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Echanges Maurice/Zambie


Burwing revient grandi de la terre zambienne

Un sourire illumine le visage de Burwing Caëtan, élève de Form V au collège Père-Laval, Sainte-Croix, quand on lui parle de la Zambie. Ses poèmes, évoquant les divers fléaux de l'île Maurice, lui ont ouvert les horizons sur cette terre d'Afrique. Expérience fort positive à plus d'un titre.

Cela a été une chance inouïe pour Burwing quand il apprend qu'il s'est classé parmi les six élèves mauriciens sélectionnés par le British Council en mars dernier pour un échange culturel en Zambie, du 28 avril au 5 mai derniers. Quarante participants de cinq pays - la Zambie, l'Afrique du Sud, l'Angleterre, le Zimbabwe et l'île Maurice ­ ont participé à divers ateliers artistiques. Ils étaient tous âgés entre 13 et 21 ans. De fructueux échanges ont été au centre des rencontres.

Faisant son baptême de l'air, ce voyage en terre africaine était plus qu'excitant pour Burwing. De plus, il n'avait aucun souci à se faire : en plus des démarches du British Council, tout était également pris en charge : billets d'avion, hôtel et argent de poche, entre autres. Quand Burwing foule le sol zambien, il ne croyait pas un seul instant que c'était du réel.

Conte de fées

Poussé à envoyer sa candidature par la rectrice de son collège, Marie-Claire Monty, Burwing se croyait presque dans un conte de fée quand il apprend avoir été sélectionné. C'était plus qu'un rêve. Mais, sa rectrice misait beaucoup sur lui. Elle maintient qu'elle croyait fermement que Burwing avait tout le potentiel pour aller loin. Ce dernier l'entend encore lui dire : «Boy, believe in yourself!» Et elle n'avait pas tort.

La grande fête

A l'International Continental Lusaka Hotel, au centre de Lusaka, la capitale, c'est la grande fête. Au programme : poésie, pièces de théâtre, danses et chants. Tour à tour, Burwing a eu la chance d'apprécier les belles danses sud-africaines; une

pièce de théâtre remémorant les ancêtres zimbabwéens; une autre pièce de théâtre de la part des Anglais évoquant le racisme et le mal qui en découle; une poésie évoquant la maltraitance des enfants, ceux non-scolarisés et les enfants sans avenir. Outre de partager ses poèmes, Burwing et ses amis mauriciens ont initié les autres au séga et les ont invités à chanter en créole. C'était aussi l'occasion pour chacun de parler de sa terre d'origine et de ce qui compose sa richesse culturelle.

Cette semaine pas comme les autres passée en Zambie a surtout permis à Burwing de voir la vie autrement. Adieu les préjugés. Là-bas, il a appris à connaître d'abord une personne avant de se faire des idées. De plus, il a eu l'occasion de rencontrer et de mieux faire connaissance avec des enfants de rue et des orphelins de parents victimes du sida. Burwing s'est dit très touché jusqu'au point d'avoir eu un regard empathique sur toutes ces souffrances qu'il a découvertes pour la première fois de sa vie. «Ils ont chanté, ils ont pleuré et nous ont raconté leur vie, leurs peines et comment ils grandissent sans leurs familles... Je n'ai pu rester insensible devant cette grande misère.»

Il se dit également émerveillé de la faune zambienne. Il n'en croyait pas ses yeux lorsqu'il voyait défiler devant lui plusieurs bêtes sauvages - éléphants, lions, girafes et zèbres. De plus, il se dit surpris devant les nombreuses églises du pays. «En plus, elles sont grandes.» Burwing se dit aussi impressionné par l'hospitalité et la simplicité des Zambiens.

Comme ses amis, Burwing est retourné sur sa terre natale avec un agenda bien rempli. Désormais, il a tout plein d'amis de par le monde. Son vocabulaire s'est enrichi. Il a appris quelques mots des diverses langues qu'il a côtoyées. Et par dessus tout, il reconnaît qu'il a pu se défendre en anglais. «Je me sens plus confiant dans mes études pour la langue anglaise, car j'ai pu au moins me débrouiller seul.»

Entre-temps, Burwing trépigne d'impatience de revoir ses amis.

Sandra Potié

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