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Liberté et responsabilités

Quelques années de cela, l'Eglise a introduit, dans ses
collèges, un programme d'initiation aux médias. Initiative plus qu'intéressante visant à permettre à nos collégiens, dès leur plus jeune âge, de comprendre l'influence des médias.

Effectivement, la médiatisation de certains événements a changé notre manière de regarder le monde. Ainsi, nous avons été récemment témoins, à Maurice, d'une émulation de la Gay Pride européenne. Une telle médiatisation se voulait au départ occasion de faire comprendre que l'homosexualité est une réalité avec laquelle il faut composer à Maurice et que toute forme d'homophobie était condamnable. Une démarche somme toute raisonnable, car il est impensable qu'au XXIe siècle, on puisse traiter les homosexuels comme des pestiférés.

Cependant, la question demeure : la récente Gay Pride a-t-elle permis d'atteindre ce but ? En privé, certains homosexuels disent ne pas se reconnaître en cette marche, critiquant son côté folklorique et caricatural. D'autres personnes, ouvertes sur cette question d'homosexualité, ont trouvé indécent cet «étalage»... Certains, intolérants dès le départ, le sont devenus encore plus !

Ainsi, bien que plusieurs affirment l'inexistence de normes quant à la sexualité, l'on ne peut demeurer insensible à la présence d'enfants lors de la manifestation de Rose-Hill. Alors qu'il est déjà difficile d'aborder, avec tact, la question de la sexualité avec des enfants, comment donc leur expliquer l'homosexualité ?

Il est d'autant plus malheureux, comme le dénoncent enseignants et travailleurs sociaux, que certains médias ont contribué à banaliser l'homosexualité. Certains jeunes, plus vulnérables que d'autres, perdent ainsi complètement leurs repères. Il en est de même, d'ailleurs, du problème de la

consommation de gandia à Maurice. Ainsi, il est dommage que certains Opinion Leaders, au demeurant très crédibles, présentent cette drogue comme inoffensive.

Nous constatons ainsi à quel point notre civilisation se caractérise par une recherche maximale de liberté, où l'individualisme est poussé à l'extrême. Les principes éthiques sont en même temps gommés. Les «débordements» actuels de nos jeunes, par rapport à la sexualité, nous rappellent Mai-68 : il est interdit d'interdire.

Face à cette mutation culturelle et la médiatisation mondialisée des manières de penser et de courants d'opinions, l'Eglise se doit de se réinventer dans ce nouveau contexte social. Elle ne doit pas occulter les problèmes. Nous avons besoin d'une Eglise qui nous pousse à nous interroger sur le sens de la vie et les questions primordiales concernant l'être humain.

De plus en plus, certains médias exercent une forme de terrorisme intellectuel sur nos esprits, nous empêchant de discerner, de think out of the box. La mission évangélisatrice de l'Eglise est justement d'éveiller notre conscience personnelle tout en évitant de nous enfermer dans le dogmatisme. Nous pensons ici à ces grands enjeux de société tels que l'avortement, l'euthanasie et la peine capitale.

Ainsi, dans l'Evangile, quand Jésus s'exprime en paraboles, c'est pour mieux interpeller notre conscience et nous donner le choix de voir où réside la vérité. Aujourd'hui, pour pouvoir assouvir nos pulsions matérialistes, nous nous sommes débarrassés de notre conscience. De plus, nous sommes tellement obsédés par l'idée d'être libres que nous avons oublié que liberté rime avec responsabilité. Et nous avons beaucoup perdu de notre humanité.

Erick Brelu-Brelu


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