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Raymonde Eynaud :


«Les parents sont dépassés
par d'autres soucis»

Cité-Pitot, Curepipe


NOU BAZ,
lieu de prévention,
d'écoute et de lutte

NOU BAZ, située à Cité-Pitot, est une maison de prévention et d'écoute mise à la disposition des habitants de Curepipe. Projet initié avec le Centre de solidarité et la collaboration d'Audrey d'Hotman, de Dany Philippe et de Raymonde Eynaud ainsi que de Jean-Yves de Fleuriot, du Rotary Club de Curepipe. «Deux femmes ont participé à ce projet : Pricilla Ravaton et Sabrina Puddou», souligne Dany Philippe, coordinateur de ce centre. La maison a été offerte par la mairie de Curepipe, sous le mairat de Christian Hurhungee. «NOU BAZ était une maison en ruines, lieu de drogués.Nous avons retrouvé 500 seringues à l'intérieur du bâtiment lors de la rénovation», explique Raymonde Eynaud, animatrice bénévole à la maison de prévention. Ce centre bénéficie du soutien de la NATReSA, de la Fondation Joseph Lagesse, de la Fondation espoir et développement (du groupe Beachcomber), de la Fondation nouveau regard (du groupe CIEL) et d'autres firmes du secteur privé. «Avec cette maison à Curepipe, nous offrons aux jeunes de la région ainsi qu'à leurs parents un lieu agréable dédié à l'écoute et à la prévention.»

Raymonde Eynaud, engagée au Centre de solidarité, est également animatrice volontaire à la maison NOU Baz, centre de prévention, d'information et de lutte contre la drogue, l'alcool et le sida. Elle fait le point sur la situation à Curepipe et parle de l'indifférence de la population face à ces fléaux.

Quelle est l'ampleur de la drogue et de
l'alcool dans Curepipe et ses environs ?

Curepipe ne fait pas exception à la règle. Ces deux fléaux continuent de faire des ravages tant dans notre société que dans nos familles, dont les milieux huppés. Les jeunes sont exposés à ces fléaux. Beaucoup de familles souffrent. Il y a la violence conjugale, violence dans la rue, violence chez les jeunes dans les écoles: la majorité des cas sont liés à la drogue et à l'alcool. On essaie de tirer la sonnette d'alarme à chaque fois. Nous constatons, d'après des travailleurs sociaux et des articles de presse, une très grande indifférence de la population de Curepipe face à ces fléaux. Il y a aussi le VIH/sida.

Pourquoi cette recrudescence ?

D'après les statistiques, Curepipe est touchée par le VIH/sida, comme partout ailleurs dans l'île. Et le nombre de personnes contaminées va aller en s'accroissant si on n'agit pas rapidement. A travers NOU BAZ, nous voulons conscientiser les gens et leur faire prendre conscience de la propagation rapide de la maladie. 90% des nouveaux cas de sida sont dus principalement à la drogue: partage de seringues ! Il y a aussi des comportements à risques au niveau sexuel. Les jeunes ont des relations sans se protéger.

Les personnes sont-elles conscientes de ces fléaux ?

Conscientes, mais indifférentes tant qu'elles ne sont pas touchées personnellement. La plupart des parents sont carrément dépassés, préoccupés par d'autres soucis. Certains ne se sont jamais intéressés à ces fléaux, se croyant toujours à l'abri. Pa kot moi sa, kot nou pena sa. Beaucoup ne savent même pas quoi dire à leurs enfants, car ils ont très peu de connaissance sur ce sujet.

Quel est le rôle de NOU BAZ à Curepipe ?

NOU BAZ, la première maison de prévention à l'île Maurice, est née à Curepipe. La section prévention du Centre de solidarité a voulu décentraliser ses activités et être plus proche de la population à risques. Durant des années, nous avons abattu un travail important à travers l'île, tant dans les Star Schools que dans les clubs, les familles, les quartiers et les cités. NOU BAZ est au cœur de Curepipe. Cette année, nous avons initié une campagne de prévention dans une école ANFEN, Espérance 2000. Actuellement, nous démarrons une autre campagne de prévention avec la mairie de Curepipe, avec l'appui du maire, Soobirsen Sewnath, et de son adjoint, Serge Alanda, et le soutien de Denis Doger de Spévile, président du Dodo Club ; des forces vives et des associations qui militent dans Curepipe. Nous avons aussi le soutien d'instances religieuses: Saï Baba et la paroisse Ste-Thérèse. Face à l'ampleur des fléaux, Curepipe a décidé de réagir.

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