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Assemblée régionale


La majorité MR réitère sa confiance

en le Chef-commissaire

*Walk-out de la minorité OPR

* Manif des sympathisants du MR à l'extérieur de l'hémicycle

Chaude ambiance à la séance spéciale de l'Assemblée régionale de Rodrigues le vendredi 8 juin dernier. Deux motions étaient inscrites à l'ordre du jour : le première demandant à la Chambre de censurer le gouvernement régional ; et, l'autre, une de confiance en l'exécutif régional. Après walk-out de la minorité, la majorité a voté en faveur du Chef-commissaire, Johnson Roussety.

L'ambiance était tendue ce vendredi 8 juin : bien avant l'ouverture des travaux de la Chambre, à 10h00, les élus se regardaient en chiens de faïence. Et des partisans de l'exécutif étaient massés hors de l'Assemblée en scandant des slogans favorables à la majorité, Mouvement rodriguais (MR).

A l'ouverture de la séance, le leader de l'Organisation du peuple de Rodrigues, Serge Clair, se lève pour indiquer à la présidence de la Chambre qu'il retirait sa motion de censure contre le gouvernement régional. Sa motivation : des irrégularités qu'il dit avoir constatées quant aux Standing Orders de la Chambre et le non-respect de certaines dispositions du Rodrigues Regional Assembly Act. Avant d'annoncer que la minorité OPR se retirait de la séance parlementaire. Sur ces mots, Serge Clair a quitté l'Assemblée, suivi des élus OPR.

Devant cette situation inattendue, la présidence a suspendu la séance pour rencontrer le groupe OPR dans son bureau. Un quart-d'heure plus tard, la séance a repris, mais sans les élus de la minorité. Lordana Meunier, élue du MR, a ensuite présenté sa motion de «Absolute Confidence» en Johnson Roussety, chef de l'exécutif.

Lors de son intervention, le Chef-commissaire a accusé les élus de l'OPR de fuir devant leurs responsabilités. Il a salué la confiance que ses élus ont en lui et a procédé à une énumération complète des projets de son équipe au niveau de l'aquaculture et de la création d'emplois. Avant de rappeler les bons résultats au niveau touristique et ses liens privilégiés avec le gouvernement central. Johnson Roussety s'en est également pris à «l'immaturité politique et la médiocrité» de ses adversaires. Il a affirmé que son équipe gouvernera jusqu'à la fin de son mandat, en 2011.

Gaëtan Jhabeemissar, adjoint au Chef-commissaire, a redit son soutien à Johnson Roussety et a rappelé les réalisations de son équipe. Commissaire à l'Agriculture, Louis Ange Perrine, a parlé de l'objectif du gouvernement régional MR : faire de ce secteur le troisième pilier économique de Rodrigues. Il a qualifié son leader d'«homme de défis».

Lordana Meunier a fustigé les élus OPR, estimant également que la majorité n'avait pas de leçon à recevoir de ses adversaires. «La fraternité et la méritocratie, une société proactive et non-assistée pour le bien-être des Rodriguais : tel est notre souhait.»

En l'absence de la minorité OPR, la motion de confiance en faveur de Johnson Roussety a été votée à l'unanimité. L'Assemblée reprend ses travaux le 17 juillet prochain.

Jean-Gérard Gaspard


Conférence de presse de l'OPR

Serge Clair : «La dictature s'installe
avec le MR au pouvoir»

Après la séance parlementaire, les élus de l'Organisation du peuple de Rodrigues (OPR) ont rencontré la presse. Serge Clair, leader de la minorité, a rappelé les circonstances ayant conduit à la présentation de la motion de censure contre le Chef-commissaire, Johnson Roussety, et a accusé ses adversaires de vouloir instituer la dictature dans l'île.

Serge Clair a rappelé que son parti a déposé sa motion de censure le 5 juin dernier pour qu'elle soit débattue le mardi 13 juin. Cependant, a constaté le leader de l'OPR, l'Assemblée régionale a été rappelée de toute urgence ce vendredi-là pour débattre une contre-motion de censure. «Ce qui est contraire aux Standing Orders», a maintenu Serge Clair. Signe évident, selon lui, de l'instauration d'une dictature dans l'île.

Arlette Perrine-Bégué a justifié le walk-out des élus de son parti : «Le MR se permet de violer les règlements et de pervertir la démocratie», a-t-elle accusé ses adversaires, avant de déplorer les «dénigrements personnels et systématiques» des élus et partisans du MR contre ceux de l'OPR. Et de citer l'esprit revanchard de ses adversaires et leur méconnaissance des Standing Orders de l'Assemblée régionale. «La législation créant l'Assemblée régionale est très explicite quant au traitement que doit recevoir une motion de blâme. La majorité a violé les dispositions de cette loi.»

L'OPR considère également que l'ordre du jour de la séance comporte plusieurs irrégularités. Et estime que la motion de Lordana Meunier aurait dû être traitée comme une Private Members' Motion. L'élue OPR a avancé que quand son parti était au pouvoir, il avait eu à faire face à trois motions de blâme et qu'il n'avait jamais présenté de contre-motion. De plus, elle a fustigé Johnson Roussety pour avoir convoqué l'Assemblée de toute urgence le vendredi 8 juin alors que la loi prévoit que si tel est le cas, c'est exclusivement, selon elle, «for the transaction of government business».

L'OPR compte saisir la justice pour qu'une telle situation ne se reproduise pas. Selon les dirigeants de l'OPR, «le gouvernement régional est en nette décadence, avec de l'ingérence politicienne dans les institutions publiques, le comportement dégradant de certains commissaires, l'exode massif des familles ailleurs, une accélération de la misère et un climat d'insécurité dans le pays». L'OPR, a-t-il été annoncé, manifestera devant l'Assemblée régionale pour protester contre la discrimination qui lui est faite et réclamera un traitement égal à celui accordé à la précédente opposition parlementaire.

J-G.G


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