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Matière à réflexion

On ne cesse de nous le répéter : la seule manière de sortir de la présente crise économique est d'accroître notre productivité. Aussi, les couples qui travaillent et qui ont de jeunes enfants sont souvent confrontés à la difficulté de concilier boulot et famille.

Ainsi, ils ont urgemment besoin d'aide et sont prêts à y mettre le prix. Pourtant, il est de plus en plus difficile de trouver une employée de maison. Et le problème est encore plus aigu lorsqu'on est à la recherche d'une baby-sitter.

Et c'est peut-être là que les autorités, à travers l'Empowerment Fund, ont un rôle à jouer : la formation d'employées de maison et de baby-sitters. Nous savons déjà que le personnel d'encadrement appelé à travailler dans les villas IRS d'Anahita reçoit actuellement une formation 5-étoiles. Mais elle ne doit pas être réservée que pour une clientèle haut de gamme. Le succès que connaissent les cours diligentés par l'Ecole de techniciennes de maison, dans l'Ouest, soulignent comment tant chez les employés que chez les employeurs, cette formation vient répondre à une attente.

A l'époque du Dieu textile, l'avenir professionnel de la femme ayant abandonné tôt l'école était indissociable de l'usine. Aujourd'hui que la donne a changé, il s'agit désormais de repenser l'avenir professionnel de la femme se trouvant dans cette situation.

Il est toujours bon d'être avant-gardiste et de soutenir que les femmes ne devraient pas se limiter aux métiers «traditionnels» féminins. Mais, il faut se demander lucidement quelles sont les réelles chances d'adaptation des femmes dans, disons, le secteur de la construction. Cela sachant que nos parlementaires féminins se plaignent de discrimination et de machisme de leurs collègues du sexe dit fort...

Même dans les pays dits «développés», ce n'est pas demain la veille que les femmes seront appelées à exercer des métiers d'homme. Ne sommes-nous pas en train de berner les femmes en leur faisant miroiter que la fin du chômage féminin réside dans leur accès au travail traditionnellement «réservé» aux hommes ?

Il serait peut être plus approprié de donner une formation adéquate, sous les auspices de l'Empowerment Fund, à des femmes afin de mieux se «vendre» sur le marché du travail dans ce secteur informel.

De quelle formation parlons-nous ? En sus de compétences techniques ­ apprendre comment tenir une maison, maîtriser des notions de puériculture ­, il s'agit de les responsabiliser quant à l'importance de leur tâche.

En même temps, nous savons tous que s'il y a certaines employées de maison indélicates, il y a également des employeurs qui bafouent les lois du travail et portent atteinte à la dignité de l'employée de maison.

Il s'agit donc pour l'Etat de veiller aux intérêts des deux parties. Ainsi, s'il y a des lois régissant ce secteur, elles sont rarement observées et sont obsolètes au niveau des salaires. C'est seulement à partir du moment où les employées de ce secteur informel évolueront dans un cadre légal plus approprié à nos réalités contemporaines que les deux parties trouveront leur compte.

Une certitude : toutes les femmes actuellement au chômage et ayant connu un parcours scolaire incomplet ne peuvent se destiner à être employées de maison. Il faut pourtant reconnaître que, jusqu'ici, peu a été fait pour permettre à certaines femmes d'optimiser leurs compétences dans un secteur pourtant clé de notre quotidien.

Erick Brelu-Brelu


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