Sr Claudette:«Paradoxalement, en même temps qu'on ne nous reconnaît pas en public, on associe souvent les religieuses au couvent. Maser dankouvan kapav fer sa.»

Sr Maryline :«En effet, il y a toutefois des jeunes qui viennent frapper à notre porte quand ils ont besoin de parler.»

Sr Thérèse: «D'autres jeunes adultes indépendants sont disposés à s'engager, mais sans pour autant se faire religieux ou religieuses. C'est peut-être par peur de perdre leur indépendance.»

L'existence même des congrégations religieuses n'est-elle pas menacée ?

Sr Maryline :«Diverses congrégations essaient de se restructurer, de voir comment être plus ouvertes. Je crois aussi que c'est Dieu qui appelle et il faut aussi que les jeunes soient à l'écoute. Ce n'est pas moi que les jeunes vont suivre, c'est Dieu, c'est Jésus. Je crois que la question doit être posée aussi aux jeunes. Nous, nous faisons ce que nous pouvons.»

Sr Claudette :«Le Seigneur continue à appeler, mais il n'y a pas de réponse du côté des jeunes. La difficulté demeure : est-ce un manque de foi, de vie et de prières qui fait que les jeunes n'arrivent pas à se dire que Dieu dans leur vie compte pour quelque chose et qu'ils peuvent choisir la vie religieuse et se donner à lui dans ce style de vie ?»

Sr Thérèse :«Il est aussi important de savoir semer la parole de Dieu aux plus jeunes, comme les enfants de la Première communion, parce que je crois que c'est là le champ à labourer et que la récolte sera grande. Il faut faire découvrir et aimer cette parole de Dieu. Et nous, en tant que congrégation, même si nous sommes ouvertes, il nous faut réfléchir à comment être plus ouvertes, car souvent nous sommes un mystère pour les jeunes. C'est une question qui me tient à cœur. Chez nous, chaque année, nous invitons les jeunes en HSC pour nous rencontrer et nous découvrir.»

Sr Marie-Françoise :«Parfois, les jeunes pensent qu'on passe toute la journée à prier. Ce n'est qu'après nous avoir visitées qu'ils se rendent compte de ce qu'est vraiment notre vie.»

Sr Claudette : «Dans le diocèse, il y a des structures déjà en place pour aider à la vocation et je pense qu'il ne faut pas baisser les bras. Il faut toujours se mettre en mouvement et voir comment mieux faire. La moisson viendra.»

Quelle est la pertinence d'être religieuse en 2007?

Sr Claudette:«S'il n'y a pas les religieuses, leur témoignage, il manquerait quelque chose à l'Eglise. Il y a différentes vocations dans l'Eglise. Il y a ceux qui choisissent le célibat pour le Royaume de Dieu. C'est une vocation, comme le mariage.»

Sr Maryline :«Nous sommes des signes. Le monde a besoin de témoins pour rendre témoignage du Christ Ressuscité. Si nous sommes là, il y a quelque chose qui nous tient là.»

Sr Thérèse:«C'est un signe du don total de notre vie au Seigneur et de vivre les valeurs évangéliques. Surtout dans une société où il manque ce don total de vie, les religieuses sont là pour donner ce témoignage.»

Quel bonheur trouvez-vous dans votre vocation?

Sr Claudette:«Le bonheur, c'est d'avoir été choisie par Dieu. Et, pour moi, c'est une grâce que d'avoir répondu à cet appel à travers la vie religieuse. Dans la vie communautaire, il y a vraiment ce soutien fraternel. Des joies que d'autres ne retrouveront peut-être pas ailleurs. Nous avons nos différences, nos difficultés, mais nous nous acceptons les unes les autres.»

Sr Marie-Françoise :«La joie dans l'apostolat. Je suis souvent à la prison ou avec des jeunes en difficulté. C'est difficile certes, mais c'est une grande joie de voir, par exemple, les filles qui finissent par se marier, se prendre en main et venir nous rendre visite en famille. A la prison, il y a ces temps de prière que nous avons ensemble, les partages, les baptêmes,... De voir le sourire sur le visage de certains.»

Sr Maryline :«Je suis heureuse d'avoir pu réaliser le projet que Dieu avait pour moi. Réaliser son œuvre en donnant et en recevant. En communauté, on sent aussi qu'on n'est pas seule.»

Sr Thérèse:«Il y a cette joie de pouvoir donner chaque jour une réponse d'amour au Seigneur. Il y a aussi le soutien de la communauté dans les différents apostolats. Nous pouvons partager nos joies et nos peines. Nous prenons aussi le temps de célébrer ensemble, de faire la fête. Il y a aussi cette capacité de se pardonner dans les moments de crise.»

Martine Théodore

Sr Claudette Bègue

Née au Tampon, île de La Réunion, Sr Claudette Bègue est arrivée à Maurice en 1964 et a prononcé ses premiers vœux en 1968. Actuellement responsable des religieuses de la congrégation du Bon-et-Perpétuel-Secours, Sr Claudette a toujours été très engagée dès son plus jeune âge. Elle a ainsi été dans la chorale, membre des guides et catéchète.

Sr Thérèse Yaw Kan Tong

Entrée au pré noviciat en 1985, Sr Thérèse a prononcé ses derniers vœux en 1994. Depuis 2006, elle est responsable de la Pastorale des vocations au sein de l'Institut des Lorettes. Elle assure également la catéchèse au collège Lorette de Saint-Pierre.

Sr Maryline Tourail

Entrée au noviciat des franciscaines en 1997, Sr Maryline Tourail a prononcé ses vœux perpétuels le 9 juillet dernier à Ste-Croix.

Sr Françoise Mestry

En 1986, Sr Françoise Mestry fait ses premiers vœux dans la congrégation du Bon-Pasteur. Aujourd'hui, elle est responsable de la communauté ainsi que du Foyer Pelletier (maison d'accueil pour filles en difficulté). Elle fait aussi de l'accompagnement à la prison des femmes (Beau-Bassin) et siège sur le comité responsable du Rehabillitation Youth Centre (RYC).

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