peler qu'il y a sept sacrements, et qu'ils ont tous été institués par le Christ: baptême, confirmation, eucharistie, pénitence, onction des malades, ordre (ordination) et mariage. De par la volonté du Christ, chacun de ces sacrements «contient la grâce qu'il signifie». Ils sont les actes du Christ qui nous sauvent, de sorte que leur efficacité ne dépend pas de la vertu de celui qui les donne : ils produisent la grâce même si celui-ci est en état de péché. Trois sacrements marquent pour toujours ceux qui les reçoivent : le baptême, la confirmation et l'ordre. Cette marque indélébile s'appelle : le «caractère».

Comprenons... Le concile dit que chacun des sacrements «contient la grâce qu'il signifie». Pour donner les sacrements, on se sert de choses de la vie ordinaire : l'eau, le pain, le vin, etc. Or, par elles-mêmes, ces choses sont incapables de produire la grâce du salut. Elles deviennent des sacrements lorsque les paroles du ministre (prêtre ou évêque) leur donnent le sens que le Christ a voulu qu'elles aient pour produire la grâce divine. Ainsi, verser de l'eau sur la tête de quelqu'un est un geste ordinaire. Mais lorsqu'en faisant cela, le ministre dit, comme Jésus l'a commandé à ses Apôtres : «Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit», ces paroles donnent à ce geste sa signification précise. Le Christ lui-même agit alors pour donner à cette personne la grâce du baptême.

Eucharistie

L'Eucharistie. Des sept sacrements énumérés plus haut, le concile porte une attention particulière à l'Eucharistie, car les Réformateurs l'avaient contestée sur bien des points. Il traite de l'Eucharistie sous trois aspects qui sont indissociables : 1o la messe, qui est la célébration eucharistique, 2o la communion au Corps du Christ, et 3o la présence réelle du Christ dans l'Eucharistie.

1o Le sacrifice de la messe. C'est par l'unique sacrifice de la Croix que le Christ a accompli le salut de l'humanité. Il l'a fait en versant son sang «une fois pour toutes» (Heb 7, 27). La messe, dit le concile, rend réellement présent le sacrifice de la Croix, mais de manière non sanglante : «C'est une seule et même victime, c'est le même qui offre maintenant par le ministère des prêtres, qui s'est offert lui-même alors sur la Croix.» A la messe, c'est donc le Christ qui agit par ses ministres, les prêtres. Le concile précise que, même s'ils ne peuvent rendre présent le sacrifice - seuls les prêtres peuvent le faire -, les fidèles doivent s'unir à l'offrande que le Christ fait de lui-même.

2o La communion au Corps du Christ. Le Christ a institué l'Eucharistie pour être un vrai repas de participation à son sacrifice. Les fruits de ce sacrifice sont recueillis par tous, et non pas seulement par «ceux qui reçoivent le Christ» (dans la communion). Le soir du Jeudi saint, le Christ s'est offert à son Père et a donné l'ordre à ses Apôtres d'offrir ce sacrifice : «Faites ceci en mémoire de moi» (Luc 22, 19). Il a ainsi fait d'eux les prêtres de la Nouvelle Alliance. L'eucharistie et le sacerdoce sont donc intimement liés.

3o Le Christ présent dans l'Eucharistie. Le concile réaffirme la foi constante de l'Église

qu'en raison de l'union du Verbe à notre nature humaine, le Christ est tout entier présent, «avec son âme et sa divinité», sous chacune des espèces du pain et du vin consacrés, et sous chacune de leurs parties. Cette présence est réelle, même en dehors de la messe et de la communion (dans le tabernacle de nos églises, par exemple). Elle mérite donc respect et adoration.

Au moment de la Consécration

L'Eucharistie est le mystère de la foi par excellence puisqu'elle se rattache à la passion, à la mort et à la résurrection du Seigneur. A la communion, le prêtre nous présente l'hostie en nous disant que c'est le Corps du Christ. Nous répondons : «Amen», reconnaissant que ce petit morceau de pain a été réellement changé pour devenir le Corps du Seigneur. Ce changement se fait au moment de la consécration, lorsque le prêtre, qui tient la place du Christ, prononce les paroles de Jésus lui-même: «Ceci est mon Corps».

Pour désigner ce changement mystérieux, le concile de Trente reprend l'expression déjà utilisée par le IVe concile du Latran, en 1215 : la «transsubstantiation». Ce mot ne s'emploie que lorsqu'on parle de l'Eucharistie, et l'on peut facilement comprendre ce qu'il signifie. Ainsi, prenons l'exemple d'une table en bois. Selon qu'elle est vernie, cirée ou peinte - en bleu, en rouge ou en jaune -, son apparence changera. Mais la table elle-même ne change pas, elle est toujours en bois. Le bois dont elle est faite, c'est ce qu'on appelle sa «substance», qui ne change pas. Telle est notre expérience ordinaire des choses.

Mais l'Eucharistie n'est pas chose ordinaire. Ici, c'est l'inverse qui se produit : l'apparence ne change pas, c'est la substance qui change. Avant le moment de la consécration, la substance du pain, c'est la farine dont il est fait, et son apparence est blanche ; la substance du vin, c'est le jus de raisin fermenté, et son apparence et son goût sont ceux du vin. Au moment de la consécration - contrairement à l'exemple de la table -, l'apparence du pain et du vin ne change pas: couleurs et goûts restent les mêmes. Mais leurs substances, elles, changent. Elles changent par la puissance des paroles du Christ que le prêtre dit en son nom : «Ceci est mon Corps... Ceci est mon Sang» - n'oublions pas que c'est toujours le Christ qui agit dans les sacrements. Dès lors, ce n'est plus du pain, c'est le Corps du Christ livré pour nous ; ce n'est plus du vin, c'est le Sang du Christ versé pour nous. C'est pourquoi, dit le concile, le mot «transsubstantiation» convient parfaitement pour désigner ce changement, la substance du pain étant devenue le Corps du Christ, et la substance du vin étant devenue le Sang du Christ.

Jean-Claude Alleaume

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