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Devina Mahadoo


Chine en vue... peut-être

Devina est aux anges. Bientôt, si son école arrive à rassembler la somme nécessaire, elle participera aux «Special Olympics World Games» qui se tiendront en Chine début octobre. Un rêve que ni elle, ni ses proches n'avaient jamais osé rêver.

Jusqu'à ce qu'on lui annonce sa sélection au sein de la délégation mauricienne qui s'envolera pour Shanghaï pour participer au Special Olympics World Games, événement sportif international rassemblant des personnes porteuses d'un handicap, la vie de Devina se résumait à ses parents, son frère et sa sœur, sa grand-mère et à son école, Rêve et espoir.

Voilà plus de huit ans depuis que cette habitante de Bambous, âgée de 19 ans, fréquente cette ONG de Rivière-Noire. «Pour son plus grand bien», vous dira sans hésitation sa grand-mère, son ange gardien. C'est aussi à travers cette école que Devina a pu avoir la chance de participer aux présélections pour les Special Olympics World Games.

Courir... une des activités que Devina pratique avec beaucoup d'enthousiasme. «Avec mes amis de Rêve et espoir, nous allons sur le terrain de jeu. Nous courons. Et, chaque mardi, nous jouons au foot», raconte-t-elle d'emblée, tout en gardant les yeux rivés au sol. Elle ne manque pas de préciser qu'elle est accompagnée de ses éducatrices. «Zot bien zanti», précise-t-elle.

Devina est différente des jeunes de son âge. Atteinte d'un retard mental, elle est toutefois très débrouillarde et a la conversation facile. Parlez-lui de son école et elle vous contera toutes ces activités qu'elle adore. «Mo kontan koud, desine, sante. Mo sant dan koral mo lekol. Miss montre nou manz ek kouto fourset...»...Des activités qui ont, au fur et à mesure, aidé au développement de Devina, constate sa grand-mère.

Aujourd'hui Devina, loin d'être consciente des contraintes financières, se prépare à aller en Chine. «Mo mama pou aster enn valiz pou moi... Ek linz ousi», raconte-t-elle. Ayant déjà pris l'avion pour un voyage à Rodrigues, la jeune sportive ne craint ni l'avion, ni d'être séparée de ses parents. D'ailleurs, elle a tout prévu pour ne pas se sentir seule lors de ce voyage tant attendu. «Mo fer kamarad. Ena lezot ki pou vinn ensam ek moi.»

Miguy Gourège, responsable de Rêve et espoir, de même que Francine, l'une des éducatrices, sont aux anges. Voir la détermination de Devina à vouloir aller jusqu'au bout de cette aventure sont pour elles rien de plus qu'un merveilleux cadeau. Ayant toujours refusé d'étiqueter les enfants tels que Devina de handicapés, elles ont constamment œuvré pour leur épanouissement. D'où la création de l'école en 1997, avec l'aide de Solange Park, entre autres.

Et... loin de vouloir s'arrêter en si bon chemin, Miguy Gourège, épaulée de ses éducatrices et amis, est bien lancée dans un tout autre type de parcours que celui auquel participera Devina : une quête vers toujours plus de considération et de moyens pour les enfants «désavantagés» dû à un concours de circonstance de la vie.

Projet pilote : Kreol morisien 2010


Etude sociolinguistique
en préparation

Des membres du Bureau de l'éducation catholique (BEC) ont participé à une session de travail de trois jours, du 18 au 20 juillet dernier, avec Frédéric Tupin, de l'université de la Réunion, et Christine Françoise, conseillère pédagogique à l'île-soeur. Objectif : travailler une ébauche du questionnaire pour l'étude sociolinguistique à venir.

«Une rencontre très enrichissante», commente Gilberte Chung, directrice du BEC. Avec Alain Doolub, secrétaire de la RCEA ; Marjorie Desveaux, membre du noyau responsable du projet Prevokbek ; Jimmy Harmon, coordonnateur du projet Prevokbek et Primer Kreol Morisien 2010, et des conseillers pédagogiques, elle a participé à la session de travail animée par Frédéric Tupin et Christine Françoise.

L'occasion pour toute cette équipe qui sera impliquée dans la mise en place du projet Kreol Morisien 2010 de «poser des questions sur le bien-fondé du kreol au primaire et sur la manière de s'y prendre pour réaliser notre projet», explique Gilberte Chung. Mais aussi d'élaborer une enquête terrain par rapport au projet Kreol Morisien 2010 dans le secteur primaire.

A noter que l'universitaire Tupin est chercheur attaché au Laboratoire de recherche sur les langues, les textes et les communications dans les espaces créolophone et francophone (LCF) alors que Christine Françoise a effectué des recherches sur l'utilisation du kreol en milieu scolaire à la Réunion.

Frédéric Tupin a aussi profité de cette rencontre pour présenter le travail effectué en 2002. Une enquête ayant pour thème: Enseignement en milieu créolophone : des représentations aux modes d'intervention. Une tâche effectuée avec le concours de Christine Françoise et qui avait touché 150 écoles publiques de l'île-sœur.

Cette rencontre avec l'universitaire Tupin est le début de tout un travail qui se fera au fil des prochains mois. Après l'élaboration du questionnaire pour l'étude sociolinguistique, les responsables du projet s'attaqueront à la formation des enquêteurs. Toutefois, fait ressortir Gilberte Chung, «il sera essentiel de préparer, avant tout, les enseignants, les responsables d'écoles et les parents à ce projet». Des acteurs de la communauté scolaire essentiels pour la réussite du projet. «Le questionnaire vise d'ailleurs à les consulter et, ainsi, à les faire participer pleinement à l'élaboration de ce nouveau projet.»

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