Chantal Louise :


«On survit. On vit au jour le jour»

Chantal Louise est responsable du Service d'écoute et de développement de Chemin-Grenier/Baie-du-Cap. Une responsabilité qui l'a menée à cheminer aux côtés des victimes du récent raz-de-marée. Rencontre.

Comment le SEED a-t-il été appelé à cheminer avec les victimes du raz-de-marée ?

J'ai appris la nouvelle samedi, tard dans la soirée, par mon gendre. Dimanche, devant la férocité des vagues, impossible d'intervenir. J'ai fait un constat le lundi matin, très tôt. C'était triste à voir. Ce petit quartier était dans un tel état de désolation ! Les gens n'avaient plus le moral. Leurs maisons étaient envahies par les algues, le sable... Les provisions étaient abîmées. Je revois encore l'image de cette dame assise sur son lit, avec, à ses pieds, un matelas dégoulinant d'eau. Toute l'impuissance du monde se lisait dans son regard !

Quelles paroles de réconfort apporter dans une telle situation ?

Il faut d'abord les laisser s'exprimer, raconter ce qu'ils ont vécu, dire leurs sentiments... Je n'ai pas senti chez eux de révolte contre la nature, mais plutôt une très grande tristesse, un désespoir. C'était d'ailleurs le sentiment qui m'a habitée sur le coup. Car la catastrophe s'était abattue sur des personnes déjà pauvres, vulnérables, et qui avaient des difficultés à joindre les deux bouts. Tout cela semblait tellement injuste ! Je pense ainsi à cette famille qui avait acheté lits et matelas à tempérament au coût de Rs 19 000. Elle n'avait pas terminé de payer ses dettes et voilà que le matelas trempé était bon pour la poubelle et que le lit commençait à se décoquer !

Quelles sont les démarches que le SEED a entreprises ?

Nous avons suscité tout un réseau de solidarité autour de ces personnes qui étaient sur le coup extrêmement traumatisées. Le SEED a informé Caritas île Maurice de la situation, qui, à son tour, nous a conseillés de les accompagner auprès de la Sécurité sociale. Le SEED a pris contact avec la Croix-Rouge pour l'obtention de provisions et de vêtements, ainsi qu'avec le Trust Fund for the Integration of Vulnerable Groups. Ce dernier s'est attelé à la consolidation des maisons.

Il y a eu aussi la solidarité des voisins, celui-ci offrant le repas, cet autre offrant l'hébergement... Les services d'écoute de Notre-Dame-des-Anges (Mahébourg) et de Sainte-Hélène (Curepipe) ainsi que Joanna Ah Fou (coordinatrice des SEED) nous ont visités et ont exprimé leur solidarité avec les familles sinistrées. L'idée étant de les soulager à court terme, de leur insuffler confiance et bien vite, le sourire est revenu sur leurs visages.

La priorité maintenant est que les enfants reprennent l'école. Nous avions, avec l'aide du Trust Fund, un projet de don de matériel scolaire sur la région. La cérémonie est prévue ce vendredi 2 juin, à Surinam, et bien entendu, les enfants de Rivière-des-Galets seront inclus.

Et comment se projette-t-on dans l'avenir quand on a vécu un tel phénomène ?

On survit. On vit au jour le jour. La question du relogement a été posée par les députés de la circonscription. Mais elle n'est pas d'actualité. Faut-il rehausser les maisons pour les protéger un tant soit peu ? Faut-il renforcer les gabions ? En tout cas, il faut parer à un autre phénomène de ce genre.

Propos recueillis par


Danièle Babooram


La mer,
cette méconnue...

Les vagues scélérates, d'une amplitude et d'une sévérité inattendues par rapport aux conditions de mer lorsqu'elles surviennent, sont responsables de nombreux accidents de mer.

Il existe des «vagues scélérates» dont les origines sont expliquées, comme les tsunamis, après des glissements de terrain sous-marins. Les vagues sont créées par la friction du vent à la surface de la mer. Elles peuvent ensuite se propager pendant quatre à cinq jours, d'un continent à l'autre, avant de rencontrer une côte ou de s'atténuer suffisamment pour disparaître.

Les vagues qui proviennent d'une autre région - la houle - peuvent aussi se combiner avec des vagues générées par le vent local. L'état de mer ainsi constitué est supposé avoir une répartition assez uniforme de son énergie dans le temps et dans l'espace.

Les vagues scélérates sont dangereuses parce qu'elles surviennent au sein d'un état de mer plutôt modéré et qu'elles concentrent en elles une proportion inattendue de l'énergie qui aurait dû se trouver dispersée, débordant ainsi les précautions et les dimensionnements qu'on avait réalisés sur la foi de cette modération apparente.

Les vagues scélérates se produisent plus fréquemment dans les forts états de mer, où les vagues sont déjà inhabituellement cambrées. Il s'agirait par conséquent de vagues «jeunes», générées dans un état de mer en croissance ou proche de son paroxysme. Cela pourrait valider leur explication par la création de vagues de plus en plus fortes, se propageant donc plus vite, et rattrapant celles générées plus tôt dans la tempête pour «s'empiler» à un moment donné.

De telles vagues sont liées à l'existence de vents particulièrement violents, mais pourraient survenir au moment d'accalmie. L'interprétation serait alors que le déferlement induit par le vent limitait l'élévation des vagues en dissipant l'énergie, et que sa chute soudaine fait disparaître ce frein et laisse enfler démesurément certaines vagues.

(Source : Internet)


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