Hervé Aimé :


«Si tout va bien, la nine-year schooling sera une réalité d'ici à 2008»

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Le président de l'Outer Island Development Corporation (OIDC) est confiant : «Le futur s'annonce brillant et intéressant avec le potentiel de développement touristique à Agalega.»

Il y a eu quelques doléances des travailleurs agaléens concernant leurs conditions de travail.
En quoi les choses se sont-elles améliorées depuis ?

Ils sont maintenant employés sur une base permanente. Avec tout ce que cela comporte comme avantages : congé maladie, local leave, maternity leave pour les femmes, death gratuity, pension. Ils ont désormais les mêmes conditions que les Mauriciens. Nous avons aussi pris des mesures pour promouvoir ­ upgrade ­ ceux qui ont les aptitudes : certains sont ainsi passés d'assistants mécaniciens à mécaniciens ; d'autres de laboureurs à mécaniciens. De plus, le travail est de plus en plus mécanisé et exige moins d'efforts physiques. Nous avons aussi entrepris un travail en profondeur en vue de revoir les salaires. Dans cette optique, nous avions préparé des propositions pour le Pay Research Bureau (PRB), en consultation avec le syndicat qui représente les Agaléens. Nos propositions ont été référées au National Remumeration Board (NRB). Mais, en attendant, depuis octobre dernier, nous avons accordé une extra allowance de Rs 200.

Pourtant, il y a contestation au sujet du tonnage - une lettre des travailleurs
en faisait récemment état ...

Les travailleurs sont payés dans le respect des règlements. Il n'y a aucune manipulation de chiffres, comme l'avancent certains. Les certificats de la Mauritius Shipping Company et de la Cargo Handling Corporation en témoignent. Le tonnage est affiché noir sur blanc. Il y a une chose que je ne comprends pas : les Agaléens se sont donné des représentants - pourquoi leurs doléances ne transitent-elles pas par ces derniers ?

Autre récente critique : la suspension de Louis Régis Mootoo. Qu'avez-vous à dire à ce sujet ?

M. Mootoo n'a pas été suspendu ; il a tout simplement reçu une lettre d'avertissement. En avril dernier, il a incité les travailleurs à ne pas faire le transbordement. J'étais du voyage et il est venu m'informer qu'il était l'initiateur de ce mouvement et m'a parlé de quelques doléances. Il faut savoir que le déplacement du MV Mauritius vers Agalega coûte, au bas mot, Rs 5 M. Que chaque jour que le bateau reste à quai équivaut à Rs 500 000. Et que deux heures d'arrêt de travail reviennent à quelque Rs 100 000. Je pose tout simplement la question : est-ce justifié dans de telles

conditions de faire parvenir une lettre d'avertissement à la personne qui est derrière cet arrêt de travail ?

Qu'en est-il de l'éducation ?

L'île compte 49 enfants dans le préscolaire et le primaire. Ces enfants sont répartis dans deux écoles. L'infrastructure de ces deux unités du préscolaire a été fournie par l'OIDC. Les trois enseignants et leur formation sont payés des fonds de l'OIDC. L'OIDC a aussi initié sur place le projet ZEP ; il m'a fallu bousculer ça et là pour que les choses s'activent dans ce domaine-là.

Permettez-moi une digression : c'est triste à dire, mais j'ai l'impression que pour beaucoup, l'OIDC semble avoir l'entière responsabilité d'Agalega, de tous les aspects de leur vie et qu'en fin de compte, la structure que je préside a bon dos. La police sévit, c'est l'OIDC qui est responsable ! L'éducation des enfants agaléens, c'est aussi la responsabilité de l'OIDC. Et j'en passe !

Ceci dit, revenons à notre sujet. Je me réjouis de la création de classes spéciales le samedi. Quant aux enfants agaléens qui poursuivent leurs études secondaires à Maurice, outre d'être encadrés par une Social Facilitator, ils ont droit à Rs 1 500 par mois, en sus du matériel scolaire et de deux voyages par an vers leur île natale.

Même là, je ne suis pas totalement satisfait. On peut certainement faire mieux et je suis heureux du bon déroulement des négociations avec le ministère de l'Education pour que soit introduit la nine-year schooling, ce qui ouvrirait sur une filière préprofessionnelle. Et ce, en lien avec le développement futur touristique d'Agalega. Si tout va bien, la nine-year schooling sera une réalité d'ici 2008.

J'ai déjà établi des contacts avec l'IVTB et avec une chaîne hôtelière, qui a accepté de former, d'héberger et de pourvoir un pocket money à ceux qui veulent tenter l'aventure dans l'hôtellerie. De même, des contacts ont eu lieu avec Désiré Mallet pour des classes de handicraft. Il s'agit aussi de favoriser l'agriculture. Je suis prêt à frapper aux portes de l'Empowerment Fund, du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) et du NGO Trust Fund pour trouver des sources de financement en vue de mener à bien ces projets.

Le futur s'annonce brillant et intéressant avec le potentiel de développement touristique ; il s'agit de s'y préparer dès maintenant.

Propos recueillis par


Danièle Babooram


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