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Rencontre avec le Fr Jean Margéot Ravina


«Etre religieux, c'est une manière de vivre mon baptême»

Bonne année Rodrigues !

C'est un fait indéniable : les récentes élections régionales anticipées ont laissé des traces indélébiles dans l'histoire de la démocratie locale. Une campagne électorale très hostile, avec ses distributions de vivre et de boissons alcoolisées, d'argent... Certes, on nous dira que dans toute démocratie, il en est ainsi. Faut-il copier toute chose malsaine qui vient d'ailleurs ? Quel type de société léguerons-nous à nos enfants ? Et, ici, tant les politiciens que les électeurs sont à blâmer. Un vrai électeur plébiscite un parti politique selon son choix et sa conscience.

Concernant les quelques récentes mesures prises en faveur de Rodrigues, il est à craindre que celles-ci ne développent chez les Rodriguais une mentalité d'assistés. Il faut inculquer chez le peuple le sens de la débrouillardise et du sacrifice, de la discipline, de la rigueur, du dur labeur, de la culture de l'effort et de l'épargne... Des valeurs sûres sur lesquelles reposent le fondement de notre société tant aujourd'hui qu'à l'avenir. Ceci pour favoriser une réelle prise en charge de notre autonomie politique. Outre d'être des policy makers, nos politiques ont aussi un rôle d'éducateur.

Pour l'heure, l'île Rodrigues est sale. Outre les canettes vides, sacs et bouteilles en plastique qui nuisent à notre environnement immédiat, il y a aussi les banderoles, posters et oriflammes des partis politiques qui enlaidissent la nature. Nos lieux publics - par exemple l'espace vert de Mont-Lubin, qui jouxte le centre de santé de l'endroit, est un coin abandonné. Nos drains sont sales et bouchés. Il faut une politique plus dynamique dans le secteur de l'environnement, et cela à travers des campagnes de sensibilisation et de conscientisation.

Le verdict démocratique est tombé. Les militants du Mouvement rodriguais (MR) sont euphoriques, car ils goûtent à leur première victoire ; ceux de l'Organisation du peuple de Rodrigues (OPR) digèrent leur défaite. Mettons de côté nos affinités politiques pour construire une île Rodrigues prospère pour le bien-être de tous. C'est dans ce sens que nous souhaitons Bonne année à Rodrigues !

Jean-Gérard Gaspard


Depuis le 22 septembre dernier, la Congrégation des Frères auxiliaires compte un nouveau membre. Il s'agit de frère Margéot Ravina, 25 ans et qui vient d'une famille modeste du village de Papayes. En vacances à Rodrigues il nous parle de son cheminement dans l'Action catholique spécialisée et de sa mission de porter l'évangile aux autres.

Racontez-nous votre parcours...

Tout d'abord, je dois dire que j'ai été beaucoup marqué par l'Action catholique spécialisée, qui a transformé ma vie. Ma vocation s'est développée au sein des groupes et rencontres avec des enfants et des jeunes de l'Action catholique de l'enfance (ACE) et de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) de mon village. C'était une riche expérience de vivre avec les enfants et de partager leurs souffrances, leurs joies et leurs espoirs.

En 1995, lors du passage de Sr Valery Perrine à Rodrigues, j'ai été invité à une rencontre pour prier pour les vocations. Cette rencontre a éveillé en moi le désir d'approfondir ma foi afin de mieux comprendre le message de l'Evangile. Peu après, en 1998 Sr Gilma Perrine m'a encouragé à entrer dans le groupe de recherche avec le père Gérard Mongelard, à St-Gabriel. A travers ce groupe, nous avons eu plusieurs témoignages, entre autres celui du cardinal Jean Margéot, de Mgr Maurice Piat et de feu Fr Francis Edouard. Nous avons réfléchi sur la fidélité à l'appel de Jésus et comment devenir son ami par notre engagement..

Parlez-nous de votre formation à Maurice...

J'ai suivi un cours de formation de 4 ans à Maurice, j'ai fait mon postulat à Poudre-d'Or, ce qui m'a permis de mieux comprendre la mission de notre congrégation. Ce fut un temps fort de vie communautaire. Après, j'ai fait mon noviciat à Pointe-aux-Sables et des stages à l'école Paille-en-Queue, Grand-Gaube. Ensuite, je me suis consacré à l'enseignement des recalés de CPE. Le 22 septembre j'ai fait ma profession religieuse à l'église de Pointe-aux-Sables. Actuellement, je suis dans la paroisse Ste-Claire, à Goodlands, pour accompagner les enfants de Std III et V. Cela n'a pas été difficile pour moi, mais plutôt un temps de partage et d'enrichissement personnel

Etre religieux aujourd'hui, qu'est-ce que cela demande ?

Tout d'abord, il faut avoir confiance en soi. Moi j'ai dit oui à l'appel du Dieu, c'est mon choix. C'est une manière pour moi de vivre mon baptême. Il y a souvent des hauts et des bas, mais il faut persévérer. Nous sommes tous appelés à nous engager pour transformer la vie là où nous sommes - au travail, dans notre famille et dans notre village, entre autres.

Vous qui côtoyez les jeunes, quel regard portez-vous sur la jeunesse ?

Il y a un énorme potentiel dans la jeunesse qu'il faut valoriser. Aujourd'hui, beaucoup de jeunes sont formés, mais faut-il encore qu'on leur donne l'occasion de développer leurs talents. Devant le problème du chômage, nous ne pouvons pas demeurer les bras croisés. Il y a toujours quelque chose à faire. Il faut persévérer et ne pas se laisser influencer par la vie facile. A mon avis, il y a un gros travail à faire. Il faut aider les jeunes à réfléchir sur le sens de la vie. Et qu'ils rencontrent la personne de Jésus-Christ en s'engageant pour transformer la société.

Propos recueillis par Christian Raboude


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