Cent ans


Le scoutisme : au service
des jeunes et de la société

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Le scoutisme fête cette année son centenaire. Fondé par lord Baden Powell en 1907, le mouvement a beaucoup évolué, mais a gardé une certaine jeunesse. Il attire, malgré les difficultés, de nouveaux membres, mais tous n'ont pas les mêmes objectifs. L'espoir est néanmoins permis et la société a besoin de jeunes responsables. Les différents responsables que nous avons rencontrés font de leur mieux pour y arriver, car ils croient dans les valeurs du scoutisme et tous sont cohérents dans leurs propos.

Chef et assistant Group Scout Leader (GSL) à la 19th Lower Plaines-Wilhems (LWP), Annick Ng est d'avis que même si le scoutisme fête cette année ses 100 ans, le mouvement est toujours bien vivant : «Les valeurs [Etre frère de tout autre scout ; un scout inspire confiance ; un scout affronte les difficultés avec courage ; un scout fait bon usage de son temps; un scout est chevaleresque...] sont là, mais perdent un peu de leur poids. Avec la vie facile, il est difficile d'imposer aux jeunes certaines normes du fait que certaines règles ne sont pas vécues à la maison avec les parents.»

Avis que partage Clarel Empeigne, chef et GSL au 14th LWP. «Le mouvement a perdu un peu de ses valeurs mais il n'y a pas que le scoutisme qui fait face à ce genre de difficulté - c'est un peu partout, à l'école ou dans les autres mouvements/groupes de jeunes.»

Epanouissement

Néanmoins, le mouvement a toujours sa place dans la formation des jeunes, laisse entendre Roumaan Issemdar, Aventurier et en formation pour être chef à la 20th LWP. Selon elle, «le mouvement a sa place dans la société et peut aider les jeunes à ne pas succomber dans les fléaux et à mener une vie saine et à s'épanouir comme il faut».

Mais cela a un prix : respecter à la ligne les principes établis par Baden Powell ajoute Ryad Khodabocus, chef aventurier à la 17th LWP, qui jette un regard critique sur ceux qui ne respectent pas les principes du fondateur du scoutisme. Pour lui, il ne devrait pas y avoir le moindre laisser-aller et il devrait avoir plus de cohésion entre les parents, les chefs et l'aumônier du mouvement.

Il soutient que certains parents considèrent le mouvement comme une garderie et les chefs comme des baby-sitters. Ils viennent et déposent leur enfant et puis repassent le récupérer après avoir terminé leurs courses. Bien souvent, ils viennent récupérer leurs enfants avec du retard, ce qui fait que les respon sables sont «pris en otage» à les attendre et à surveiller les enfants en attendant leur retour.

Alternatif

D'autres considèrent les respon sables du mouvement comme des parents de substitution en leur con fiant le rôle d'éducateurs alors que c'est la responsabilité première des parents. «Nous ne passons que deux heures par semaine avec leurs enfants et le programme proposé aux jeunes n'est qu'un alternatif pour une bonne conduite dans la vie.»

Nos différents interlocuteurs notent aussi que certains jeunes se joignent au mouvement soit pour se faire des amis, soit pour les activités du mouvement, soit sous la pression des parents qui espèrent qu'ils seront plus disciplinés par la suite. Annick Ng est d'avis que c'est rare qu'un jeune vienne s'inscrire de lui-même, à moins d'avoir déjà un ami faisant partie du groupe. «Certains n'ont pas la vraie image du scoutisme et ils ne viennent pas forcément pour apprendre. Mais néanmoins, ils ont l'occasion de s'épanouir à travers les différentes activités que nous leur proposons.» Pour beaucoup de jeunes, le scoutisme ne rime qu'avec aventure, randonnées, camp...

Valeurs

De son côté, Clarel Empeigne constate que tous ne vivent pas à 100% les principes et valeurs du scoutisme dans leur vie de tous les jours. «Pour certains, c'est juste sur papier. En dehors du groupe, sans leur uniforme et leur foulard, ce sont des jeunes comme les autres alors qu'ils devraient vivre les valeurs du scoutisme tout le temps.» Il ajoute aussi que le mouvement peut aider les jeunes confrontés à divers fléaux, toxicomanie et autres. «Dans le groupe, ils ont des jeunes avec qui ils peuvent discuter et des adultes pour les écouter, les encadrer et sur qui compter.»

Il déclare aussi qu'il existe malheureusement certains qui font comme au supermarché : «Ils viennent et prennent ce qu'ils veulent et partent. Il nous faut simplement nous adapter avec les moyens dont nous disposons. Malgré les difficultés, nous sommes là pour accomplir une mission.»

Nos interlocuteurs considèrent tous que les valeurs que le scoutisme prône depuis sa création sont toujours d'actualité, même si le contexte est différent. «Le scoutisme aide un jeune à devenir responsable, mais ce n'est pas cela qui intéresse les nouveaux membres au départ. Au début, ils viennent pour se faire des amis et pour les différentes activités. C'est après qu'ils deviendront des jeunes responsables», soutient Roumaan Issemdar.

Le mouvement offre aussi des principes qui aident à avoir une ligne de conduite dans la vie, d'être discipliné, d'aider le membre à prendre des responsabilités que ce soit au travail, dans sa famille, en tant que parent ou responsable du pays. «Il aura une ouverture d'esprit qui lui permettra de foncer malgré les difficultés. A travers le scoutisme, on devient un citoyen prêt à prendre des responsabi lités», fait ressortir Clarel Empeigne.

Et Annick Ng de conclure que le mouvement lui a beaucoup apporté : le sens de la responsabilité et de l'organisation, ne pas avoir de préjugés sur les autres. «Tout ce que j'ai appris dans le scoutisme m'aide dans ma vie de tous les jours et ma vie professionnelle. Je n'ai pas peur de prendre des initiatives et je ne recule pas devant les difficultés. S'il n'y avait pas le scoutisme, je ne serais pas ce que je suis aujourd'hui.»

Jean-Marie St-Cyr

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