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Marche pour les vocations

Jean-Maurice Labour, président du Comité de coordination :


«L'Eglise doit savoir utiliser des moyens modernes pour faire connaître son message»

Le diocèse veut recueillir Rs 4 M pour la présente édition de la Marche pour les vocations. Et tous ont noté une importante campagne de sensibilisation à cet enjeu. Le point sur la question financière avec le père Jean-Maurice Labour, vicaire-général et président du Comité de coordination de la Marche pour les vocations.

Comme chaque année depuis 25 ans, le diocèse fait appel à la générosité des catholiques à travers la Marche pour les vocations. A quoi vont servir les Rs 4 millions que le diocèse s'attend à recueillir ?

L'argent recueilli sert à financer les études des futurs prêtres, une partie des frais du séminaire interdiocésain à Beau-Bassin et du Foyer La Source. Nous avons en ce moment trois séminaristes à Nantes : Jean-Pierre Arlanda, Jean-Bernard Fricot et Laurent Rivet. Le Foyer La Source accueille en ce moment neuf jeunes qui font un discernement en vue de s'engager vers le sacerdoce et le séminaire à Beau-Bassin héberge cinq séminaristes. Mais derrière votre question, je vois une interrogation du public. Les catholiques se demandent pourquoi le diocèse demande toujours autant alors que des prêtres, parfois jeunes, quittent le sacerdoce et qu'il y a peu de séminaristes... Je vais répondre simplement : quand votre voiture «carotte», que faites-vous ? Vous arrêtez d'investir ou au contraire vous investissez soit dans des réparations, soit dans l'achat d'une nouvelle voiture ? De plus, ce n'est pas parce qu'elle est en panne que vous n'avez pas à payer la déclaration et l'assurance.

Organiser une telle manifestation demande déjà un certain investissement -
affiches, billboards, cartes, sonorisation.... Combien ont coûté les dépenses cette année ? D'où vient ce financement ?

Nous avons effectivement fait appel à l'agence Maurice Publicité Ogilvy, professionnels de la communication, pour l'édition 2007 qui marque le vingt-cinquième anniversaire de la marche. Ils ont élaboré une campagne nationale de communication pour une somme raisonnable. Nous avons également bénéficié de l'aide de différents sponsors tels que Clear Channel Independant, T-Printers, Caractère, Eruption Studio, le groupe La Sentinelle, Le Mauricien, Shiva et ... La Vie Catholique. Nous avons choisi cette option parce que nous

avons voulu utiliser les moyens modernes pour relancer cette activité qui a beaucoup apporté à notre Eglise ces vingt-cinq dernières années. De plus, l'Eglise doit savoir utiliser des moyens modernes pour faire connaître son message. Elle ne peut pas toujours rester «derier la linn». Pourquoi l'Eglise n'utiliserait-elle pas, de temps en temps, des moyens modernes pour annoncer l'Evangile ?

Faire cette manifestation dans deux lieux différents ne demande-t-il pas plus
d'investissements financiers pour le matériel et autres dépenses ? Pourquoi ce choix ?

Les investissements financiers doivent être mis au service de projets pastoraux et non pas l'inverse ! Le choix de cette édition de la Marche des vocations est de provoquer un large dialogue sur la lettre pastorale de notre évêque. Une espèce de forum social dans l'Eglise. Les gens ont des idées, ils veulent se prononcer sur des tas de questions. Ouvrons des espaces de dialogue, de confrontation des idées, de réflexion. Ce projet est important et on y croit. Donc, on investit de l'argent pour réaliser ce qui nous semble être prioritaire pour nous aujourd'hui. Nous reprochera-t-on de vouloir innover, de vouloir dépoussiérer une pratique vieille de vingt-cinq ans ? Si vous regardez bien le programme, il y a bien moins de «tam tam» que les autres années. Cette fois, il y a plus de réflexion. De fait, les coûts sont très raisonnables.

Quel message voudriez-vous adresser à ceux qui vont participer à Marcher
pour les vocations le 17 juin prochain ?

La crise dans l'Eglise et dans la société est un appel pour interroger nos convictions et nos fonctionnements. Ne nous réfugions pas dans les plaintes et les peurs. Ouvrons nos fenêtres et nos portes. Laissons le vent frais du renouveau nous revitaliser ! L'Esprit nous conduit sur les routes nouvelles. Soyons joyeux et optimistes, car des saints tristes sont de tristes saints !

Propos recueillis par
Jean-Marie St-Cyr


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