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Admission en Std I


La longue attente...

Il est six heures du matin. L'air est glacial. Devant le portail encore fermé de l'école Notre-Dame-de-Lourdes attendent deux parents venus admettre leurs enfants dans cette école de la RCEA. Or, ce n'est qu'à 9h30 que débutera l'exercice d'enregistrement.

Notre-Dame-de-Lourdes, Philippe Rivalland, Notre-Dame-de-Lorette, Bon Secours... Liste des écoles primaires catholiques qui, depuis plusieurs années, voient presque chaque matin, durant la période d'inscription pour l'admission en Std I, une foule de parents qui se postent au portail aux petites heures du matin est longue.

«Je viens ici pour réserver une place. Plus tard, je vais devoir aller prendre mon travail et c'est ma femme qui, après avoir envoyé les enfants à l'école, viendra me relayer ici», raconte un père de famille. Cet habitant de Mont-Roches a choisi d'inscrire son enfant à Notre-Dame-de-Lourdes pour «la qualité de l'éducation proposée».

«Ma femme a très envie que notre fils puisse intégrer cette école.»«Ma femme est passée dans le coin la veille et elle a vu une foule de gens qui attendait. On lui a alors dit qu'il fallait venir tôt le matin pour être certain d'avoir un ticket. Voilà pourquoi je suis là ce matin», poursuit-il.

Judith, mère de deux enfants dont l'aîné est en troisième à Notre-Dame-de-Lourdes, fait aussi le guet devant le portail de l'école. «Je suis debout depuis quatre heures du matin», raconte-t-elle. «Avant de venir ici, j'ai préparé le repas des enfants pour qu'ils puissent aller à l'école. Après avoir inscrit mon enfant ici, je dois aller prendre mon travail. Il n'est pas évident d'avoir un jour de congé.»

Judith ne jure que par l'éducation catholique. «Mon fils aîné n'avait pu trouver de place dans une école catholique. Il a donc été admis dans une école du gouvernement.

Je me suis coupée en quatre afin qu'il soit transféré.» Depuis que son fils est dans une école de la RCEA, Judith est beaucoup plus sereine. «Je vois la différence. L'approche des enseignants et du personnel est autre. L'attention accordée à l'enfant est autre. C'est aussi un vrai plaisir pour moi que de voir que mon fils a une éducation chrétienne. Il fait sa prière, chante des chants religieux, etc.» Il n'y avait donc pas de doute : le second doit aussi fréquenter une école catholique.

Jacques, planton, a la responsabilité d'ouvrir le portail de l'école chaque matin. Du coup, il est aussi le premier à accueillir ces parents qui sont déjà en poste avant même son arrivée sur son lieu de travail. «C'est chaque fois la même chose», raconte-t-il.

Avis que partagent quelques responsables d'écoles interrogés. «Bien souvent, quand nous arrivons, il y a une foule de personnes qui attend déjà», raconte une maîtresse d'école. Aussi, afin d'éviter toute attente inutile, vingt-cinq tickets sont distribués. C'est le nombre de dossiers traités par jour. Les autres parents sont invités à se présenter de nouveau le jour suivant. «Certains parents comprennent et s'en vont. D'autres préfèrent rester et tenter leur chance.»

«Il y a beaucoup de parents qui ne comprennent pas le principe des admissions», nous explique une ancienne maîtresse d'école. «Beaucoup croient que le fait d'arriver en premier augmente la chance que leur enfant ait une place dans l'école concernée.» Or, rien de plus faux. Il y a des critères qui régissent les admissions et le respect de la Catchment Area est en tête de liste.

«D'autres, poursuit l'ancienne maîtresse d'école, font face à des contraintes professionnelles. Il n'est pas facile de nous libérer deux jours de suite pour les besoins de l'admission. Donc, certains préfèrent venir tôt afin d'être certains d'être parmi les premiers à passer.»

Un fait demeure : les écoles primaires catholiques reçoivent généralement trois fois plus de demandes que de places disponibles.

Martine Théodore

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