Dimanche de la mer

Plaidoyer pour les gens de mer

p.11foto1

Le Dimanche de la mer a été célébré le 8 juillet dernier par la traditionnelle messe, qui a eu lieu cette année à l'église St-Matthieu, La Tour-Koenig. La cérémonie a été présidée par le père Jacques-Henri David, qui, lors de son homélie, a rappelé combien la situation des gens de mer laisse aujourd'hui à désirer.

C'est en présence d'une assemblée de fidèles constituée de pêcheurs, de membres de l'Apostolat de la mer, des garde-côtes nationaux, d'autres gens de mer ainsi que de sympathisants que s'est tenue cette messe annuelle à l'intention des gens de mer. L'église St-Matthieu arborait d'ailleurs une décoration en lien avec la célébration.

Le père Jacques-Henri David, aumônier de l'Apostolat de la mer et curé de la paroisse, a rappelé la fragilité des gens de mer, leur manque de ressources et leur ardent besoin de soutien. «Etre solidaire des pêcheurs et de leurs familles, c'est notre mission. Nous savons que nous n'avons pas les solutions à tous les problèmes de la communauté des pêcheurs. Nous n'exprimerons que l'écho de leur vie au cours de cette célébration.»

Parlant des catastrophes dont les gens de mer ont été victimes durant les mois écoulés - disparition des King Fish II et V, grosses houles -, le père David a fait ressortir que «notre solidarité envers les gens de mer ne doit pas être animée que par les émotions au moment des catastrophes. Nous avons à construire une solidarité permanente et soutenue par des structures reconnues par les autorités».

Vulnérabilité des gens de mer

Aujourd'hui encore, «la majorité des marins-pêcheurs sont des gens incompris, que nous regardons avec méfiance et qui sont mal considérés par les autorités locales. Les lois qui règlementent les activités des marins-pêcheurs se sont développées à partir des coutumes. Les institutions chargées de veiller au développement, à leurs conditions de travail et à la défense de leurs droits sont basées à terre. Malheureusement, tous les responsables de ces institutions n'ont

pas une fibre viscérale qui les attache aux gens de la mer. Ceci vient rajouter à cette impression de vulnérabilité chez les marins- pêcheurs», constate le prêtre.

Au lieu d'attendre qu'une catastrophe touche la communauté des gens de mer pour que la population fasse preuve de solidarité, le père David propose une action plus constante. «Il faut des cellules permanentes pour encourager les pêcheurs à s'organiser, à inciter les pêcheurs à avoir accès à la formation, à soutenir les pêcheurs et les marins-pêcheurs pour une meilleure connaissance de leurs droits et leur offrir une assistance juridique et considérer les pêcheurs et leurs familles comme faisant partie intégrante de notre communauté locale en leur offrant la possibilité de participer à nos célébrations liturgiques, un Empowerment Programme qui vise à garantir le bien-être spirituel et matériel et qui assure aussi le respect de leurs droits humains.»

Besoin de sensibilisation

Enfin, parlant de la nouvelle convention sur le travail dans le secteur de la pêche, qui a été adoptée à l'occasion de la 96e conférence annuelle de l'Organisation internationale du travail (OIT), le père David a fait ressortir le besoin de sensibiliser les décideurs sur l'importance de «protéger de manière adéquate les droits des pêcheurs et des travailleurs du secteur de la pêche, en particulier ceux qui pratiquent une pêche de subsistance, artisanale et aux petits métiers, à des conditions de vie sûres et justes». (Code de conduite FAO pour une pêche responsable 6,18).

Cette cérémonie a aussi été marquée par deux temps forts : le last post, en hommage à tous les gens de mer disparus, et une standing ovation, en l'honneur de Jean Vacher, qui quitte la direction de l'Apostolat de la mer. Jusqu'à la nomination officielle du nouveau directeur de l'Apostolat de la mer, c'est la capitaine Wong Chung Toi qui en assurera la suppléance.

Martine Théodore

retour aller