa quête de recherche pour mieux comprendre le lien entre l'homme et Dieu.

Propos recueillis par


Jean-Marie St-Cyr


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