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Au noviciat de la Société Marie-Réparatrice


Le bonheur de se donner

Leurs yeux pétillent de joie. Un large sourire aux lèvres. On dirait même qu'elles vivent dans un autre monde. Mais elles sont pourtant bien là... Vivantes, resplendissantes et impatientes de donner chaque jour encore plus de leur personne au Seigneur et à l'humanité. Actuellement au noviciat de la Société Marie-Réparatrice, à Mahébourg, Françoise, Marie-Jeanne, Alida et les autres prononceront leurs premiers vœux le 15 août prochain - et ce, avant de regagner leurs pays respectifs.

«Je veux vivre le charisme de la Société: Aimer le Christ et le faire aimer, le connaître et le faire connaître, l'adorer et le faire adorer Déclaration qui ponctue bien les phrases des novices. Et si elles ne cessent de la répéter, c'est toujours avec une grande conviction et un désir palpable de vivre cette philosophie. Voilà deux ans qu'Odette, Jacinta, Madeleine, Marie-Jeanne, Françoise, Alida et Esther ont quitté leurs pays (Madagascar, Congo, Tanzanie et Kenya) pour venir au noviciat de la Société Marie-Réparatrice, à Maurice. Et aujourd'hui, arrivées presque au terme de ce temps de formation, elles sont toujours aussi convaincues, voire plus qu'avant, de leur choix de vie : devenir religieuse et servir Dieu et l'humanité.

Réalité terrain

La vie des religieuses est loin d'être monotone et ennuyeuse, affirment-elles d'emblée. Déjà au noviciat, outre les temps de formation - où elles découvrent la congrégation en profondeur, l'histoire de l'Eglise et l'inculturation; où elles explorent la Bible, apprennent à mieux se connaître -, mesdemoiselles font du yoga et de l'artisanat. «Le yoga, c'est bien pour se détendre», précise Sr Liliane. «Quant aux bougies et aux cartes fabriquées, elles sont mises en vente à l'accueil du noviciat.»

Les dimanche après-midi, c'est dans les rues et les cités de Mahébourg que se rendent les novices pour aller à la rencontre des pauvres et des malades. Un moment

important qui leur permet de faire le point entre leur désir de service, d'aide, d'accompagnement et la réalité terrain. Jacinta y trouve là un réel sens à sa vocation. «Nous vivons là notre apostolat en donnant un témoignage d'amour. Que Dieu est là à côté des malades, des pauvres, des petits. Nous sommes là pour les écouter, pour leur dire que Dieu les aime et pour les porter dans nos prières.» Quant à Esther, ces rencontres lui permettent d'être plus en contact avec les réalités du monde. «Et quand je retourne au noviciat, je porte ces réalités dans mes prières.»

S'il fut un temps devenir religieuse signifiait, pour beaucoup, se retrouver cloîtrée, ce n'est plus le cas aujourd'hui. «Nous sommes très ouvertes», précise, joyeusement, Sr Liliane. L'interaction avec les gens est encouragée, soit à travers des visites, soit à l'accueil au noviciat, où l'écoute et le partage sont de mise. Et quand l'occasion se présente une fois par mois, les novices peuvent également faire des sorties pour se détendre.

Toute cette liberté n'écarte cependant pas les novices de leur objectif premier : vivre le charisme de la société et aider à réparer les péchés du monde. Et quand vient le temps du recueillement en face du Saint-Sacrement (les novices se succèdent chaque jour pour une heure d'adoration et toute la nuit du jeudi), c'est là un instant privilégié de grande communion et de partage, d'intimité avec le Seigneur.

Contempler le Christ dans l'eucharistie est une manière pour Marie-Jeanne de nourrir sa foi et de se rappeler le mystère de Pâques. «Durant ces instants, je porte aussi les joies et les peines du monde. Je demande aussi la réparation de mes péchés et de ceux du monde. Un temps de louange aussi pour les bienfaits que le Seigneur m'apporte et apporte à l'humanité. Enfin, le fruit de ces prières m'aide à assumer et à accueillir la réalité.»

Martine Théodore

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