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Ste-Hélène, Curepipe-Road


Quand dynamisme
rime avec discrétion

Grosse paroisse des hautes Plaines-Wilhems, Ste-Hélène, à Curepipe-Road, est pourtant peu connue. Cela alors qu'elle frappe par son dynamisme et sa présence dans ce qui fait le cœur des préoccupations de ses paroissiens. Découverte.

La paroisse Sainte-Hélène est née dans les années 1920, avec la construction de la basilique. Avant cette période, les fidèles célébraient le culte à la chapelle Notre-Dame-de-Lourdes, Eau-Coulée, qui dépendait de la paroisse Ste-Thérèse. Une des particularités de Sainte-Hélène est sa superficie étendue : elle couvre plusieurs quartiers - Floréal, une partie du centre de Curepipe, Eau-Coulée, Engrais-Martial, Dubreuil - ainsi que les nouveaux morcellements et cités des années soixante-dix et quatre-vingt - Mangalkhan, Malherbes et L'Oiseau, entre autres.

«Une des principales caractéristiques de la paroisse Sainte-Hélène : chacun apporte sa pierre pour la construction de la famille paroissiale. Elle est une paroisse riche en partage et en confrontation d'idées, et ce depuis sa création», fait ressortir le père Antoine Law, curé de la paroisse et également aumônier du catéchuménat et de la Mission catholique chinoise. Plusieurs fidèles de la paroisse, fait-il remarquer, sont engagés dans des mouvements d'action catholique, des groupes de service et d'animation.

Engagée chez le Brancardiers, le Renouveau charismatique et dans le social, Jacqueline Gopaul, de Cité-Malherbes, est, à soixante-neuf ans, une fidèle de cette paroisse depuis son jeune âge. «Ste-Hélène est une paroisse très riche au niveau des engagements. Les nombreux prêtres qui sont passés chez nous, à Ste-Hélène, nous ont laissé de bons souvenirs. Chacun a marqué la paroisse.» Elle se souvient ainsi que Ste-Hélène a accueilli les pères Denis Wiehe et Alain Harel, aujourd'hui évêques, ainsi que les pères Robert Dalais, Georges et Pierre Piat, Patrick Fabien et Alain Romaine.

Vocations

«Jusqu'ici, les paroissiens ont beaucoup participé à l'un ou l'autre aspect de la mission de l'Eglise - liturgie, mouvements, pastorale familiale et service des pauvres. Deux jeunes de la paroisse, Patrick Fabien et Henri Arthé, ont été ordonnés prêtres en 1988 et 1990 respectivement. Plusieurs jeunes filles de Ste-Hélène ont également prononcé leurs vœux à Maurice ou à l'étranger. Ces vocations font la fierté et la joie des paroissiens», affirme Jacqueline Gopaul. Nommé curé de Ste-Hélène en 2002, le père Antoine Law se retrouve aujourd'hui seul à animer cette grosse paroisse, avec ses trois lieux de culte. Cela après le départ, pour études, du père Jeff Manal. «Il y a l'église Ste-Hélène; la chapelle St-Jean-Bosco, à Cité-Mangalkhan, où se disent les messes dominicales ; la chapelle Ste-Famille, à Dubreuil, où l'on célèbre la messe chaque mois ; et la chapelle Notre-Dame-de-Lourdes, Eau-Coulée, que l'on utilise que très rarement, vu qu'elle est située à cinq cents mètres de l'église.»

Avec le manque de prêtres, affirme le père Law, l'Equipe d'animation pastorale (EAP) «joue pleinement le rôle attendu d'elle». Il rappelle qu'elle permet à ce qu'une «culture de coresponsabilité dans la mission se développe dans la paroisse». Avant de citer un exemple : «Pas plus tard que dimanche dernier, l'équipe a célébré l'eucharistie à Ste-Hélène. Elle s'en est très bien tirée d'affaire. Même si elle bouscule certaines des habitudes des paroissiens.»

Formation

Autre réussite de la paroisse, selon le père Antoine Law : la formation. Elle se conjugue depuis la Parole et la lecture divina jusqu'à l'éveil religieux chez les enfants, cela grâce à l'équipe animée par Lilette Lebrette. «Les programmes de formation pour le couple avant le mariage, le baptême et la première communion ont été révisés et

adaptés aux nouvelles exigences de la société. Quatre soirées sont organisées pour les parents des enfants qui vont faire leur première communion. Je rencontre les fiancés avant leurs cours de CPM pour parler de la foi et du sacrement de fidélité. J'ai découvert que si beaucoup croient en Dieu, ils n'ont pas la foi en Jésus-Christ.»

Selon ses paroissiens, Ste-Hélène, est une paroisse d'avant-garde : le Fonds au logement (FAL) et le Carrefour de jeunes (CDJ) ont été initiés dans cette paroisse avant d'être «exportés» dans d'autres paroisses de Maurice. «Pour le CDJ, tout a débuté en 1997, au sein d'un groupe informel de jeunes à Ste-Hélène, avec le père Patrick Fabien. Mais c'est le père Alain Romaine qui nous a initiés au pèlerinage et nous a encouragés à faire le pèlerinage des jeunes chaque année. Au début, le Carrefour était composé de deux représentants de chaque mouvement. Depuis un certain temps, le CDJ est ouvert à tous les jeunes. Le CDJ est dynamique et évolue selon l'attente des jeunes. Un programme d'activités pour l'année est fait en fonction de ce que les jeunes nous demandent», souligne Diane van Schellebeck, membre du CPJ.

Autre présence paroissiale : Caritas. Jocelyne Buckland, animatrice au Service d'écoute et d'accompagnement (SEED), nous explique que «l'antenne paroissiale de Caritas mise sur l'accompagnement des petits projets économiques de gens démunis et offre également des services d'urgence». Notre interlocutrice dit avoir noté un nouvel enjeu qui prend de l'ampleur : «Nous avons beaucoup de jeunes mères célibataires qui viennent nous solliciter. Elle sont dans le besoin.» Le SEED de Sainte-Hélène vient également en aide aux écoliers éprouvant des difficultés pour avoir leur matériel scolaire.

Emprunt logement

Autre présence paroissiale auprès des plus pauvres : le Fonds d'aide au logement (FAL), qui vise, en aidant au niveau du financement du logement, à «donner les moyens aux pauvres à sortir de leur pauvreté». Jocelyne Buckland rappelle que le pauvre se voit souvent refuser tout emprunt logement de la part d'institutions financières. Le FAL, grâce à des dons de généreux bienfaiteurs, offre des prêts à des familles identifiées qui ne peuvent avoir des emprunts. «Notre initiative a si bien marché que, désormais, chaque branche paroissiale du SEED offre cette possibilité dans toutes les paroisses de l'île.» Rappelons que le SEED de Ste-Hélène va fêter ses quinze ans d'existence cette année.

Pour le père Antoine Law, chaque paroissien est appelé à lutter contre la misère et à travailler pour de meilleures conditions de vie dans les quartiers; à apporter son soutien aux couples et aux familles dans le besoin. «Ces engagements ne relèvent pas seulement du travail du SEED. Nous sommes tous partie prenante de cela. Une telle collaboration peut être une source de dynamisme et de joie dans la paroisse.»

Les communautés de base de chaque quartier, ajoute le père Law, sont très importantes, car elles permettent à l'accueil, au soutien mutuel et à la solidarité d'être mieux vécus. «Elles sont une participation active à la vie et à la mission de l'Eglise sur le quartier, qui prend un ton plus familial.» Le curé ajoute que «la formation d'une foi chrétienne est importante. Mais une foi centrée sur le Christ, avec le Christ». Avant de rappeler que «chaque paroissien, enfant, jeune et adulte est appelé à prendre sa place dans la société et dans l'Église».

«Chacun de nous œuvre à l'évangélisation sur la paroisse, selon son charisme propre. Il faut bâtir plus de solidarité entre nos instances paroissiales. Nous avons une difficulté réelle, mais ne nous laissons pas accabler par ces difficultés», conclut le père Law.

Sylvio Sundanum

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