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Patrimoine à sauvegarder


La cathédrale fait peau neuve

La cathédrale Saint-Louis, monument historique au cœur de la capitale, connaît, depuis février 2007, d'importantes et coûteuses réparations. Initialement estimées à Rs 6,5 M, d'autres travaux de rénovation se sont greffés sur le projet, ce qui ramène le coût total autour de Rs 14 M. Visite guidée avec Jameson Wong, responsable des travaux du chantier.

La cathédrale Saint-Louis n'a pas connu de restauration depuis 1935. Aujourd'hui, le bâtiment demande d'importantes rénovations, tant au niveau de la toiture qu'à l'intérieur. Divers travaux plus qu'essentiels afin de sauvegarder ce patrimoine. L'an dernier, durant la Semaine du patrimoine, le ministère du Tourisme l'a proposé comme un des sites de Port-Louis à visiter. D'où le souhait de Mgr Maurice E. Piat «que ce joyau du patrimoine mauricien soit préservé et remis en valeur pour le bonheur de tous les citadins». Un sous-comité, sous la direction des membres de la Fabrique de la paroisse et de Jean-Paul Adam (ancien directeur de General Construction) comme consultant, s'est penché sur les divers aspects du chantier. La fin des travaux est prévue pour le 15 juillet prochain.

A ce jour, plus de 90% de toute la couverture de la toiture en tôle couvrant une superficie de 1 700 m2 a été refaite. Au fur et à mesure des travaux, d'autres tâches d'étanchéité ont été ajoutées. Des gouttières fêlées ont été découvertes ainsi que plusieurs pans de poteaux pourris. Ce qui nécessitait, à chaque fois, une nouvelle vérification et un remplacement de bois. Pour protéger le bois, un traitement antitermite (termites volants) est appliqué avant de replacer la tôle. Ce traitement sera aussi étendu dans les fondations de la cathédrale (autour de l'extérieur du bâtiment) aussi bien que sur toutes les boiseries de l'église. Et ce afin d'éviter le va-et-vient des termites souterraines. De plus, les joints en ciment tout autour du bâtiment vont être refaits afin d'empêcher l'infiltration de l'eau de pluie. Le crépissage des balustrades extérieures, abîmées, sera aussi de mise.

Travaux importants

A l'intérieur de l'église, les panneaux de bois abîmés du faux-plafond supérieur seront remplacés par les bons panneaux retirés de la partie inférieure de l'église. Car cette dernière sera entièrement refaite de PVC de couleur blanche. De plus, les panneaux muraux, en bois foncé, ont été grattés et polis afin de laisser respirer le bois et lui redonner sa couleur originale, sa vraie valeur. Les colonnes et les architraves des fenêtres, jadis recouvertes de peinture, auront désormais un «look» à l'aspect en pierre. Les bancs, craqués et fêlés, ont été recollés et revissés. De plus, ils ont été grattés et enduits d'un traitement de silicone, imperméable à la transpiration et à l'humidité, rendant ainsi visible la couleur naturelle du teck. Désormais, les bancs sont plus faciles à l'entretien. Sur la première rangée, la vannerie des bancs est actuellement refaite. Les stalles se trouvant derrière la chaire seront supprimées, parce que trop abîmées par les termites.

Des fenêtres en fer galvanisé remplacent celles en bois complètement pourries. L'installation a eu lieu depuis avril dernier. Afin de ne pas atténuer l'effet de la lumière sur les vitraux, des vitres

blanches remplaceront les vitres de couleur. Et les vitres des huit fenêtres supérieures seront remplacées par des vitres en peau d'orange pour des questions d'entretien. Les vitraux se trouvant dans le chœur bénéficieront de l'expertise de Guy Lebfevre, maître-verrier exerçant à l'île de La Réunion. Ce dernier, étant sur le chantier de la cathédrale à la fin du mois de mai dernier, s'est livré à une expertise des vitraux et soumettra sa proposition pour les valoriser. A noter que par manque de financement, ceux du bas-côté longeant l'église ne seront pas refaits cette année.

Harmonie de couleurs

Les infiltrations d'eau de pluie à plusieurs endroits ont grandement endommagé les sept tableaux de grande valeur artistique de la cathédrale. Les sept tableaux ont été confiés à Emmanuel Richon, restaurateur de tableaux, pour être remis en état. Au 31 mai dernier, trois avaient déjà retrouvé leur magnifique éclat. Claudia Benoît, restauratrice de tableaux, a également été sollicitée. Les statues seront nettoyées et la peinture refaite. De plus, l'installation électrique ainsi que la sonorisation vont être modernisées. De nouveaux luminaires vont être installés afin d'avoir un meilleur jeu de lumière dans l'église. De nouveaux ventilateurs de plafond vont suppléer les anciens. Le vinyl noir, très usé, se trouvant sur le parquet sous les bancs va être remplacé par un vinyl donnant l'aspect du bois et ce dans une harmonie de couleurs.

Peinture totale

D'autre part, le baptistère, symbole de l'entrée des enfants dans la maison de Dieu, sera replacé à l'entrée gauche de l'église, soit devant le vitrail de Saint-Louis. L'intérieur de l'église va être repeint complètement. Tandis que l'extérieur va subir un traitement antimousse. Le bâtiment sera lavé à haute pression afin de redonner un «look» neuf et propre. Et pour couronner le tout, lors des travaux en cours, les ouvriers ont découvert, derrière le confessionnal se trouvant à l'arrière de l'église, la première pierre datant de 1752. Sur la plaque est écrit, en latin :«Au nom du père et du fils et du Saint-Esprit, en l'an 1752, l'illustre M. David étant gouverneur, ainsi que Gabriel Igou, recteur et préfet apostolique, cette pierre fut posée.»

Notons que la pierre tombale de Gabriel Igou, premier curé de la paroisse de Saint-Louis, a été découverte le 3 novembre 2005, lors des fouilles sur l'emplacement du cimetière de l'Enfoncement, Port-Louis. Cette pierre sera installée dans l'enceinte de la cour de la cathédrale le 25 août prochain, fête de la Saint-Louis, lorsque la cathédrale sera livrée pour célébrer le 160e anniversaire de son accession au statut de cathédrale.

Sandra Potié

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