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Dr Veenoo Basant Rai :

«Chaque cas sera réexaminé»

L'actualité de la semaine est dominée par les 2 400 cas «douteux» de personnes recevant des pensions d'invalidité (Basic Invalidity Pension), «scandale» qui a forcé le ministère de la Sécurité sociale à diligenter une enquête. Le Dr Veenoo Basant Rai, directrice médicale au ministère de la Sécurité sociale, répond à nos questions sur ce dossier.

Ce n'est pas la première fois que des irrégularités sont constatées au sein du ministère de la Sécurité sociale...

Il faut faire attention : il n'y a aucune fraude ou de détournement d'argent. A première vue, il semble que certaines personnes ne répondant pas aux critères ont bénéficié de la pension d'invalidité. Au ministère, nous travaillons sur ces cas douteux. Chaque cas qui paraît litigieux sera réexaminé pour déterminer s'il répond aux critères établis pour bénéficier d'une aide sociale de l'Etat. L'exercice a déjà débuté. Il y a sûrement des cas authentiques de personnes avec une incapacité physique permanente méritant cette pension. Si nous découvrons des irrégularités, les coupables seront sanctionnés. Seuls ceux éligibles à la pension devraient en bénéficier.

Il semble donc que certains touchent des pensions même s'ils sont non
éligibles...

Selon le National Pension Act, peu importe votre situation sociale : chômeur ou actif professionnellement, si vous respectez les critères prévus, vous êtes éligible à la pension d'invalidité. La loi ne stipule pas qu'une personne invalide qui travaille n'a pas droit à la pension d'invalidité et à l'aide sociale de l'Etat pour une durée minimale d'une année. Et il a droit à un Bus Pass pour voyager gratuitement.

Quels sont les critères et les procédures

pour avoir droit à cette allocation ?

Selon le National Pension Act, tout individu invalide à 60% et âgé de 15 à 59 ans a droit à une pension d'invalide. Le demandeur doit s'adresser au bureau de la Sécurité sociale le plus proche de sa résidence. Cette demande est ensuite transmise à la Medical Unit du ministère, qui réfère le cas au Medical Board, composé de deux médecins généralistes. Ils font des recommandations relatives à la pension et à sa durée. Au cas où cette instance ne recommanderait pas de pension, la personne peut faire appel au Medical Tribunal, où siègent deux médecins spécialistes et un membre du judiciaire. Les médecins considèrent les guidelines émis par le directeur de la Medical Unit. Chaque mois, il y a des Medical Board Sessions dans plus d'une vingtaine de régions à travers le pays.

Les procédures ne sont-elles pas trop longues pour ceux qui méritent vraiment une pension d'invalidité et qui sont dans le besoin ?

Des décisions ont été prises pour éviter, à l'avenir, tout cas d'abus. Tout le système sera revu et nous allons procéder à une restructuration des différents départements. Il va falloir réexaminer les cas douteux et aussi nous assurer que ceux en attente de passer sur un Board ne soient pas pénalisés s'ils méritent une aide sociale de l'Etat.

Propos recueillis par


Sylvio Sundanum


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