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Olivier Saint-Paul


La force tranquille au service des autres

Infirmier de formation, Olivier Saint-Paul exerce comme infirmier éducateur pour la prévention du VIH/sida et des infections sexuellement transmissibles (IST). Aimant la proximité avec les gens, il y a trouvé sa vocation et accomplit son travail avec passion. Cet engagement profond au service des autres découlerait, selon lui, de l'encadrement familial qu'il a eu. Marié, il reçoit aussi l'encouragement de sa femme, Patricia, qui le soutient et le motive.

Aîné d'une famille de trois enfants, c'est inspiré par des modèles d'engagement autour de lui qu'Olivier commence à donner de son temps aux autres. Engagé dans un premier temps, alors qu'il n'avait que 8 ans, dans la commission liturgique de la paroisse de Ste-Croix, il a par la suite intégré divers autres services paroissiaux pendant son adolescence. Le fait de changer de paroisse plusieurs fois n'a rien entamé de son ardeur de se mettre au service des autres. D'un naturel très ouvert, il n'a pas eu de mal à s'adapter aux différentes situations qui se sont présentées à lui.

Vocation

Fort de cet amour pour les autres, il a pensé à l'enseignement, mais c'est être infirmier qu'il choisit lorsqu'un appel à candidatures s'est présenté à lui. «Quand j'ai fait ma formation, j'ai senti comme un appel. J'ai senti que ma place était là, ce métier m'offrant plus de contact avec les gens. Je me sens bien dans ma peau, dans ce que je fais.» Avec courage, amour et patience, il a accompagné des mourants en salle de radiothérapie pour les cancéreux, des patients ayant subi une amputation due à des complications liées au diabète et ceux dans le coma suite à une thrombose cérébrale.

C'est en donnant que l'on reçoit, dit-on, et ce n'est pas Olivier qui avancera le contraire. «En partageant une tranche de leur vie, j'ai retiré une grande joie en les aidant à mieux s'en tirer, en leur apportant un peu de réconfort par un sourire, des mots et des gestes simples.» Pour lui, il est primordial de savoir saisir les opportunités et tirer profit des expériences, sentir ce que l'on peut apporter de plus dans sa vie et la vie des autres et apporter sa contribution là où on en a le plus besoin. Voir l'émotion des patients qui se remettent debout petit à petit est une grande joie pour lui. Il sent alors qu'il a accompli avec brio sa mission.

Dévouement

Attaché à la AIDS Unit du ministère de la Santé, il a parcouru toute l'île et visité les différents quartiers et région du pays. Il a appris à connaître la misère et la souffrance des gens, particulièrement ceux des jeunes du Rehabilitation Youth Centre (RYC) et du Correctional Youth Centre (CYC).

De ces rencontres, il a appris une chose : «J'ai senti qu'il y avait un besoin de mieux informer et responsabiliser la population.» Ce travail plus terre à terre avec les différentes composantes de la communauté lui a permis de mieux cerner les problèmes réels des gens dans une société dite moderne.

Sur son chemin, il a croisé des mères-célibataires rejetées par leurs parents ou leurs petits copains ayant refusé d'assumer leurs responsabilités, des toxicomanes, des enfants de rue, des sniffeurs de colle, des prostituées... Mais, pas un moment a-t-il voulu abandonner son travail. Bien au contraire, il a voulu les aider à s'en sortir. «Quand les patients font appel à moi, je sens qu'ils me font confiance. Ceci n'est pas acquis entre tout patient et son soignant.»

Bien que la situation sur le terrain soit dure, Olivier Saint-Paul ne désarme pas un seul instant. Il considère que c'est le fait d'avoir eu très tôt le désir de travailler avec les autres et les encouragements qu'il a eus de ses parents, et aujourd'hui de son épouse, qui le motivent chaque jour. «Pour qu'un jeune puisse prendre un engagement à long terme, l'encouragement des proches est essentiel. Grâce à mes parents et grands-parents, j'ai été imprégné de cet amour du prochain. Cela est resté et il est inconcevable pour moi aujourd'hui de res lebra krwaze». Il est d'avis que «l'engagement se vit aussi en couple et que c'est à travers son rayonnement qu'on peut interpeller les autres». Enseignante, sa femme est aussi engagée dans le social.

Charisme

Olivier considère également la famille comme le noyau de la société où naissent les vocations. «La famille est le moule qui va forger la personnalité et le charisme d'un futur volontaire. Si la famille elle-même n'est pas imprégnée d'une culture de service, d'amour, de solidarité et de dévotion envers les autres, cela laisse la place à l'égocentrisme», lâche-t-il.

Pour lui, son engagement a été un cheminement pour mieux apprendre à se connaître et découvrir son potentiel. Grâce à cela, il a pu s'affirmer et apporter sa contribution là où le besoin se faisait sentir. Cela lui a inculqué des valeurs comme la discipline, le savoir-vivre et avoir un bon code de conduite qui l'aident à vivre pleinement et sainement sa vie. Il a aussi acquis le sens du leadership. «Je pense que c'est ce qu'on appelle mettre tout en œuvre pour réussir sa vie», dit-il simplement. Membre de différentes organisations, il a exercé diverses fonctions : secrétaire, responsable de la communication, vice-président... Olivier Saint-Paul a également été membre du Leo Club de Port-Louis.

C'est ainsi qu'Olivier n'a pas le sentiment d'avoir perdu son temps durant les sept années où il a exercé son métier et le temps qu'il a consacré au travail social. «Cela a raffermi ma foi dans l'humanité. J'ai le sentiment que chaque être humain, chaque individu a une mission propre et qu'il peut faire quelque chose de bien pour sa famille, son quartier et la société. Mon travail m'a permis de voir que chaque personne, malgré ses défauts, malgré ses erreurs passées, a une part de bonté en elle.» Reprenant la devise de l'ONG Saphire, il ajoute que «chaque personne est une pierre précieuse qui reste à être découverte».

Jean-Marie St-Cyr

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