Sr Denise Souci


«Le moment est venu
de tout quitter pour aller ailleurs»

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Sœur Denise Souci, de la société Marie-Réparatrice (SMR), est partie, en compagnie de deux autres religieuses (une Malgache et une Ougandaise), en mission le lundi 15 janvier, pour ouvrir une nouvelle congrégation en République démocratique du Congo. Cette mission répond à une attente et vient accentuer la présence de la SMR en Afrique francophone alors qu'elle est déjà présente dans divers pays d'Afrique anglophone.

Après un an de réflexion et de discernement, Sr Denise Souci a finalement accepté la mission que lui a confiée sa congrégation : aller ouvrir une nouvelle communauté de la société Marie-Réparatrice en République démocratique du Congo. Décision difficile à prendre, compte tenu des nombreux engagements qu'elle avait à Maurice.

Choix

Se dépouiller en laissant tout ce qu'elle a accompli derrière elle est un choix que Sr Denise assume pleinement aujourd'hui même si, lors de la messe d'action de grâce et d'envoi le vendredi 12 janvier, elle avait une voix cassée en adressant un dernier message à tous ceux venus lui dire au revoir. Mais c'est «sans craindre du danger, de la souffrance et de la fatigue. Nous irons partout où la charité du Christ nous appelle», dit-elle, en reprenant les mots de la fondatrice de la congrégation, Sr Emilie D'hooghdorst.

C'est pour répondre à l'amour de Dieu qu'elle a choisi d'être religieuse. «J'ai choisi d'être à la SMR, car je ne pouvais rester insensible à son amour. Il a donné sa vie pour moi et c'est en cherchant ce que je peux faire pour Lui que j'ai voulu être religieuse pour Lui dire que je L'aime d'un amour infini et total.» Un choix que ses parents ont eu du mal à accepter au départ ; mais en voyant que Sr Denise était heureuse dans cet engagement, ils ont partagé sa joie.

«J'ai compris combien le Christ m'aime malgré mes péchés et mes faiblesses et qu'il me redonne la vie. C'est cela que je ressens et c'est à quoi je me sens appelée: dire aux hommes, aux femmes et aux enfants que Dieu les aime dans leur état de vie de pécheurs.» C'est cet aspect de réconfort qui a fait que Sr Denise a accompagné plusieurs personnes pour les aider à se remettre debout et à se reconstruire.

Réparer

Pour elle, il est important de réparer en l'homme blessé par le péché l'image de Dieu qu'il porte en lui. «C'est pour cela que nos actions ne sont pas visibles. Nous œuvrons pour la

personne elle-même. On prie pour elle et on l'aide à se reconstruire. Quand il faut aider quelqu'un à reprendre goût à la vie, je suis prête à y aller, peu importe ma fatigue.» D'ailleurs, sa devise pour ses derniers vœux a été : «Aimer, c'est se donner totalement.» «C'est vital pour moi de révéler la tendresse de Dieu à ce peuple qui a souffert et qui souffre encore leur dire que Dieu les aime.»

A la veille de son départ, c'est un sentiment mitigé qu'elle éprouve. Triste d'un côté de quitter tout le travail accompli à Maurice, et de l'autre, enthousiaste d'aller vers de nouveaux cieux pour faire connaître et faire aimer le Christ. Pour Sr Denise, «dans tous les coins de la terre, il y a de la place pour la réparation. Répondre à cette mission de réparation est une joie». Mais tout quitter n'est pas facile. «Cela demande un détachement radical en quittant le connu pour aller vers l'inconnu. Mais cela ne m'empêche pas d'y aller. Je m'abandonne entre les mains du Seigneur.»

Tendresse de Dieu

Confiante, elle dit partir pour manifester la tendresse de Dieu, malgré ses faiblesses, à ceux qu'elle va rencontrer en République démocratique du Congo. C'est ce qu'elle ressent dans cet appel à partir en mission. «Là où nous allons, ils ont besoin de gens pour manifester la tendresse de Dieu.» Néanmoins, elle ne peut s'empêcher d'avoir une certaine appréhension quant à la situation qui prévaut dans ce pays.

Pour son départ en République démocratique du Congo, Sr Denise a été «préparée» par une Congolaise vivant à Maurice, Suzanne Albert. Avant de mettre le cap sur ce pays dans trois mois, les trois religieuses iront à Nairobi, au Kenya, pour une session de formation en «African culture and religious rites» afin de connaître davantage le mode de vie des Congolais et des Africains dans leur ensemble.

C'est l'amour pour les hommes qui pousse Sr Denise à partir confiante pour accomplir cette mission. «J'aime ce que je fais. Je me donne entièrement et je fais ce qu'il y a à faire par amour et je laisse tout derrière moi en pensant que d'autres vont continuer le travail à Maurice.» Mais comme toute séparation, il ne lui est pas aisé de quitter sa famille. Cependant, dès son entrée à la SMR, elle souhaitait partir en mission à l'étranger un jour, cela après avoir été en mission à Maurice. «Maintenant, le moment est venu de tout quitter pour aller ailleurs.»

Heureuse malgré tout, Sr Denise dit vivre le don du mystère pascal. Elle est confiante qu'après la souffrance de la séparation, elle vivra la joie de la résurrection.

Jean-Marie St-Cyr

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