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St-Enfant-Jésus-RCA


Une centenaire qui n'a pas pris de rides

La cérémonie officielle marquant les 100 ans de l'école St-Enfant-Jésus-RCA a eu lieu le mercredi 13 juin. Parmi les invités : Mgr Maurice E.Piat, évêque de Port-Louis ; Dharam Gokhool, ministre de l'Education ; et des responsables du Bureau de l'éducation catholique (BEC). Les élèves et le personnel de l'établissement avaient concocté
un programme mettant en valeur les talents de chacun pour le chant, la danse, le mime... Marise Betsey, la maîtresse d'école, a également profité de l'occasion pour présenter son projet de salle informatique tout en demandant le soutien du BEC et du ministère
de l'Education.

Gérard Sullivan, ex-élève et aujourd'hui manager de l'établissement : «Le Fr Alexis m'a beaucoup marqué et cela même si je n'ai passé qu'une année à l'école. Il a été un grand enseignant et il m'a marqué toute ma vie. J'étais un élève qui avait beaucoup de problèmes de santé. J'avais du mal à travailler à l'école. En une année, cet homme, qui avait pourtant une réputation terrible, m'a mis debout. Je suis sorti deuxième au niveau national à l'examen de la petite bourse.»

Mademoiselle Elsy Assy («Miss Sisi»), ancienne maîtresse d'école : «C'est ici que j'ai passé les dernières années de ma carrière. Que de beaux souvenirs. Chacun avait apporté sa contribution à l'école. J'ai eu la chance de travailler avec des personnes merveilleuses. Les parents aussi étaient des personnes exceptionnelles. On pouvait tout le temps compter sur eux. Aujourd'hui, je suis émerveillée de voir comment les choses se sont améliorées à l'école.»

Suzette Damoo, maîtresse d'école de 1978 à 1986 : «C'est à l'école St-Enfant-Jésus que j'ai découvert ma vocation d'enseignante. Ici, c'était extraordinaire. On vivait comme en famille. Même si nos enfants venaient de Stanley, Plaisance, etc, nous n'avons jamais eu de problème, ni avec les élèves, ni avec leurs parents. Nos élèves étaient disciplinés. Dommage cependant qu'aujourd'hui les valeurs disparaissent. Je souhaite que nos jeunes puissent prendre conscience de la valeur de la famille, de la société pour que le pays puisse progresser comme il se doit.»

Jayen Cuttaree, député et ancien ministre : «Je suis issu d'un quartier défavorisé. Mais parents étaient pauvres, mais accordaient énormément d'importance à l'éducation, d'où mon admission à l'école St-Enfant-Jésus-RCA. J'ai eu la chance d'avoir la petite bourse et cela grâce au Fr Alexis, qui m'avait pris sous son aile. Certes, il me tapait dessus, mais il me donnait aussi des leçons particulières gratuites. Je me souviendrai toujours de ce qu'il m'a dit au lendemain des résultats de la petite bourse: «Si je t'ai tapé dessus, je l'ai fait pour toi. Je savais que tu avais le potentiel.» C'est ici, dans cette école, que tout a commencé pour moi.»

Claude Fanchette, ancien enseignant au collège Saint-Mary's : «J'ai moi aussi été élève ici. C'est le terrain où je me suis formé. J'ai moi aussi été élève du Fr Alexis, mais j'ai aussi connu le Fr Louis. C'est un homme dont la bonté se reflétait sur le visage. J'ai appris à être éducateur à travers le sens de discipline du Fr Alexis. D'ailleurs, aujourd'hui à 78 ans, je continue à enseigner. A l'école, les Frères ne favorisaient pas que l'intellect, mais aussi le sport.»

Cyrille Nallétamby (élève de 1931 à 1937) : «A l'occasion des 25 ans de l'école, j'étais en seconde. C'est quelque part le fait d'avoir côtoyé les frères, plus particulièrement le Fr Louis, que j'ai plus tard eu envie d'être religieux. A l'école, nous vivions dans une ambiance familiale.»

Etienne Sinatambou : «Je n'ai fait qu'une année ici et j'ai beaucoup pleuré quand m'a mère m'a transféré à l'école N-Dame-des-Victoires, établissement que fréquentait mon frère. Aux enfants d'aujourd'hui, je dois leur dire d'aimer leurs enseignants. J'ai personnellement beaucoup été marqué par mes années au primaire. C'est là qu'on apprend à partager, à avoir une approche charitable envers la vie. Je félicite tous ceux qui ont fait de l'école ce qu'elle est aujourd'hui.»

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