VIH/sida


Enceintes et séropositives ...

p.5foto1

Etre atteint du VIH/sida est une chose. Etre contaminé par la maladie dans le sein de sa mère en est une autre. Avec la féminisation du VIH/sida, le risque d'une augmentation de la contamination de mère à enfant a augmenté parallèlement. Cependant, ce danger peut être évité grâce aux traitements antirétroviraux que la femme enceinte peut bénéficier. Faut-il encore qu'elle daigne accepter de subir un test de dépistage du VIH/sida au préalable.

Afin d'encadrer les femmes enceintes porteuses du VIH/sida, plusieurs services sont disponibles, cela depuis décembre 1987, au National Day Care Centre for the Immuno Suppress, attaché au Dr-France-Bouloux Area Health Centre, à Cassis. Renganaden Ponnoosamy, médecin référant sur le VIH/sida, explique que toutes les patientes qui sont détectées séropositives dans n'importe quel centre de santé sont dirigées vers le Centre Bouloux, où elles bénéficient d'un suivi médical et psychologique.

Encadrement

Le personnel soignant de tous les centres de santé se doit, lors de leur counselling, de parler du VIH/sida à leurs patientes enceintes et l'intérêt pour elles de faire un test de dépistage ­ même si ce test n'est pas obligatoire. «Si quelqu'un ne veut pas s'y soumettre, on ne peut l'y obliger», laisse entendre le Dr Ponnoosamy.

Abondant dans le même sens, le Dr Renaud Ng Man Sun, administrateur d'un projet régional de prévention du VIH/sida au sein de la Commission de l'océan Indien (COI), insiste sur le fait qu'«il est conseillé aux femmes enceintes d'accepter de faire le test». Pour lui, c'est un des moyens, en cas de séropositivité, d'éviter que le virus ne se transmette de la mère à l'enfant. «Si rien n'est fait, la probabilité que son bébé soit contaminé est de 30%. Cette probabilité est réduite à 1% seulement si la femme bénéficie d'un traitement antirétroviral». (Voir encadré)

Quand une patiente veut faire le test, une prise de sang est faite et envoyée au centre de virologie de Candos, dit le Dr Ponnoosamy. «Si la patiente est séropositive, nous sommes immédiatement informés de la situation. Le plus souvent, c'est le personnel affecté au Centre Bouloux qui l'informe de son état de santé, mais dans d'autres cas, c'est son médecin traitant au centre de santé.» En toutes circonstances, la patiente est référée au centre médical de Cassis. «On prend alors la patiente en main pour un suivi personnalisé.»

Dépistage

Le test de dépistage du VIH/sida est recommandé dans chaque cas de grossesse, fait ressortir le Dr Ng Man Sun. Bien que, selon l'éthique, les gynécologues dans le privé se doivent de sug

gérer à leurs patientes de faire le test, cela n'est pas respecté par tout le monde, affirment nos interlocuteurs. «Rien ne les oblige à en parler à leur patientes jusqu'à présent, mais dans le nouveau plan stratégique du ministère de la Santé sur le VIH/sida, ils devront se soumettre à certaines règles», laisse entendre le Dr Ponnoosamy. Pour nos interlocuteurs, les femmes devraient agir en connaissance de cause, peu importe les décision.

La prise en charge immédiate des patientes est importante dans la mesure où elles peuvent être dans un état dépressif ou suicidaire, d'où l'accompagnement par un psychothérapeute.

Le soutien de l'association Pils est d'une grande aide dans ce cas précis. Dhiren Moher, président de l'ONG Pils, note cependant qu'à cause du tabou et des préjugés autour de cette maladie, certaines femmes arrêtent leur traitement après l'accouchement. «Il est difficile dans de nombreux cas de mettre la famille et les proches au courant de la situation. Nous essayons de les aider dans ce sens et proposons un encadrement à la famille également. Etre séropositif demande beaucoup de soutien de la part des membres de la famille en dehors du soutien que l'association et le médecin traitant peuvent apporter», explique Dhiren Moher. Selon des critères bien établis, un soutien alimentaire est accordé à celles qui sont dans le besoin.

Prise en charge

Quand une femme enceinte est testée séropositive, elle subit des tests plus approfondis, dont le CD4 (globule blanc responsable des défenses naturelles d'une personne) et l'hépatite pour savoir s'il n'y a pas d'autres infections au niveau des organes comme le foie. Généralement, tous les patients testés séropositifs ont un suivi médical, particulièrement quand son taux de CD4 est inférieur à 300. Des molécules adaptées à la constitution de la personne sont administrées, mais des effets secondaires ne sont pas exclus, disent nos interlocuteurs, même si les risques de complications ne sont pas à exclure.

Le ministère de la Santé met à la disposition des mères séropositives du lait artificiel pour leur bébé pour une période de deux ans. Le nourrisson bénéficie d'un sirop pendant les six semaines suivant sa naissance, cela au cas où il aurait été infecté malgré toutes les précautions prises.

Administrer des antirétroviraux pendant la grossesse afin que la maman accouche d'un bébé sain n'est qu'une prévention secondaire contre le VIH/sida, déclare le Dr Ng Man Sun. «La prévention primaire, c'est de mener une vie sexuelle saine pour ne pas être contaminé.» Après l'accouchement, le suivi de la maman est fait régulièrement.

Le Centre Bouloux est ouvert du lundi au vendredi de 9h00 à 16h00 et le samedi de 9h00 à midi.

Jean-Marie St-Cyr

retour aller