p.5foto1

ONG

EVA : se régionaliser
pour mieux éduquer

Afin d'être accessible à un plus grand nombre de Mauriciens, plus particulièrement ceux des localités éloignées de Rose-Hill, le centre Education à la vie et à l'amour (Eva) décentralise ses activités. Désormais, la formation sera régionale. Une première équipe a été lancée à Mahébourg le dimanche 24 juin. Ce projet est entièrement parrainé par la Mauritius Commercial Bank (MCB).

L'excitation est palpable dans la voix de Roseline Cassette, responsable d'Eva, quand elle parle de la régionalisation de la formation que propose le centre. Conscient qu'il n'est pas simple pour tout le monde de profiter des cours du centre, à Rose-Hill, voilà que le centre Eva va vers les gens là où ils habitent. «Nous avons des gens en région qui ont bénéficié de la formation et qui ont envie de transmettre ce qu'ils ont reçu mais, faute de moyens, ils ne pouvaient pas le faire», raconte notre interlocutrice.

Aujourd'hui grâce à la solidarité de la MCB, qui finance la totalité du projet, Eva pourra entreprendre des formations dans diverses régions de l'île. L'objectif : que chaque région puisse avoir une petite équipe autonome qui pourra assurer des formations dans leur localité. «Ces équipes pourront ainsi intervenir au niveau des Groupes 40, des CPM, des écoles. Elles seront autonomes, tout en gardant un pied dans le centre à Rose-Hill, où elles auront accès à d'autres formations.»

Pour Stéphane Ross, du département de Corporate Social Responsibility de la MCB, c'est la spécificité d'Eva qui a incité sa compagnie à offrir son soutien. «Eva est l'unique organisme à donner une formation dans ce sens et qui sort de son centre pour aller vers les gens. Notre département tient à tout ce qui touche à la formation, aux jeunes, etc. Nous tenons à y participer activement et pas uniquement financièrement.»

La formation qui a débuté à Mahébourg dimanche dernier s'échelonnera sur dix semaines et sera assurée par Roseline Casset et Rolande de St-Pern. De cette première rencontre, Roseline Casset dit noter «avec beaucoup de joie» qu'il y a quelques personnes qui s'y sont rendues en couple. «C'est extraordinaire. Ils sont là de très bons modèles et le fait de suivre ensemble cette formation ne peut que consolider leur couple.» Ils sont actuellement une trentaine à suivre la formation.

Après le Sud, ce sera au tour des habitants de l'Ouest de bénéficier de ces formations. «Nous invitons tous ceux intéressés à en profiter», déclare Roseline Casset, tout en précisant que la formation est ouverte à tous, indépendamment de leur niveau académique, de leur milieu, etc.

Line

Mosadec Sahebdin, porte-parole de l'ICP :


«Voter une loi
et l'appliquer sont
deux choses différentes»

Les prix ne cessent de monter en flèche, et ce, au grand désespoir des consommateurs. Après les barres de fer, c'est aujourd'hui au tour du prix du lait de prendre l'ascenseur. Le point avec Mosadec Sahebdin, de l'Institut pour la protection des consommateurs (ICP).

Quels sont les derniers produits à avoir subi une hausse de prix ?

Le lait en poudre est passé de Rs 135 à Rs 146 le kilo. Pau avant, le prix de dentifrice est passé de Rs 37 à Rs 40. Le problème est que le lait occupe aujourd'hui une place importante dans le panier de la ménagère. Alors qu'en janvier dernier, une famille dépensait en moyenne Rs 2 900 pour ses courses, cette même famille dépense, en juin, aux alentours de Rs 3 500.

Comment expliquer cela ?

Pour le lait, il semble que l'offre ne puisse satisfaire la demande. La sécheresse en Australie a causé une baisse de la production laitière, avec une augmentation du prix du lait australien sur le marché mondial. D'autres pays, comme l'Uruguay et l'Argentine, suivent aussi la tendance et augmentent le prix de leur lait. Quant à l'Inde, elle a cessé d'exporter son lait et ne produit que pour sa propre consommation.

Et quid du pouvoir d'achat
du consommateur ?

Le pouvoir d'achat diminue et c'est le consommateur se trouvant au bas de l'échelle qui souffre le plus.

Que peut-on faire pour améliorer la situation ?

A Maurice, il y a seulement une dizaine de produits dont le prix est contrôlé. Alors que la libéralisation des prix aurait dû jouer en faveur du consommateur, on découvre qu'il y a une pratique anticoncurrentielle. J'estime qu'il y a connivence sur certains produits, comme le fromage. Il y a abus de position dominante.

Nous demandons un contrôle des prix des produits de base, et ce en dépit de la tendance mondiale en faveur de la libéralisation des prix. Comme l'a si bien dit le Pr Roland Lamusse : «Il n'est pas interdit qu'il y ait un contrôle de prix sur certains produits, même si nous sommes dans la libéralisation.»

Nous nous attendions à ce que, dans le dernier Budget, le gouvernement détermine le minimum vital des familles mauriciennes - le salaire minimum qui pourrait permettre à une famille de vivre décemment. Or, rien n'a été fait. Et en l'absence de cela, nous ne pouvons déterminer le seuil de pauvreté à Maurice. Nous nous attendions également à une loi assurant une concurrence saine en faveur du consommateur. Mais voter une loi et l'appliquer sont deux choses distinctes.

retour