BPS Fatima de Goodlands

Equiper les élèves au développement du Nord

Après trois mois d'implantation dans le village de Goodlands, le collège Bon et Perpétuel Secours Fatima a atteint sa vitesse de croisière. Situé dans un cadre paisible sur environ cinq arpents entre champs de canne et nouveau village des bénéficiaires du VRS de l'ancienne usine sucrière St-Antoine, BPS de Goodlands est le seul collège catholique de la région Nord. Le terrain est un don de la compagnie St Antoine alors que le projet, au coût de Rs 25 M, a été financé par le diocèse.

Depuis septembre dernier, le collège BPS Fatima a déménagé de Trou-aux-Biches pour s'installer dans de nouveaux locaux à Goodlands, non loin de la gare d'autobus. Ce collège accueille environ 300 élèves, filles et garçons (Forms I-V). La première cuvée de la F V fera ses preuves cette année. La plupart des élèves viennent des villages avoisinants: Poudre-d'Or, Pointe-aux-Canonniers, Triolet et Pamplemousses, entre autres. Toutefois, une petite poignée vient de Sainte-Croix et de Baie-du Tombeau. Pierre Lebon, recteur du collège, est entouré de 17 enseignants et de dix employés d'encadrement et de l'administration.

Cet établissement scolaire dispose de trois magnifiques bâtiments modernes. Celui du personnel et de l'administration, au milieu, est peint de couleur crème. Les deux autres, de couleur orangée, comprennent, pour l'un, dix salles de classe (filières normale et prévocationnelle) alors que l'autre accueille les salles spécialisées et les laboratoires (informatique, biologie, Home Economics, salle de dessin...). Les projets infrastructurels immédiats de l'établissement sont l'aménagement d'un laboratoire d'agriculture et de terrains de jeux (football, volley-ball, basket-ball, hand-ball et athlétisme).

Insertion dans les réalités économiques

Outre la formation intégrale de l'enfant, le collège BPS Fatima de Goodlands s'est donné comme spécificité de s'intégrer dans le développement économique du Nord, précise Pierre Lebon. Le recteur met l'accent sur l'éducation de qualité que son collège compte apporter dans cette partie de l'île, ce qui sera, selon lui, d'un atout non-négligeable pour être employé dans le secteur de l'hôtellerie, le Nord ayant une densité touristique très forte.

Au BPS Fatima, l'agriculture est une matière obligatoire de la F I à la F III et optionnelle en F IV et V. En attendant que le laboratoire spécialisé dans cette matière soit prêt, les élèves ont recours, pour l'heure, à celui de biologie. L'agriculture est également au programme de la filière prévocationnelle. «L'objectif est le même, mais l'approche est différente», explique Priscilla Marie, enseignante de cette matière.

Pour la culture de légumes, un terrain de 800 m2 est disponible à l'arrière de l'école. Les élèves sont initiés à préparer la terre et à la cultiver avec des légumes saisonniers. Cet

amour de la terre, certains l'ont déjà partagé avec leurs parents. D'autres encouragent leurs aînés à trouver un terrain. De plus, les élèves sont aussi initiés à la transformation de leur récolte. «On leur apprend à faire de la marmelade et à maîtriser les techniques de conservation.» Pour encourager encore plus les parents, des ventes de légumes à bas prix sont aussi organisées au collège.

L'ouverture du collège aux réalités du Nord se concrétise également par les visites régulières de Jean-Marie Sauzier, directeur de la pépinière Exotica, sise à Petit-Raffray, et d'un officiel de l'AREU pour leur donner quelques conseils. Pierre Lebon souhaite que quelques-uns de ses élèves puissent un jour bien gagner leur vie en approvisionnant de légumes les hôtels du Nord.

Musique et tourisme

Deux matières additionnelles seront bientôt introduites : la musique et le tourisme. «Cela permettra à nos élèves de trouver de l'emploi, toujours dans le secteur hôtelier, au niveau de l'animation musicale», fait remarquer Pierre Lebon. Le Nord aura également besoin de personnes maîtrisant les enjeux des ressources marines. D'où le soutien permanent des responsables du collège pour que leurs élèves étudient la biologie, pour pouvoir ensuite se spécialiser en biologie marine. «Découvrir le monde marin et exploiter nos ressources marines à des fins économiques.»

Cynthia Clair, enseignante dans la section prévocationnelle, note une nette amélioration de ses élèves. «Le kreol les aide à mieux assimiler, à mieux comprendre... Cela les aide à reprendre confiance en eux.» L'an dernier, huit élèves, sur quinze, ont réussi aux examens du CPE. L'enseignement religieux n'est pas négligé au collège. Pour le bon développement spirituel de l'enfant, des cours de catéchèse sont prodigués par deux religieuses. De plus, le Centre de catéchèse de Rose-Hill envoie un représentant chaque trimestre pour insuffler ce goût de l'évangile aux élèves. Et c'est le père Philippe Goupille qui agit comme conseiller spirituel.

Une bonne synergie existe entre les différents partenaires - parents, enseignants, hôtels du Nord et volontaires - tient à faire ressortir Pierre Lebon. «Cela aide à la réalisation de la vision du collège. Par exemple, une bonne partie des infrastructures de l'école est sponsorisée par des volontaires, qui n'hésitent pas à apporter leur aide quand le besoin se fait sentir.» Une deuxième phase de développement est prévue pour bientôt : environ six salles de classe additionnelles, une salle de Design & Technology (DT), un gymnase et un hall.


Sandra Potié

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