Crèche Cœur-Immaculé-de-Marie


Donner un peu d'amour et d'affection à nos tout-petits

L'histoire de la crèche Cœur-Immaculé-de-Marie remonte peu avant 1942. Lorsque, lors de leurs visites de soutien et d'amitié à la maternité de l'hôpital Victoria, Candos, Mme Edouard Langlois et Mlle Alix Harel constatent, avec beaucoup de souffrance, la détresse des mères célibataires. Ces dernières cherchant à se débarrasser de leur nouveau-né ­ et ce à n'importe quel prix. Après une rencontre avec le père Jean Margéot, alors vicaire de la paroisse de La Visitation, Vacoas, le garage de Mme Langlois, à Bonne-Terre, est aménagé. Les premiers bébés, toutes communautés confondues, y sont ainsi accueillis et pris en charge. «C'était une obligation, une nécessité pour ces enfants», précise le cardinal Jean Margéot, soixante-cinq ans après.

Les visites à l'hôpital continuent. Le nombre de bébés ne cesse de croître. La tâche devient plus grande. Grâce à la générosité des Mauriciens, un nouveau bâtiment est ainsi construit en 1944. Cette œuvre, déjà connue sous l'appellation de la crèche Cœur-Immaculé-de-Marie, est confiée aux religieuses des Filles-de-Marie. Le diocèse de Port-Louis leur allouera plus tard un terrain à la rue Sir-Virgile-Naz, où sera construit un nouveau bâtiment. Le 31 janvier 1948, la crèche de Bonne-Terre s'installe à Quatre-Bornes, avec son personnel et ses 40 bébés.

Depuis 1995, il est conseillé aux mères de passer par le ministère de la Femme et du Bien-être de la Famille pour l'admission de leur enfant. 29 enfants de 0 à 5 ans, de toute confession religieuse, y résident. La capacité d'accueil est d'une trentaine. La Child Development Unit, créée au sein du ministère de tutelle, leur a confié 25 enfants abandonnés, né-gligés et maltraités. Deux par la Sécurité sociale, avec un Emergency Protection Order, et deux autres en séjour temporaire. «Cette responsabilité est confiée au ministère, car les officiels sont plus aptes à faire le constat et le suivi, si besoin est, avec les parents», précise Sr Ecclesia, la responsable, qui se fait aider de trois autres religieuses : Sr Marie Rose Fine, Sr Marie Christiane et Sr Marie Jeanine et de dix-huit employés (y compris ceux de l'école ­ voir plus loin).

Vie à la crèche

8h00. Les petits innocents se réveillent. Après le bain, biberon et petit-déjeuner, les religieuses leur accordent un temps pour jouer. «On soigne avec amour l'environnement. C'est un endroit où les enfants sont aimés. Quand ils sont malades, on les accompagne à l'hôpital. Idem pour leur rendez-vous», fait ressorrtir Sr Ecclesia. De plus, chaque semaine, ils reçoivent la visite d'un médecin généraliste. Sr Ecclesia salue le sens de la famille qui existe chez les Mauriciens. «La liste est longue pour les bénévoles, de toutes les cultures, qui viennent très souvent chercher nos enfants pour un pique-nique à la mer, au jardin ou pour une visite au Casela, par exemple.» Ces derniers sont accompagnés par des religieuses.

«Les gens viennent avec leur cœur. Pas seulement pour donner aux pauvres. Mais aussi pour recevoir. A l'exemple de ces parents qui complètent l'éducation de leurs enfants en leur faisant prendre conscience qu'il y a des enfants qui vivent aussi la pauvreté.» Les parents ont un droit de visite les dimanches, après le déjeuner. Durant les périodes de fête (fête des Mères, Pâques, Noël), les enfants vivent toujours des temps forts. Les visites sont multipliées.

Pour répondre à l'éducation et à l'épanouissement de ces enfants, une école maternelle a vu le jour en 1977. C'est le rêve de Sr Ecclesia qui se réalise lorsqu'elle retourne d'un stage de formation en écoles maternelles en Israël, dans les années 1970. Et, pour plus d'ouverture, l'école accueille d'autres enfants de la société. Aujourd'hui, ils sont au nombre de 90.

Notons qu'autrefois de nombreux enfants ont été adoptés par des familles mauriciennes et étrangères. De nos jours, tout est pris en charge par le ministère. Certains enfants sont placés dans des familles d'accueil et par la suite, finissent par trouver des familles d'adoption.

Sandra Potié

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