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Les principaux conciles

qui ont défini la foi de l'Église (III)

* LE CONCILE DE TRENTE : la Rédemption, la messe et les sacrements

Le soir du Jeudi-saint, Jésus avait prié le Père pour ses Apôtres : «Je ne te prie pas de les retirer du monde, mais de les garder du Mauvais» (Jn 17, 15). Insérée dans la société, l'Église en subit fatalement les influences, bonnes ou mauvaises. A elle de se prémunir contre les mauvaises. Elle n'y est pas toujours parvenue, hélas ! Ainsi, durant le XVe siècle, sa hiérarchie avait succombé à l'attrait de l'art, du luxe et du plaisir, que véhiculait un puissant mouvement culturel s'inspirant de la littérature et des mœurs païennes de l'antiquité : la Renaissance. Au début du XVIe siècle, l'Église avait donc un urgent besoin de réforme.

Le 31 octobre 1517, le moine Martin Luther afficha ses «95 thèses» (ou opinions) à la porte de la chapelle du château de Wittenberg, en Allemagne. Il y contestait l'autorité du pape et affirmait, entre autres choses, que la nature humaine ayant été, selon lui, totalement corrompue par le péché d'Adam, l'homme est incapable de faire le bien et de plaire à Dieu. A Rome, on s'inquiéta. Luther fut invité à s'expliquer, mais il s'obstina. Et ce fut la rupture, le schisme. D'autres allaient suivre : en France, notamment avec Jean Calvin, et en Suisse, avec Ulrich Zwingli. On les a appelés : les Réformateurs.

Le XIXe concile œcuménique s'ouvrit à Trente, en Italie, le 13 décembre 1545. Il se donna pour tâche de préciser le dogme catholique face aux Réformateurs et d'entreprendre la profonde réforme dont l'Église avait besoin. Il s'acheva en décembre 1563 et produisit une œuvre d'une grande richesse doctrinale.

Les sources de la foi

Les sources de la foi. La première chose dont s'occupa le concile de Trente fut de préciser les sources de la foi car, sur bien des points, les Réformateurs les avaient remises en question. Le concile définissait que les sources de la foi sont toujours : l'Écriture sainte et la Tradition. Il fixa le «canon» des Écritures, c'est-à-dire la liste des livres qui constituent la Parole de Dieu révélée, la Bible. Pour ce qui est de la Tradition, excluant expressément ce qu'il appelait les «traditions extérieures» (rites, coutumes, etc.), le concile précisait que l'Église n'entend par Tradition que l'enseignement concernant la foi et les mœurs, tel qu'il a été transmis dans l'Église depuis le temps des Apôtres.

La sanctification des fidèles

La sanctification des fidèles. Le concile se prononça ensuite sur la sanctification des fidèles dans le Christ - la «justification» - et les conséquences du péché originel. Citant saint Paul (Rom 5, 12), il affirma que, par son péché, Adam a perdu la sainteté et la justice dans lesquelles le Créateur l'avait établi. De sorte que la nature humaine qu'il a transmise à ses descendants a réellement été blessée, mais non pas totalement corrompue comme le pensait Luther. Jésus-Christ nous a réconciliés avec Dieu dans son sang, et la «justification» qu'il a ainsi méritée nous est donnée par le baptême (cf. Gal 3, 27). Le baptême nous lave du péché originel, mais non pas de la «concupiscence», qui est l'attrait du péché (et qu'il ne faut pas identifier au péché lui-même comme le faisait Luther). «Laissée pour nos combats, dit le concile, elle n'est pas capable de nuire à ceux qui, n'y consentant pas, résistent avec courage par la grâce du Christ.»

La grâce sanctifiante

La grâce sanctifiante. Le concile de Trente s'appliqua ensuite à définir la nature de la grâce que Dieu donne en Jésus-Christ. Selon les Réformateurs, la grâce signifierait seulement que Dieu «n'impute pas» ses péchés à quelqu'un, en raison de sa foi. C'était faire de la grâce quelque chose de purement extérieur à la personne. Le concile affirme, au contraire, que par la grâce qui vient de la Rédemption, l'homme est réellement changé au plus profond de lui-même : il est sanctifié, établi dans l'amitié de Dieu. Don gratuit, la grâce élève l'homme au-dessus de sa nature (elle est un don surnaturel). Par une «nouvelle naissance» (cf. Jn 3, 3), il participe à la vie divine et l'Esprit-Saint habite en lui. La grâce est absolument nécessaire au salut, et chacun reçoit la grâce suffisante pour observer les commandements ; mais il doit l'accueillir et coopérer librement avec elle pour se préparer à la justification.

Les sacrements

Les sacrements. Le concile se prononça ensuite sur les sacrements. Il commença par rap

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