Prevokbek


Bientôt un premier bilan

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Trois ans après l'introduction du projet Prevokbek dans les collèges catholiques (sauf les établissements Lorette), voici l'heure du premier bilan. Cet exercice se fera suite à la correction des épreuves des derniers examens du 2 au 13 juillet dernier.

L'utilisation du kreol en milieu scolaire a-t-elle été bénéfique aux élèves ou n'a-t-elle été qu'une perte de temps et d'énergie? C'est ce qui sera bientôt connu grâce à un premier bilan du projet Prevokbek.

Quelque trois cents élèves, en troisième année du prévocationnel, des onze collèges catholiques participant au projet ont ainsi pris part aux examens du deuxième trimestre, et cela selon un concept taillé sur mesure afin de pouvoir tâter le pouls de ce projet dans lequel le Bureau de l'éducation catholique (BEC) s'est aventuré depuis 2005.

Ces premiers examens bilingues ont nécessité la mobilisation d'importantes ressources, tant humaines que matérielles. Ainsi, pour la préparation des questionnaires, par exemple, chaque collège avait la responsabilité de concevoir les papiers d'examens pour une matière. Un travail effectué sous la supervision de Jimmy Harmon, de Marjorie Desveaux et de quelques enseignants qui, lors de visites dans les établissements secondaires, ont aidé les enseignants dans la préparation de ce travail.

«Colour code»

Afin d'aider les élèves à bien distinguer entre les questionnaires kreol et anglais, les responsables des examens ont aussi opté pour un colour code. Les questionnaires en kreol étaient jaunes et ceux en anglais (ou français) de couleur blanche. Les mathématiques, l'informatique et le Home Economics étaient parmi les matières examinées aussi bien en anglais qu'en kreol.

«Selon un premier feedback des enseignants présents lors de ces examens, les élèves ont été beaucoup plus à l'aise à prendre part aux examens en kreol», raconte Marjorie Desveaux. Certains ayant même terminé le questionnaire avant la limite de temps proposé.

Inter-Amélioration

Les exercices de correction ont débuté le lundi 16 juillet et se sont déroulés sur trois jours. Pour cela, une cinquantaine d'enseignants ont été mobilisés au BEC, Rose-Hill de 9 à

15h00. Pour Gilberte Chung, directrice du BEC, cet exercice de correction qui se fait en groupe sera aussi un plus pour les enseignants. S'adressant à ces derniers à l'occasion de la première journée de correction, elle a aussi parlé de l'importance de ces évaluations, «qui aideront pour l'amélioration de la pédagogie».

Pour Marjorie Desveaux, une des chevilles ouvrières du projet Prevokbek, ces examens ne serviront pas uniquement de bilan pour le projet, mais seront aussi d'une aide précieuse dans l'élaboration du projet concernant l'introduction du kreol au primaire (projet pilote prévu pour 2010). «Il est clair, précise cependant notre interlocutrice, que nous n'allons pas faire du copier/ coller. C'est-à-dire, transposer le programme du Prevokbek au primaire. Mais cette première expérience va nous aider au niveau de l'organisation. C'est plus dans la procédure que dans le contenu.»

Martine Théodore

Pour rappel

Cheminement du Prevokbek

En 2004, le BEC avise le ministère de l'Education que les collèges catholiques vont désormais suivre un programme adapté en utilisant le kreol morisien comme langue enseignée et langue d'instruction pour les matières telles que les mathématiques et les sciences dans la filière prevoc. Pour cela, le BEC a eu le soutien de Dev Virahsawmy pour l'élaboration du programme et depuis, il a été piloté par une équipe d'enseignants du Prevocationnel, encadrée par quelques personnes ressources tant locales qu'étrangères.

Après la tenue d'un Literacy & Numeracy Test l'année dernière (juillet 2006) auprès des élèves de F I et de F III du prevoc, pour mesurer la pertinence de l'enseignement du kreol morisien, l'organisation d'une évaluation bilingue interne aux collèges du BEC vient valider les trois années du Prevokbek.

Extrait d'un document d'information de Jimmy Harmon
(Kordinater Prevokbek/Proze Primer Kreol Morisien 2010)

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