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Miriam Gopaul (ODEROI) :

«Il faut que l'enfant comprenne
ses droits avant de manifester»

Attachée aujourd'hui à l'Observatoire des droits de l'enfant de la région océan Indien (ODEROI), Mariam Gopaul, autrefois membre du personnel du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), a une longue expérience dans la promotion des droits de l'enfant. Elle répond à nos questions sur la participation d'enfants à des manifestations.

Plusieurs ont été choqués de voir que les enfants sont de plus en plus utilisés lors de manifestations publiques et ce en lien avec des sujets dont, très souvent, ils ne maîtrisent pas les enjeux. De la manifestation des pêcheurs contre le dragage de la mer à Cassis à la marche contre l'homophobie et sa contre-marche le même jour à Quatre-Bornes en passant par des syndicalistes (DWC et garage de la police)... Comment réagissez-vous à ce fait ? Est-ce compatible avec le respect des droits de l'enfant ?

L'article 12 de la Convention des droits de l'enfant encourage l'expression et la participation des enfants sur des sujets les concernant. Pour ce faire, il faut que les enfants aient compris le sens de leurs revendications et de leurs manifestations. Il faut donc que les enfants connaissent quels sont leurs droits, qu'ils ressentent que ceux-ci sont bafoués ou sont à risque et que toute éventuelle participation revendicative vienne d'abord d'eux. Et, si ces conditions sont réunies, nous sommes très loin de la manipulation, de l'utilisation des enfants pour faire avancer des causes auxquelles les enfants sont peut-être étrangers.

L'ODEROI a lancé, en octobre 2006, une étude sur la violence à l'égard des enfants. Dans quelle mesure ce travail a-t-il été approprié par tous ceux concernés par le bien-être des enfants ?

Les cinq pays de la région (les Comores, Madagascar, Maurice, La Réunion et les Seychelles) ont déjà dégagé des plans d'action qui reprennent les recommandations formulées par cette étude. Et l'ODEROI suit de près les choses. Ainsi, en mars dernier, les Comores ont ratifié le protocole (facultatif) des droits des enfants. A Maurice, entre autres, le Pre-school Trust Fund a dégagé un plan d'action pour la formation des enseignants. Les différents acteurs évoluant auprès des enfants mettent sur pied différents programmes.

Et quid de l'étude sur les adolescents de notre région ?

Elle est sur le point d'être finalisée ; une première ébauche est d'ailleurs prévue d'ici à deux semaines. Elle sera présentée aux différents points focaux des pays de la région, avec comme objectif sa finalisation d'ici à septembre 2007.

Dans ce sens, nous prévoyons les 28, 29 et 30 juin prochain, à Madagascar, une Quality Assurance Review de cette étude, avec la collaboration d'experts internationaux venant des quatre coins du monde. L'idée étant de voir la situation des adolescents de l'océan Indien par rapport à celle des autres régions du monde. Des experts venant des diverses agences des Nations unies nous présenteront les programmes et les politiques en faveur des adolescents, y compris leur participation. Ce sera l'occasion de voir ce qui se fait dans d'autres pays, d'autres continents ; d'abord pour apprendre et élargir les horizons, mais aussi pour en dégager les bonnes pratiques et voir comment les intégrer.

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