En plein cœur de Cité-Batimarais, Rivière-des-Anguilles


Un couvent «convenable à la condition de vie» des sœurs Salésiennes

D'ici mars 2007, les sœurs Salésiennes, installées à Batimarais, auront un couvent bien à elles. Un lieu qui se veut à la fois fonctionnel et confortable. Une maison convenable à la condition de vie des sœurs, comme le dit le pamphlet entourant le projet.

Les quatre perches de la rue Flamboyant ont été utilisées à bon escient. Le nouveau couvent en voie d'achèvement, en face du centre communautaire de Batimarais et à proximité de la chapelle, l'atteste. Erigé sur une superficie de 360 mètres carrés, le couvent abrite chapelle, salon, salle à manger, bureau, toilettes, salle d'études et chambres individuelles. «Le bâtiment peut paraître immense, concède Sr Maria Goretti, supérieure de la communauté. Mais nous nous sommes montrées prévoyantes et avons pensé à l'avenir.» Et de faire état ici de l'implantation d'une deuxième communauté dans le diocèse et des pourparlers avancés engagés avec la Maison mère.

Penser au long terme

«Nous envisageons à terme de garder le couvent de Batimarais comme maison principale. Nous pourrions y faire nos récollections communautaires. De plus, si des jeunes filles montrent de l'intérêt pour notre congrégation, nous pourrons les y accueillir.»

Installées aujourd'hui dans une ancienne boutique reconvertie de la rue Tecoma, les sœurs Salésiennes œuvrent notamment dans le domaine de la promotion de la femme et des plus pauvres. «Le père Maria Paschal, alors curé de la paroisse, avait fait part à l'évêque de son désir d'avoir des Salésiennes à Rivière-des-Anguilles, raconte Sr Maria Goretti. Le père Paschal connaît bien notre congrégation, notre charisme et avait bien senti que notre présence répondait à un besoin réel.»

Mais avec l'installation des Carmes à Saint-Paul, le projet prend un peu de temps pour se concrétiser. Et quand Mgr Piat appelle les religieuses, celles-ci insistent pour habiter sur place, optant pour Batimarais, aux côtés des ouvriers et agricoles, la plupart de condition très modeste.

A l'écoute des réalités

Depuis, les sœurs sillonnent régulièrement, à pied ou en bus, les différents quartiers de la paroisse, se mettent à l'écoute des joies et des peines des habitants, prient avec et pour eux. Ce faisant, elles prennent pleinement conscience des réalités locales : chômage,

alcoolisme, drogue, précarité, échec scolaire.

«C'est un cercle vicieux, expliquent Dario Vincent, président de la Fabrique paroissiale, et Patrice Woomed, responsable paroissial pour le suivi des travaux du couvent. A l'image de beaucoup de quartiers de Maurice, Batimarais souffre d'un manque de distraction sociale. Les parties de cartes et l'alcool viennent combler ce vide. Avec, entre autres conséquences, les disputes conjugales ou familiales, un manque de motivation pour l'éducation des enfants.»

Des difficultés de vie qui s'accompagnent toutefois d'une très grande générosité et d'un fort sens de l'accueil. «Les habitants de Batimarais se sont montrés enthousiastes quant à notre installation, raconte Sr Maria Goretti. Nous sommes à l'aise dans le quartier. Ils se montrent très concernés pour notre bien-être ; et, malgré, leur pauvreté, ils partagent toujours le peu dont ils disposent : des fruits, des légumes

Empowerment

Avec le nouveau couvent, les sœurs Salésiennes veulent fixer leur attention sur l'éducation des enfants et des projets de développement pour la femme. Ce, sans aucunement négliger l'accompagnement spirituel.

Dans le collimateur, un projet de masala écrasé : «Les femmes pourraient travailler jusqu'à 15h00 et être de retour pour accueillir les enfants au sortir de l'école», explique Sr Maria Goreti. Mais aussi, un autre de coupe, couture et broderie en vue d'insérer les femmes dans un projet d'artisanat ; d'ailleurs, Sr Marie Laurence profite de son séjour à Madagascar pour se perfectionner dans ce sens.

La construction de ce nouveau couvent a bénéficié de la générosité des Œuvres pontificales missionnaires (OPM). Les religieuses et la paroisse doivent y contribuer quelque Rs 750 000. «Marie-Claire Foo Kune s'est beaucoup démenée pour les levées de fonds», explique Dario Vincent, reconnaissant. Et à ce jour, la récolte se montre à quelque Rs 300 000 en dons et en espèces. Reconnaissance aussi du côté des religieuses salésiennes. «Le projet a été bien pensé et la mobilisation constante. Les concepteurs ont eu constamment tant le souci de l'aspect physique que du bien-être de celles qui vont l'habiter», se réjouit en conclusion Sr Maria Goretti.

Danièle Babooram

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