Rencontre avec Wills André :


«L'enseignement est un sacerdoce»

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Ouverture
de la réserve de tortues François Leguat

Depuis cette semaine, Rodrigues compte une nouvelle attraction touristique. L'inauguration du François Leguat Tortoise and Caves Reserve s'est déroulée le samedi 14 juillet dernier. C'est un projet qui a nécessité de longues années de travail pour, d'abord, la mise en terre de plusieurs milliers de plantes endémiques ainsi que l'introduction de centaines de tortues dans l'espace calcaire et désertique de Anse-Quitor. Pour certains, l'endroit est aujourd'hui méconaissable ; tandis que pour d'autres, il a retrouvé son état d'origine, avec tortues et plantes endémiques.

La réserve, placée sous la responsabilité de Aurel André, est ouverte au public tous les jours de 9h30 à 17h30. Le prix des billets est de Rs 145 par adulte et de Rs 70 pour chaque enfant âgé de 3 à 12 ans. Le visiteur peut voir les tortues dans la nature, visiter le musée et s'instruire au centre de documentation. Il y a également une boutique de souvenirs et un restaurant. Au cours de la journée, il y a deux visites guidées de deux heures chacune. La première débute à 10h00 et la deuxième à 12h30.

Durant le mois d'août, un autre produit sera accessible au public : la visite des grottes pour y découvrir les stalactites et les stalagmites mis en valeur par des jeux de lumière. Le coût de la visite guidée sera de Rs 120 pour les adultes et de Rs 60 pour les enfants.

La réalisation de ce projet vient apporter un plus dans la diversité de nos produits touristiques. C'est egalement un moyen d'aider les collégiens et l'ensemble des Rodriguais à mieux assimiler les réalités historiques de l'île.

Benoit Jolicœur


Après trente-sept ans de bons et loyaux services dans l'enseignement catholique primaire de l'île, Wills André vient de tirer sa révérence. Il a bienveillamment accepté de répondre à nos questions.

D'abord, qui êtes-vous, Wills André ?

Benjamin d'une famille de sept enfants, je suis né à Cygangues et j'ai connu une enfance très difficile. J'ai eu sept enfants et ai été maître d'école à St-Esprit RCA, à La Ferme. Je suis également engagé au sein de l'athlétisme local.

Comment êtes-vous devenu instituteur ?

En 1959, j'ai terminé mes études primaires avec mon certificat en main. Il n'y avait pas d'institutions secondaires dans l'ile. En 1965, j'ai postulé pour un poste de pupil-teacher. J'ai été retenu et ensuite j'ai postulé pour être student-teacher. C'est grâce à la vision de l'Eglise catholique et avec l'appui de feu père Ronald Gandhi que je suis parti à Maurice en 1969 pour faire mon Teacher's Certificate. Pour moi, l'enseignement est un sacerdoce et j'aime cette profession. De retour dans l'île, j'ai été affecté à l'école Ste-Famille, Lataniers, puis j'ai été muté à Notre-Dame-de-Lourdes, Brûlé. En 2006, j'ai terminé ma carrière comme maître d'école à La Ferme. J'ai aussi suivi des cours sur les nouvelles mathématiques, l'initiation à la pédagogie inclusive et des cours en leadership dans le domaine de l'athlétisme.

Après une longue carrière dans le monde éducatif de Rodrigues, quel regard portez-vous sur ce milieu ?

Sans la moindre hésitation, je peux affirmer que si l'enseignement primaire a atteint un niveau élevé à Rodrigues, c'est grâce à la vision de l'Eglise catholique. Nou ti kapav pa in ariv koumsa zordi. Avec le soutien de tous, nous avons fait d'immenses progrès. Toutefois, il y a encore du chemin à faire. Avec du recul, je trouve qu'avec davantage de moyens logistiques et infrastructurels et de bonne volonté, nous aurions pu avoir progressé davantage.

Les écoles catholique de l'île ont choisi la pédagogie inclusive. Qu'en pensez-vous ?

C'est un projet formidable auquel j'ai eu la chance de contribuer. Avec la pédagogie inclusive, il y a un bond en avant dans les écoles catholiques. Par exemple, à La Ferme, le taux de réussite au CPE était, en 2001,
de 35%. En 2005, il a atteint 51% et en 2006, il a franchi la barre des 60%. Je peux en témoigner : ce concept marche. Je suggère l'introduction de cette méthode d'enseignement dans toutes les écoles primaires de Rodrigues. Il faut un changement de mentalité. Grâce à ce projet, Nobody is left aside and all persons are involved. Certes, il y a des petits manquements et des problèmes d'adaptation.

Comment meublez-vous vos temps libres ?

Je ne réalise même pas que je suis à la retraite. Je cultive la terre et élève des animaux. Membre de l'association des planteurs et éleveurs de Palissade-Ternel, je siège également sur un comité de préparation en marge des célébrations des 100 ans des écoles catholiques, ici.

Le mot de la fin...

D'abord, je rends hommage à feu Antoinette Prudence, qui a contribué activement dans l'enseignement de l'éducation catholique dans l'île. Elle est partie très tôt, tout en laissant son empreinte indélébile. Pour ma part, j'ai encore l'énergie voulue pour apporter ma contribution bénévole dans le secteur éducatif. Ceci pour partager mes connaissances, expériences et savoir-faire.

Propos recueillis par Jean-Gérard Gaspard


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