A Dieu, Fr René Guillemin

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Rodrigues te pleure...

Frère René Guillemin, frère hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, est arrivé à Rodrigues en 1978, deux ans après l'implantation de sa congrégation à Saint-Gabriel. Il y a passé une douzaine d'années. Homme débordant de vie, heureux dans son service de frère hospitalier, il s'est dévoué corps et âme, sans calcul et sans réserve, jour et nuit, aux malades qui venaient se faire soigner au dispensaire des frères qui se trouvait tout près du couvent.

Bien souvent, les gens venaient frapper aux portes des frères pour des consultations ou pour conduire les malades à l'hôpital de Mont-Lubin ou de Crève-Cœur. Un temps où il y n'y avait pas de service d'ambulance et des routes comme de nos jours.

Pour les malades qui habitaient les villages éloignés et qui ne pouvaient se déplacer, Fr René sillonnait Rodrigues en jeep ou à moto pour se rendre à leur domicile pour des soins et des conseils.

Toujours jovial et plein d'humour, il se faisait toujours comprendre dans un créole avec son accent français. Il avait le souci de mettre les gens à l'aise. Frère René avait le sens de la fête et de la célébration. Nous avons passé de bons moments ensemble dans la joie et la fraternité. J'ai toujours apprécié chez lui son zèle missionnaire et apostolique, sa disponibilité, son service généreux et son franc porter. Rodrigues est demeurée chère à son cœur jusqu'à sa mort. A chaque occasion, il aimait en parler et cherchait toujours à avoir des nouvelles.

Frère René, toi qui as contemplé ton Seigneur dans les malades, puisses-tu entendre Jésus te dire : «Viens, fidèle serviteur, entre dans la joie de ton Seigneur.» Et cela pour l'éternité. A Dieu, Fr René.

Sr Aline Vivien,


Religieuse Marie-Réparatrice


Le frère René Guillemin est parti vers le Père Eternel, le 22 mai 2007, à l'âge de 66 ans, dans sa 48e année de profession religieuse.

La cérémonie religieuse a été célébrée par son frère, le père Bernard Guillemin (MEP), le vendredi 25 mai à 11h00, en l'église de Morley (Meuse), France.

Le Fr René était parmi les premiers frères de Saint-Jean-de-Dieu qui implanta l'ordre hospitalier à Maurice en 1976. Avant d'arriver à Maurice, il était à Rodrigues. Sa mission auprès des personnes âgées et malades de l'île Maurice a été remarquable. Il a consacré sa vie à servir les pauvres, les malades et les nécessiteux.

Après avoir passé plusieurs années auprès des personnes âgées de l'hospice de Pamplemousses, c'est auprès des toxicomanes et alcooliques du Centre d'accueil de Terre-Rouge qu'il passa ses derniers moments à l'île Maurice. Rentré en France en novembre 2005 pour cause de maladie, la santé du frère René ne s'est jamais améliorée, malgré différentes interventions.

Pour tous ceux qui l'ont côtoyé, c'est un vide immense qu'il laisse.

Les frères de la communauté des frères Saint-Jean-de-Dieu de Pamplemousses, les résidents de l'hospice et les employés expriment leurs vives sympathies à tous ceux que ce deuil afflige.

Merci

Merci, frère René, toi qui m'as accueilli en octobre 2005 à Sainte-Croix. Le soir, tu me parlais des victimes de la drogue et du sida, de l'alcool, et je sentais ta joie de les écouter et de leur redonner espoir au Centre d'accueil de Terre-Rouge, en vrai disciple de Saint-Jean-de-Dieu. Au mois de novembre, c'est l'hospitalisation à la clinique Darné, à Curepipe : «A ton tour, Frère René, de te laisser soigner.» C'est une nouvelle étape de la vie du religieux missionnaire, dernière étape marquée par les traits du Serviteur Souffrant. Dès mon arrivée en France, je suis allé te voir à Brunoy. Nous avons parlé de la vie à l'île Maurice, puis nous avons prié autour de l'Eucharistie. C'était le 20 mai. Deux jours plus tard, c'était pour toi la grande rencontre avec ton bien-aimé que tu as servi tant de fois au Centre d'accueil de Terre-Rouge et à la Passerelle, à Rodrigues et à Maurice, au Togo et en France.

Le 25 mai, à Morley, dans l'église de ton baptême, tu nous réunis dans la prière : trois frères de Saint-Jean-de-Dieu nous disent comment tu as été lumière dans leur famille religieuse.

Ton frère aîné, avec 10 autres prêtres, concélèbrent l'Eucharistie. Père Philippe Tam Min représente ses amis de Rodrigues et de Maurice.

Merci, Frère René

Père Jean-Paul Le Borgne, Cssp


Une foule de souvenirs

Une foule de souvenirs me vient à l'esprit quand je pense à Fr René. Nos réunions mensuelles du rosaire auxquelles il a assisté fidèlement pendant 2 ans ; les partages d'évangile très riches que nous avons eus ; notre rassemblement annuel du Rosaire il y a 2 ans, en l'église du St-Esprit ; la préparation de la fête du Père Laval en septembre 2005 ; puis son accident de moto, les inquiétudes, les douleurs, la longue attente, la confirmation de la maladie et le départ pour la France...

De toutes les paroles qu'il nous a dites, de tous les enseignements que nous avons reçus de lui, je ne retiens qu'une chose : l'amour.

Il a donné tant d'amour autour de lui. Toute sa vie, il l'a consacrée aux autres. Comme la Petite Thérèse, il a tout donné, il s'est donné lui-même. Quand je faisais appel à lui, il était toujours prêt à aider, toujours prêt à venir avec nous. Sa disponibilité, sa simplicité, sa

discrétion, son extrême gentillesse, son sens de l'écoute faisaient de lui un être exceptionnel, très proche des autres. Même pendant sa maladie, il avait le souci des autres. Il n'aimait pas parler de lui, mais il demandait souvent des nouvelles des équipes du Rosaire ; il me demandait aussi de lui parler de Rodrigues, du temps qu'il faisait. Un jour, il m'a demandé si les fleurs d'agaves étaient tordues. Je n'y comprenais rien, mais il paraît qu'à Rodrigues, on peut prévoir les cyclones rien qu'en observant les fleurs d'agaves.

Frère René avait bien compris que l'amour est un Don de Dieu. Nous voudrions bien mériter cet amour, disait-il. Mais nous n'en sommes pas maîtres, nous n'en sommes que les bénéficiaires, bien souvent indignes. C'est là où se trouve le père de Miséricorde.

Frère René vouait une grande dévotion à la Vierge Marie. Il disait : «C'est par Marie qu'il faut passer pour obtenir de Notre Père ce dont nous avons besoin. Souvent, nous ne savons pas demander. Aussi, en passant par une Maman, les demandes sont plus faciles et elles aboutissent plus sûrement.» Je pense encore à la Fête de l'Assomption que nous avons célébrée ensemble en août 2005, au couvent de Pamplemousses.

Frère René avait à cœur de porter la Bonne Nouvelle aux autres. Le travail qu'il a accompli à Rodrigues ne sera pas vain, la mission qu'il avait commencée à Maurice ne s'arrêtera pas là. Aujourd'hui, nous sommes là pour porter le flambeau. Tout ce que nous avons reçu de lui, nous le ferons fructifier.

Non, Fr René, vous n'êtes pas mort. Vous êtes vivant avec le Christ Notre Seigneur. Vous êtes vivant à jamais dans nos cœurs.

Un grand souffle dans nos vies.

Une étoile dans la nuit.

Un regard vers les sommets.

Un ami sur notre route.

Une voix qui nous écoute.

Une soif de tout donner.

Brigitte


Frère René avait cette prière sur sa table de chevet. Cela montre à quel point il ne se laissait pas abattre par la maladie. Sa sœur Monique l'a lue lors de ses funérailles.

Recommence !

Si tu es las et que la route te paraît longue,

Si tu t'aperçois que tu t'es trompé de chemin,

Ne te laisse pas aller au fil des jours et du temps...

Recommence !

Si la vie te semble trop absurde,

Si tu es déçu par trop de gens,

Ne cherche pas à comprendre pourquoi...

Recommence !

Si tu as essayé d'aimer et d'être utile,

Si tu as connu la pauvreté et les limites,

Ne laisse pas là une tâche à moitié faite...

Recommence !

Si les autres te regardent avec reproche,

S'ils sont déçus par toi, irrités,

Ne te révolte pas, ne leur demande rien...

Recommence !

Car l'arbre rebourgeonne en oubliant l'hiver,

Car le rameau fleurit sans demander pourquoi,

Car l'oiseau fait son nid sans songer à l'automne,

Car la vie est espoir et recommencement...

Line
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