Que chaque parent
bénéficie d'une
subvention

J'étais propriétaire de van scolaire durant plus de 20 ans et membre du comité Van Lekol, qui regroupe plus de 200 membres. Après que le gouvernement a annoncé que le transport sera gratuit pour les écoliers et les personnes âgées, plusieurs parents ont opté pour le transport en commun. Le nombre de mes clients a chuté considérablement. Idem pour mes amis qui font du ramassage scolaire, les parents n'ayant plus recours à nos services pour véhiculer leurs enfants. Certains ont emprunté un mode de transport différent pour se rendre à l'école. Les parents se sont mis en association, chaque semaine il y a une personne parmi qui véhicule les enfants.

D'autre part, nos coûts pour exercer cette activité ont augmenté, notamment avec la hausse du prix du diesel et des pièces de rechange. Et les recettes, elles, sont en chute libre chaque mois. J'arrive à peine à joindre les deux bouts.

Ma seule option : arrêter ce métier, qui n'est plus viable. La clientèle des Standards III à V est presque inexistante. Il n'y a que des élèves des standards I et II qui prennent le van scolaire. Pour exercer cette activité, on dépense plus de Rs 60 000 annuellement pour les frais d'opération et d'entretien. Chaque semaine, il faut trouver de l'argent pour le carburant et chaque mois le salaire d'une Helper, qui tourne autour de Rs 3 500. Les personnes vivant de ce métier sont dans une situation de crise. Je me demandais jusqu'à quand j'allais pouvoir survivre. C'est pour cette raison que j'ai abandonné ce métier.

Une chose est sûre : les véritables gagnants de cette mesure gouvernementale sont les propriétaires et les compagnies d'autobus. Je ne suis pas contre la mesure gouvernementale, mais il aurait fallu faire au préalable une étude sérieuse de ce secteur et que les intérêts de toutes les parties soient sauvegardés.

Je propose que l'Etat adopte une autre formule. Au lieu de subventionner les autobus, que chaque parent bénéficie d'une subvention. Et ce sera à eux de décider comment voyageront leurs enfants.

JA


Line

Mosadeq Sahebdin (ICP)


«L'Etat doit-il financer les frais de transport de ceux qui transgressent les règlements ?»

Une question revient constamment sur le tapis : l'Etat doit-il continuer à prendre en charge le coût du transport des écoliers et des personnes âgées ? Pourquoi seulement les «vans lekol» sont-ils exclus de cette mesure ? Mosadeq Sahebdin, coordonnateur de l'Institut pour la protection des consommateurs (ICP), fait le point.

Doit-on inclure le ramassage scolaire parmi les mesures du transport gratuit ?

Les minibus scolaires sont des services privés que des parents ont choisis pour leurs enfants. Ces services sont destinés à une clientèle spécifique. Ce n'est pas un service public et régulier. Il ne fonctionne que sur une période donnée. Je suis d'accord que ce service offre un plus pour les enfants : être à l'heure à l'école ; les enfants n'ont pas à courir les rues et les gares avec leurs sacs sur le dos.

Les opérateurs de ce secteur estiment que l'Etat devrait s'acquitter en partie des sommes dépensées par les parents ayant recours à leurs services...

Dans la majorité des cas, cela concerne surtout les enfants du primaire. Le problème de déplacement des écoliers se pose uniquement dans le cas des parents qui n'ont pas fait admettre leurs enfants dans les écoles situées dans leur voisinage immédiat. L'Etat doit-il financer les frais de transport de ceux qui transgressent les règlements ?

Ce sera la disparition des vans scolaires...

Ce risque est certes possible. L'autorisation d'exploiter un car affecté au transport scolaire est délivrée par la National Transport Authority. Au moment de faire leur demande, les propriétaires des vans étaient conscients de cela et du travail qu'ils vont faire. Il y a deux ans, ce même problème a été soulevé et depuis, ils sont peu nombreux à avoir cessé cette activité. Un plan de recyclage pourrait être envisagé à leur l'intention si cette mesure les touchait. Il y a d'autres créneaux qu'ils pourront exploiter.

Beaucoup d'enfants et de vieux sont pénalisés par le système de transport gratuit en cours...

Une évaluation du système en cours a été fait et le rapport déposé à la fin de l'année dernière. Mais nul ne connaît encore les recommandations de ce rapport. Le système de transport gratuit pour les vieux et les élèves ne satisfait pas à 100% les personnes concernées. L'Etat doit s'assurer que le public n'est pas pénalisé. Il pourrait demander aux compagnies du transport en commun d'assurer un ramassage régulier des écoliers et de respecter les heures de départ. Il faut prévoir une augmentation des autobus. Le public doit rapporter des cas flagrants de non-respect des conditions de transport. Il ne faut pas qu'à cause de quelques brebis galeuses tout le système soit mis en cause.

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