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Demeurons

éveillés !

Apre ki mo finn lir lartik Misye Yvan Martial dan La Vie Catholique N° 1 8, mo santi mwa interpele par so bann propo.

LUC pa enn konpartiman pou enn trans kreol, o kontrer tro tontan bann kretyin finn divize e zordi, nou pe sibir, parski pa finn ena interlokiter pou fer nou lavwa tande.

LUC pe propoz ki koumans enn pasrel pou sa.

Kifer lapelasyon «kretyin» li zenan ? Eski enan sertin dimounn zene parski LUC anvi regroup tou hann kretyin? LUC, li enn platform kot tou kretyin santi zot alez. Nou swete ki kominote kretyin vinn enn sel, pa kouman nou trouve zordi. Dan mo parwas mem, ena enn group kretyin ki nephi frekant nou kominote parwasial... Misye Martial kone ki mo pe dir.

Kifer sak fwa kominote kretyin anvi regroup zot, nou taxe de kominahis?

Mo zis swete ki Misye Martial asiste enn bann reinion ki nu fer a traver lil, e li va ekout soufrans kominote kretyin, e sa li pa enn demi verite sa. Mo lafwa kretyin interpel mwa pou ed otan ki mo kapav mo prosin, spesialman mo frer kretyin pou ki li kapav relev latet ek mars avek fierte. E sa, nou tou bizin mars lame dan lame, e tou bann ki kapav, bizin marie-pike pou ed relev bann dimounn ki an difikilte. Sa dezir pou progrese, pou avanse, bizin lankourazman, ankadreman ; e se sa rol LUC... Mem si boukou pa kontan.

Mo krwar ki finn ariv ler pou ki nou aret servi paravan pou dir nou konviksion. Nou bizin ankor enn fwa met nou lafwa ek nou lesperans dan seki le Krist mem ti dir avan so lamor: «Papa, mo priye twa, pou ki zot vinn enn sel.»

La bonn Parol dir nou : «Lom pa viv selman avek dipin», me le kontrer osi vre : Parski kan vant vid, difisil pou ekout Bonn Parol. Luc anvi ki kominote kretyin so vant kapav ranpli.

Temps de l'attente et porte de l'espérance. Demeurons éveillés !

Edley Chimon


Line

Débat


LUC : «Yvan Martial se trompe»

Dans un article de votre hebdomadaire, en date du 4 mai dernier, intitulé «Nous laisser interpeller, même par les demi-vérités de l'Union chrétienne», votre collaborateur Yvan Martial a entretenu vos lecteurs de propos tendancieux, pour dire le moins, à l'égard de l'Union chrétienne (LUC). Je vous prie, par conséquent, de publier ce qui suit en vertu de notre droit de réponse.

D'abord, sa réflexion philosophique sur la vérité et Pilate donne l'impression que LUC est un organisme hermétique qui croit être seul à détenir la vérité qu'elle veut imposer aux autres. Loin de vouloir entrer dans le champ philosophique, nous nous tiendrons en la circonstance à René Descartes pour dire que «le critère de la vérité est l'évidence». Alors que dire, la vérité est utile à celui à qui l'on l'a dite, mais désavantageux à ceux qui la disent, parce qu'ils «se font haïr», pour prendre cette fois une pensée philosophique de Pascal

Dans le cas dont il est question, l'évidence est que, depuis l'adoption du rapport Trustam Eve, en janvier 1958, il est convenu et accepté qu'il existe à Maurice quatre communautés principales, n'en déplaise à Yvan Martial, nommément ;-

Les Indo-Mauriciens hindous ; b) Les Indo-Mauriciens musulmans ; c) les Chinois ; et, d) la Population générale- cette dernière étant chrétienne dans son écrasante majorité La Constitution du pays reconnaît implicitement ce fait comme seul critère utilisé d'ailleurs pour la désignation des best losers. Nous venir faire la leçon pour dire que nous sommes tous des homo sapiens ou encore homo sapiens sapiens partageant les mêmes ADN et enfant d'un même Dieu ne cadre encore moins dans l'enjeu dont il est question.

A Maurice, comme a fait si bien remarquer un magistrat anglais en 1823 : «All men are equal before God, but unfortunately unequal before men.» Tout le reste ne sont que des vœux pieux, car le diable lui même peut citer les Saintes Ecritures pour venir à sa rescousse.

Déjà votre correspondant, M. le Rédacteur, nous donne sa malédiction, en émettant des doutes quand à notre capacité de réussir là où d'autres ont failli lamentablement. Lamentablement, car lorsqu'on analyse le rapport sur la pauvreté à Maurice, rapport commandité par la présidence de la République en 1997, l'on constate que les poches de pauvreté avec leur lot d'analphabètes se trouvent en majorité dans le milieu du prolétariat chrétien.

Le combat de LUC, qui est une organisation éminemment laïque et apolitique, est d'œuvrer pour plus de justice à l'égard des chrétiens qui sont marginalisés, ostracisés et pris pour des citoyens de deuxième ordre, surtout depuis que le pays a accédé à l'indépendance.

Valeur du jour, aucune frange de la communauté chrétienne n'est épargnée par ce phénomène. Une crainte qui a d'ailleurs, quoi que l'on dise, fait fuir plus de 100 000 d'entre eux vers les Terres australes et ailleurs. De là, notre démarche de ratisser large, car nous sommes tous dans une même barque qui fait eau de toutes parts. Ce constat n'a rien de philosophique!

Etant moi-même un passionné d'histoire, je suis tombé sur un projet de loi en date de 4 juillet 1857 (Ordonnance 21 de 1857), rendant l'éducation des enfants entre 6 et 12 ans obligatoire. Déjà, 18 ans après la période de l'émancipation, les Britanniques avaient réalisé l'importance d'une scolarisation pour les enfants des ex-apprentis et des immigrants indiens, car les séquelles de l'esclavage avaient tué en eux tout espoir de promotion sociale. On connaît la suite.

Certes, il serait injuste de dire que les autorités religieuses n'ont pas donné le ton pour une scolarisation de ce prolétariat chrétien, mais, face à l'indifférence des parents, aucune stratégie ne fut mise en place - avec les résultats que l'on sait. LUC préconise une prise en charge des enfants de ces chrétiens démunis dès la petite enfance, d'un suivi et faire que les parents aient une autre vision de l'avenir par un encadrement et un soutien sociologique et psychologique constant, là où il le faut.

J'ai lu dans un rapport du département de l'Education en date de 1897, cette remarque qui veut tout dire : «The Baie-du-Cap RCA School has closed its doors for want of interest of the parents.»

En bons chrétiens que nous sommes, nous nous sommes donné pour tâche de venir au chevet des plus nécessiteux en œuvrant pour que ce prolétariat chrétien puisse avoir une autre vision sur le problématique de l'éducation. Certes, la pauvreté n'est pas, valeur du jour, l'apanage des seules enfants créoles, mais ii n'en reste pas moins vrai que c'est dans ce milieu que la situation est des plus urgentes, voire catastrophiques.

Pour en revenir au projet de LUC de suggérer au gouvernement d'instituer un Trust Fund for the Rehabilitation of People of Slave Descent, nous avons, au cours de notre entretien dans un hebdomadaire, dit que nul à Maurice n'a autant souffert que les esclaves et leurs descendants après que leurs services n'étaient plus requis sur les domaines sucriers. Sans entrer dans les détails de cette exclusion, fait unique dans l'empire britannique, LUC a pensé mettre à contribution les pays qui ont pratiqué l'esclavage à Maurice, tous membres de l'Union européenne, et faire appel aux descendants des esclavagistes pour porter une contribution volontaire à ce fonds et à toutes autres personnes ou organisations pour permettre une vraie réhabilitation de ces Mauriciens qui vivent dans le plus grand dénuement alors que nous sommes entrés de plain-pied dans le XXIe siècle.

Pour le reste, puis-je faire remarquer à Jocelyn Chan Low qu'il existe un Trust Fund for the Vulnerable Group ( TFVG) qui dispense des aides ponctuelles à tous les Mauriciens dans le besoin, toutes ethnies confondues, mais que le Trust Fund for the Rehabilitation of People of Slave Descent aurait des objectifs bien spécifiques, une dette historique en quelque sorte qui permettrait d'initier un vrai plan de réhabilitation pour ce prolétariat qui représente le maillon faible de la société mauricienne avant qu'il ne soit trop tard.

Enfin, malgré le fait que toutes les autres composantes de la société mauricienne se soient regroupées en des blocs structurés, maintenant un dialogue constant avec le pouvoir en place, votre correspondant s'est donné pour tâche de détruire LUC, la seule organisation qui, valeur du jour, est à même d'amener un changement dans la politique du gouvernement envers la communauté chrétienne qui souffle d'ostracisme depuis l'accession du pays a l'indépendance.

Benjamin Moutou


Président de l'Union chrétienne


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