Décès de l'ancien ministre France Félicité

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Opinion

Atansion to vinn lokater
lor to prop later

La question des terres suscite toujours des passions à Rodrigues. En 1990, le Centre-Carrefour avait initié une réflexion sur la vente des terres privées. Dans un bulletin de réflexion il était écrit : «Sak dimounn biensir li lib fer seki li anvi avek so dibien. Me li paret ki lavant later antrenn boukou konsekans e pou sa li nesesser reflesi lor la pou get so linflians lor Rodrig demin.» Engageons de nouveau le débat dans une saine confrontation d'idées.

De nos 10% de terrains privés, une partie a été vendue pour de modiques sommes. Sur ces terres vendues, ces acquéreurs, la plupart des non Rodriguais, y ont souvent construit leurs maisons secondaires. La question de faire des Rodriguais devenir propriétaires de leurs baux résidentiels dépasse l'action politique partisane. Car cela a des répercussions sur l'avenir du pays dans ses dimensions historiques, culturelles et économiques.

C'est un faux-pas de faire le parallèle entre ce projet de privatisation des terres de l'Etat à Rodrigues et celui du gouvernement central de faire les résidents des ex-maisons CHA devenir propriétaires de leurs terrains. Ces personnes-là éprouvent des difficultés à payer les arrérages dus à l'État et aussi les frais de notaire. De plus, les maisons CHA ont été construites par l'État. Ici, la majorité de gens ont bâti leurs demeures à leur propre frais. Ce qui fait toute la différence. Ces deux projets ont chacun leur réalité et leur histoire propre. Le contexte est totalement différent. A Rodrigues, il y a des gens qui n'arrivent pas à payer la location annuelle pour leurs baux résidentiels à l'État. On peut se poser la question comment ces mêmes familles pourront acheter une portion de terrain pour permettre à l'Etat d'avoir des revenus.

Nos grands-parents nous ont légué cette belle terre de Rodrigues. A notre tour, nous avons la responsabilité et le devoir de permettre à toute la génération future de pouvoir la gérer correctement.

Rodriguais, fer atansion to vinn lokater lor to prop later!

Jean-Gérard Gaspard


France Félicité, ancien ministre de Rodrigues, est décédé le vendredi 11 mai dernier, après une longue maladie. France Félicité a abandonné sa carrière de policier pour s'engager dans la politique active au sein de l'Organisation du peuple de Rodrigues (OPR). Il a également fait un stage de journalisme à La Vie Catholique.

France Félicité a été élu pour la première fois en 1982, comme colistier de son leader, Serge Clair. Suite à la rupture de la coalition MMM/PSM, le peuple fut convoqué aux urnes l'année suivante. Encore une fois, l'OPR faisait élire ses deux candidats et France Félicité est nommé ministre de Rodrigues et des Iles. Poste qu'il occupa jusqu'aux élections générales de 1987. Entre-temps, suite à des dissensions au sein de l'OPR, il avait lancé, avec Nicolas Von-Mally, le Rassemblement du peuple de Rodrigues (RPR). Battu aux élections de 1987 et 1991, il avait pris ses distances de la politique active pour se lancer dans une entreprise de vigiles. France Félicité a été aussi conseiller au bureau du Premier ministre.

Cette disparition n'a pas laissé indifférente la classe politique locale. Pour Serge Clair, leader de l'OPR, France Félicité a beaucoup contribué à faire respecter la dignité des policiers rodriguais et s'est lancé dans la politique active pour apporter sa contribution dans la lutte contre l'injustice à Rodrigues. «C'était un homme qui avait le sens de la famille.»

Selon le Chef-commissaire, Johnson Roussety, comme ministre de Rodrigues, France Félicité a contribué au développement de l'île. «Son nom sera donné à un des lieux publics de Rodrigues.»

Le leader du Mouvement rodriguais (MR), Nicolas Von-Mally, estime que France Félicité a exercé la fonction ministérielle avec beaucoup d'humilité. «C'était un homme simple et abordable. Malgré nos différends politiques, je l'ai toujours respecté.»

Les funérailles de France Félicité ont eu lieu le samedi 12 avril dernier en la cathédrale de Saint-Gabriel, en présence d'une importante foule comprenant les personnalités politiques de tous bords. Une cérémonie présidée par Mgr Alain Harel, en présence du père Eddy Coosnapen. Pour l'évêque de Rodrigues, France Félicité a participé à la construction de l'île Rodrigues pour permettre au peuple rodriguais d'être reconnu. «Cette vision de l'homme, France l'a nourrie dans sa foi en Jésus-Christ au sein de l'Eglise. Très régulièrement, avec son épouse, Marie-Claire, France venait à la messe. Avec beaucoup de recueillement, il écoutait la parole de Dieu», a poursuivi Mgr Harel.

A son épouse, Marie-Claire ; à ses enfants, Diane, Franklin et Jean-Fred ; et à tous ceux affligés par cette disparition, La Vie Catholique présente ses sincères condoléances.

Benoît Jolicœur


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