Lutte contre la toxicomanie et le VIH/sida


Prêtres et laïcs ensemble
pour un même combat

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Avec le concours du Conseil des religions, une cinquantaine de prêtres ont été sensibilisés davantage sur la question du VIH/sida. A l'issue de cette formation, un plan d'action, qui sera celui de l'Eglise catholique de Maurice, est en voie d'élaboration. Ce plan spécifiera sa participation dans l'éradication et la prévention de la pandémie. Mais déjà de nombreuses paroisses ont commencé un travail sur le terrain avec la participation de nombreux laïcs.

Que ce soit dans les paroisses de Port-Louis, avec le programme Anti-DAVIS (Drogue, alcool, violence, viol, indifférence, sida), dans les hautes Plaines-Wilhems ou dans l'Est, nombreux sont les prêtres et les laïcs qui militent contre le VIH/sida et la drogue. Cela souvent dans l'anonymat le plus total. Dans la paroisse de Notre-Dame-de-la-Visitation, par exemple, le travail a commencé depuis l'an dernier, explique Jacqueline Diolle, une des animatrices qui mène une campagne de sensibilisation auprès des paroissiens dans les divers quartiers en essayant de toucher le plus de jeunes possible.

Semence

Cet engagement s'est fait à la demande du père Roger Cerveaux et c'est ainsi qu'avec le concours de plusieurs personnes, l'association La Semence a vu le jour. Ceux engagés dans l'association ont bénéficié d'une formation de Jacqueline Madelon, infirmière et membre du Mouvement d'aide à la maternité (MAM), ainsi que de Olivier St-Paul, du AIDS Secretariat du ministère de la Santé.

Des causeries ont été organisées dans les différents quartiers de la paroisse, avec la participation de divers intervenants et des forces vives des différentes localités ainsi qu'une campagne de prévention dans les écoles de la ville. Pour notre interlocutrice, «l'éducation des jeunes doit être faite, car ils ne se rendent pas compte des dangers qui les guettent». Elle espère que la semence que l'association sème à tout vent portera du fruit.

A Petite-Rivière, le père Michel Moura, vicaire à la paroisse Saint-Cœur-de-Marie, explique que le travail se fait en lien avec le mouvement SPeLRA (Soldats de Port-Louis ek régions avoisinantes). Il déclare que ce sont les laïcs qui se sont d'abord engagés dans le combat contre le VIH/sida et que les prêtres de la paroisse les accompagnent et les encouragent dans leur démarche. «Il est normal que les paroissiens et les prêtres se sentent concernés par les problèmes qui touchent les familles et les différents quartiers de la paroisse», affirme-t-il.

Anti-DAVIS

Cette semaine débute la campagne Anti-DAVIS, comme cela a été le cas dans les différents quartiers de Port-Louis l'an dernier et dont le pèlerinage a repris. Ce vendredi, le mouvement SPeLRA sera à Cité-St-Louis, Pailles.

Du côté de Tranquebar, il y a eu la formation du Groupe vigilance de Tranquebar. Jean-Marie Sunassee explique qu'en dépit des risques que les membres du groupe prennent quotidiennement, ils ne peuvent demeurer insensibles face à ce problème.

«Il y avait un besoin dans le quartier, avec la recrudescence de l'alcool et de la drogue qui entraînaient dans

leur sillage des violences et on a noté que le VIH/sida gagnaient du terrain. Si on ne fait rien, tout va dégringoller, on n'aura plus de liberté de mouvement, plus de tranquillité dans le quartier», lâche-t-il stoïquement.

Espérance

L'objectif de leur mouvement est d'éliminer tous les fléaux qui rongent leur quartier. Pour cela, le groupe fait appel aux autorités pour veiller à ce que les boutiques ne vendent pas des boissons alcoolisées en dehors des heures normales. Il souhaite aussi des patrouilles policières plus régulières afin que la situation ne dégénère pas. Le groupe compte sur la participation des membres de la SSU et de la SMF, qui sont casernés et qu'on ne voit à l'œuvre que quand il y a un grand désordre ou après le passage d'un cyclone.

Eu égard à l'engagement des prêtres de la paroisse, il apprécie grandement leur présence sur le terrain. Pour lui, «les prêtres ne doivent pas demeurer dans leur sacristie. Jésus-Christ est allé partout et a prêché sur le terrain et pas uniquement dans les synagogues». Selon lui, cette collaboration prêtres/laïcs est porteuse d'espérance pour une meilleure société.

Du côté de l'Est, le père André Sunassee, curé de la paroisse de St-Esprit, Bel-Air, explique qu'ils misent beaucoup sur la pastorale de prévention avec des sessions de Youth Alive et EVA pour une
sexualité plus responsable et une meilleure hygiène de vie. Le travail se fait en lien avec les différentes paroisses de la région, avec la collaboration des responsables du projet Anahita.

Soutien

Selon le père Gérard Mongelard, curé de la paroisse du St-Sacrement, Cassis, c'est en lien avec le groupe A de Cassis que tout a commencé. Fondé il y a une vingtaine d'années, le groupe n'a cessé de mener le combat contre la toxicomanie et, quand le problème a surgi, contre le VIH/sida - deux fléaux qui sont, aujourd'hui, étroitement liés du fait que la recrudescence de la maladie est due à l'échange de seringues souillées entre les usagers de drogue par voie intraveineuse.

Modestement, avec les faibles moyens dont il disposait, le groupe a débuté une campagne de prévention et de conscientisation dans le quartier. Cela s'est étendu, l'an dernier, dans presque tous les quartiers se trouvant dans la périphérie de Port-Louis. Ce qui a permis de faire un état des lieux de la situation et de montrer l'ampleur du problème à Maurice. Avec l'ouverture de Lacaz A à Port-Louis, à côté de l'église de l'Immaculée-Conception, les membres du groupe espèrent offrir un meilleur soutien aux usagers de drogue, à ceux porteurs du VIH/sida ainsi qu'aux membres de leur famille.

Ici ou ailleurs, l'objectif est le même: lutter contre les différents fléaux qui rongent la société. Avec le plan d'action que l'Eglise catholique est en train de préparer avec la collaboration du Conseil des religions, gageons que les actions seront mieux coordonnées et plus précises et que d'autres laïcs viendront soutenir ceux déjà engagés.

Jean-Marie St-Cyr

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