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Mario Jolicœur, responsable du CDMO :

«Parler de la mission sans parler de salut n'a aucun sens»

Pourquoi le CDMO s'est-il engagé si tardivement dans le soutien des familles des marins-pêcheurs disparus en février dernier ?

Cet événement nous intéressait dès le départ. Certaines institutions gouvernementales et même d'Eglise donnaient l'impression qu'elles soutenaient les familles des disparus. Je constate, avec révolte, que le péché a gangréné ces institutions d'Eglise. Notre fidélité à l'évangile nous a poussés, après la messe du 1er mai, à nous solidariser avec ces familles. Dans ce sens, on pourrait qualifier la célébration du 1er mai de missionnaire, parce qu'elle a favorisé l'envoi en mission.

Que propose le CDMO aux familles des disparus ?

La Court of Investigation, présidée par le Senior Magistrate Benjamin Joseph, avait fixé jusqu'au 9 avril dernier pour déposer des dossiers pour les auditions des témoins en vue de faire la lumière sur ce drame. Les familles des disparus, par manque d'encadrement et d'informations, n'avaient pas sollicité des demandes pour venir déposer en Cour. Cela allait être un grand manquement. Suite à l'intervention du CDMO, la Court of Investigation a accepté d'étendre ce délai afin que ces familles puissent déposer en Cour et dire leur part de vérité.

Nous avons aussi le soutien de Jack Bizlall et nous allons bientôt commencer, avec notre conseiller légal, Me Dev Ramano, la constitution d'un dossier pour la Court of Investigation.

Depuis le mois de mai, nous avons créé l'Association des familles de marins-pêcheurs disparus. Cette association a pour objectifs de : a) Permettre un lieu de parole libéralisatrice (vivre avec la pensée que le disparu n'est ni un mort, ni un vivant est extrêmement douloureux) ; b) Mettre au service des enfants, au nombre de 23, un psychologue pour qu'ils puissent grandir et s'épanouir. Emilie Rivet-Duval soutient ce projet ; c) Soutenir les familles et leur permettre de faire la vérité sur ces disparitions. Par exemple : accompagnement légal dans la Court of Investigation et après pour une compensation juste et équitable.

Vous semblez très concerné par cette situation.

Quelles sont vos motivations ?

Du plus profond de moi-même, je suis habité par une spiritualité de «règne de Dieu». Parler de la mission sans parler de salut n'a aucun sens. Si l'évangile n'a aucune influence sur les grandes questions de ce monde - réchauffement climatique, pensée unique, dialogue nécessaire entre les religions, justice socio-économique - et si elle est perçue comme un message d'un autre monde, c'est la pire mésaventure qui pourrait lui arriver. Mettons nous en marche pour la vocation et pour l'accomplissement du règne de Dieu et pa res lipie krwaze.

Propos recueillis par Jean-Marie St-Cyr


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