Neuvaine à Sainte-Anne, Tranquebar


S'unir dans la prière pour agir

Vivre des valeurs autour d'une chaîne de prière à domicile afin de combattre les fléaux rongeant les familles : expérience forte qu'ont vécue plusieurs familles de Tranquebar du 19 au 27 juillet dans le cadre de la fête de Sainte-Anne, patronne de la paroisse. L'occasion aussi de rebâtir la famille dans l'amour et la charité afin de faire grandir des vocations. A l'exemple de la famille de Nazareth ­ Anne et Joachim ­ qui ont su faire grandir la vocation de leur fille Marie, plus tard devenue la mère de Jésus. Famille aussi où Jésus a passé trente ans de sa vie.

Divisé en huit quartiers, Tranquebar a réuni neuf familles par quartier pour vivre ensemble une chaîne de prière. Parents et amis ont été invités à se réunir pendant neuf jours chez neuf familles pour une neuvaine dédiée à Sainte-Anne, patronne de la paroisse. L'adoration du Saint-Sacrement a eu lieu pendant toute la journée du 26 juillet, jour de la fête de sainte Anne, dans la chapelle de la localité. Une procession a précédé la messe d'action de grâce célébrée par le curé, Jean-Maurice Labour, le samedi 28 juillet en la chapelle Sainte-Anne. Occasion pour lui de bénir toutes les familles ayant participé à la neuvaine ainsi que l'assistance présente.

Restaurer bâtiment et communauté

Que la restauration de la cathédrale Saint-Louis soit aussi la restauration de nos familles, a souligné le père Jean-Maurice Labour dans son homélie. «Quelle soit fondée sur l'Evangile afin d'être des familles remplies d'amour et de charité, à l'exemple d'Anne et de Joachim, grands-parents de Jésus.» La fête de Sainte-Anne est une fête qui nous rappelle la cellule familiale, où Jésus a vécu pendant 30 ans, précise le curé. Temps que Jésus a pris pour mûrir : en apprenant, entre autres, l'unité familiale, l'obéissance, la compréhension et un métier. C'est aussi de ce lieu que Jésus a pris ses distances pour vivre l'appel de Dieu. Il a ainsi demandé aux parents présents de ne pas accaparer leurs enfants, mais de les laisser libres de vivre leur vocation.

C'est aussi au cœur de la famille de Nazareth que Jésus a appris à prier et à aimer, rappelle le père Labour. La fête de Sainte-Anne nous invite ainsi à la prière et à vivre l'amour. «Que cet amour nous aide à faire éradiquer tous les fléaux ravageant notre société - drogue, alcool, désunion et déstabilisation de la famille, sida...», a-t-il exhorté. «Où est notre vocation chrétienne en face de tout cela ?», s'est-il demandé. C'est dans ce sens que, depuis une semaine, il a invité les familles à se rassembler autour du chapelet, à l'exemple de la famille de Nazareth, afin que dans nos familles:

- Les jeunes aient le goût de servir leur prochain et l'Eglise.

- Nous vivions l'unité dans la compréhension des autres.

- Qu'il y ait unité entre parents et enfants et entre frères et sœurs.

- Les parents dialoguent avec les enfants.

- Les parents s'occupent de l'éducation de leurs enfants.

- Nous luttions contre l'alcoolisme et la drogue, qui dégradent la dignité de nos familles.

- Les jeunes vivent une sexualité toute pure, respectant ainsi les personnes dans leur dignité, à l'exemple de Marie.

- Que les couples mettent Dieu et la prière au centre de leur amour.

Solidarité et unité

Cette expérience fut enrichissante à plus d'un titre pour plusieurs d'entre elles. A l'exemple d'Anne-Marie Veerasamy, qui se dit touchée par l'amitié qui se construit petit à petit entre les habitants de son quartier. «Cela donne goût à la prière et nous incite à nous mettre au service de ce que nous offre la paroisse. De plus, elle nous aide à persévérer dans la solution de nos problèmes.» Ils sont nombreux à avoir ressenti cette unité et cette solidarité entre voisins, à l'exemple de Colette Dialava et d'Yvette Léopold. «Nous étions unies commes des familles.»

Déplorant le manque de jeunes au service de l'Eglise, la prière d'Yvette Léopold était surtout axée sur le goût de service des jeunes. Son souhait : les voir davantage s'engager au lieu de «prendre un mauvais chemin». Elle a aussi bien prié afin que règne l'unité entre parents et enfants et qu'il y ait plus de dialogue entre eux. Car, elle dit constater que la télévision occupe une grande place au sein des familles. Prenant conscience qu'elle est souvent renfermée, Chantal Manan a accentué sa prière sur l'unité et la compréhension des autres. «Ce chapelet m'a poussée à aller vers les autres.»

La famille : jardin des vocations

Occasion aussi pour Marie-Noëlle Rassoondron de partager aux familles comment sainte Anne avait éduqué Marie dans l'écoute, la compréhension, le partage, le respect et l'amour. C'est l'exemple à suivre, dit-elle, car l'appel vient souvent dans le cœur des enfants. Sa question : comment aidons-nous, en tant que parents, nos enfants à grandir dans la foi ? C'est la plus grande mission de chaque pa rent, conclut-elle.

Sandra Potié

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