Jonathan Towsend, valet de chambre à l'hôtel Dinarobin


«Ce métier me permet aujourd'hui
de faire vivre ma famille»

2001 : à 18 ans, Jonathan, un certificat «pas très fameux» de SC en poche, collectionne les petits boulots. Jusqu'au jour où on lui propose de participer à l'initiative pilote du Projet employabilité jeunes (PEJ). Il accepte de tenter le coup et se donne à fond. Son dynamisme paiera. Aujourd'hui, il est valet de chambre de l'hôtel Dinarobin. Sa plus grande joie : avoir trouvé un emploi stable.

Quand Jonathan quitte le collège Medco de Clairfonds, il est comme bien de ces jeunes qui, n'ayant pu réussir correctement en Form V après une deuxième tentative, voient leur avenir bien incertain. «J'ai travaillé à gauche, à droite», raconte-t-il. Entre la boulangerie et la maçonnerie, Jonathan essaie de trouver une voie sans trop de conviction.

Et quand un prêtre de Rivière-Noire l'approche et lui parle de la formation qui allait débuter, le PEJ, le jeune homme décide de s'inscrire. La construction et la maçonnerie ne sont pas, selon lui, un secteur à pouvoir assurer son avenir. «L'hôtellerie, par contre, ena lavenir ladan.»

Un emploi stable

Dans un premier temps, Jonathan, ainsi que quelques autres jeunes, sont initiés à des cours théoriques. Ayant perdu ses parents quelque temps auparavant et ayant, avec son frère aîné, la charge de la maison, le jeune homme choisit de continuer à travailler comme maçon. «Ti bizin fer roul la cuisinn. Comme les cours se déroulaient dans l'après-midi, je partais travailler le matin puis j'allais aux cours à Tamarin.»

Si cette période n'était pas parmi les plus faciles de sa vie, Jonathan ne se laissa jamais décourager. Son objectif, dès le départ, était bien clair: «Je voulais avoir un emploi stable. Un salaire assuré à chaque fin de mois.»

Portant un regard en arrière sur cette formation, Jonathan est même d'avis qu'elle lui a permis de s'épanouir. «Depuis la mort de mes parents, j'étais devenu quelqu'un de renfermé. A travers la formation, j'ai rencontré des jeunes de diverses régions et des amitiés se sont créées. Aujourd'hui encore, même si certains sont partis travailler ailleurs, nous entretenons cette amitié.»

La formation à Tamarin terminée, Jonathan et quelques autres éléments de se classe se sont vu offrir l'occasion de faire un stage à l'hôtel Dinarobin. Entre travailler à la cuisine, valet de chambre et

bagagiste, le jeune homme opte pour valet de chambre.

Personnalités diverses

De stage en stage, il a ainsi découvert les réalités du métier. Plus tard, la satisfaction était tant de son côté que chez ses responsables, un emploi lui fut offert. «Au départ, nous confie-t-il, le travail sur le terrain était comme ce que nous avions appris dans les cours. Mais après, on finit par apprendre qu'il y a des clients avec des personnalités diverses, de même que des responsables différents. S'il est facile de travailler avec certains, ce n'est pas le cas pour tout le monde. Cela ne veut pas dire qu'il faut claquer la porte, abandonner son travail et tout recommencer. Je ne l'ai pas fait parce que j'aime travailler, j'aime mon travail. J'ai toujours envie de progresser. Alors, quand quelqu'un critique mon travail, je cherche où j'ai fauté et je me corrige.»

Travailler à l'hôtel n'a pas posé de gros problème à Jonathan. Si les horaires de nuit furent un peu durs au départ, le jeune homme s'y est vite habitué. Le contact humain, le fait de côtoyer des gens venant de différents pays et de rencontrer parmi ses collègues des personnes qui habitent dans divers endroits de l'île sont parmi les sources de joie que ce travail lui apporte.

Pas de frustration

La communication avec les clients n'a jamais été pour lui une source de frustration, cela en dépit du fait qu'il ne parle ni l'allemand, ni l'italien. «J'arrive à comprendre certains mots italien. Quand on n'arrive vraiment pas à se comprendre, on essaie de communiquer autrement. En utilisant le visuel, par exemple. Il faut bien trase», explique Jonathan, qui a d'ailleurs un grand désir d'apprendre l'italien et l'allemand.

Après six ans à travailler comme valet de chambre, Jonathan est toujours aussi heureux de son choix de métier. «Ce travail m'a permis de me marier, de construire une famille et aujourd'hui de m'occuper de ma femme et de mes deux enfants. C'est cela même qui me donne le plus de courage pour travailler chaque jour. Grâce à mon métier, grâce à ce salaire que je reçois à chaque fin de mois, je suis certain que ma famille aura ce dont elle a besoin.»

Martine Théodore

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