p.11foto1

Femmes détenues


Soutien de l'Empowerment Programme à la réinsertion

Une avancée historique dans le milieu carcéral sur la resocialisation et la réinsertion des femmes détenues : l'Association KINOUETE et l'Empowerment Programme, en lien avec d'autres partenaires, ont lancé le projet «Harmony» dédié aux femmes détenues.

Un Memorandum of Understanding (MoU) a été signé, le jeudi 26 juillet dernier, à la Training School du quartier-général des services pénitentiaires, Beau-Bassin, par les partenaires du projet, en présence des ministres des Finances, de la Sécurité sociale, et de la Femme, Rama Sithanen, Sheila Bappoo et Indranee Seebun respectivement ; Jean-Claude de l'Estrac, président de l'exécutif du Empowerment Programme ; Aline Wong, présidente du Programme spécial pour les femmes sans-emploi du Empowerment Programme ; Lingamanaicker Vijayanarayanan, Commissaire des prisons ; et des responsables de la NATReSA, entre autres. A noter la présence de détenues.

Lors de son intervention, Sheila Bappoo a souligné la persévérance et la détermination des membres de l'Association KINOUETE dans leur lutte pour la réinsertion des ex-détenues. «Je salue le travail de l'association, car depuis plus de cinq ans, elle a insufflé davantage de dynamisme dans son action d'accompagnement en apportant soutien, informations nécessaires et en leur donnant l'orientation à leur sortie du milieu carcéral, sans être meurtries, démunies et donc vulnérables dans la société à leur sortie. KINOUETE les aide à réintégrer la société et leur donne la joie de vivre et de retrouver leur famille.»

Les femmes détenues pourront désormais acquérir une qualification pendant leur détention au terme d'une formation dans divers secteurs. Les certificats seront approuvés par l'Industrial and Vocational Training Board (IVTB) et reconnus à travers l'île.

Plan d'action

Le Commissaire des prisons, Lingamanaicker Vijayanarayanan, a fait ressortir que l'établissement pénitentiaire a établi un plan d'action dans le cadre de la réinsertion des détenus. Sophie de Robillard, présidente et cofondatrice de KINOUETE, a rappelé, parlant de la vie des détenues après la prison, que «bien souvent, elles se retrouvent avec un compte gelé et sans emploi».

Cela fait des années que l'Association KINOUETE est engagée dans l'accompagnement et la réinsertion des détenues et des pensionnaires des Rehabilitation Youth Centres (RYC). L'ONG les touche, en milieu carcéral, grâce à différents programmes de thérapie de groupe et d'écoute individuelle ; de l'accompagnement des proches ; de la préparation des visites des enfants aux parents dans les prisons ; de cours de dessins, d'informatique, de cuisine, de couture et de coiffure. «Nous sommes là pour les accompagner», explique Juliette François, de l'association : «Le projet Harmony, avec le soutien du Empowerment Programme, est une perche tendue aux prisonnières afin qu'elles puissent trouver un moyen pour leur réinsertion après leur séjour en prison. Nous croyons dans la réinsertion. Il ne faut pas oublier que, sauf cas exceptionnel, tous les détenus sortent un jour. La réinsertion est possible, car l'audace et la générosité sont là. C'est une question de volonté et de cohérence. Ces deux derniers facteurs sont acquis. Nous avons aujourd'hui besoin de partenaires, de donateurs et de décideurs politiques pour faire le travail. Ces femmes incarcérées ont besoin de notre soutien et de notre attention. Il faut leur donner une espérance à pouvoir un jour sortir de ce cycle infernal. Une fois libérées, elles ne doivent plus se retrouver toutes seules, totalement perdues. Elles sont aussi de grandes blessées de la vie.»

Deuxième chance

Reconnaissant que le travail de KINOUETE est très difficile et que les solutions ne sont pas aussi simples, Jean-Claude de l'Estrac et Rama Sithanen ont estimé que ce projet coïncide avec les objectifs fixés par l'Empowerment Programme. Ils ont souligné que les ONG comme KINOUETE «font mieux ce travail que le gouvernement. Elles ont la capacité et le savoir-faire ; elles prennent à cœur leur engagement ; elles ont la détermination et proposent un véritable accompagnement social, familial et amical visant à accorder une deuxième chance à celles qui sont tombées une fois dans la vie». Le deux intervenants ont rappelé la philosophie de l'Empowerment Programme, créé pour combattre la marginalisation, le chômage, l'exclusion et donner la dignité humaine.

Sylvio Sundanum

retour